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Jeudi 2 juillet 2009
Il y a une chose que je me demande en ce moment lorsque j'analyse les situations.
Par exemple, en dermato, ce que j'ai resenti lorsque l'assistante m'a dit en fermant les derniers boutons de ma blouse qu'on était pas en Afrique et qu'on faisait de la médecine chez elle. C'était clairement de l'indignation. Mais à cause de quoi?
Est-ce que c'est, comme j'ai eu envie de l'écrire, le fait qu'elle ait insinué que je ne faisais pas de médecine à cause de ma blouse sale, alors que je n'ai justement pas eu le temps de la laver tellement le service précédent ne me laissait pas souffler? Ou est-ce que c'est tout simplement le fait qu'elle m'ait manqué de respect?
Avant, j'aurais dit que c'était mon identification à la bonne médecine qui a fait que ses propos m'ont mis en colère. Je suis habitué à être considéré comme un bon jeune médecin, qui sent bien ce qu'est la médecine et c'est une chose qui m'a permis de soigner un gros déficit d'estime pour moi même qui m'empêchait de grandir.
Donc, forcément, je m'accroche à ce rôle de bon médecin parce qu'il me permet de me sentir un peu plus sûr de moi et je n'aime pas qu'on lui porte atteinte.
Or, lorsqu'elle a critiqué ma blouse, je n'étais pas un médecin, je ne faisais pas de médecine. J'étais ce vieil ado qui ne veut plus qu'on l'infantilise. La médecine et les récents évênement de mon parcours n'ont rien à voir avec tout ça. Si j'avais su me voir tel que j'étais, je n'aurais pas eu besoin de m'invoquer tous ces événements passés - même s'ils ont compté pour moi - pour justifier ma réaction. La véritable confiance en soi, c'était probablement ça. Assumer ses émotions, ses colères ou ses désirs sans avoir besoin de les abriter derrière des causes moralement inattaquables.
Finalement, parfois, je me rends compte que je complique vraiment tout.
Par WaXou - Publié dans : overhell
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Mercredi 1 juillet 2009
D'abord je prends un stage dans le seul service qui m'a donné foi en la médecine il y a quelques mois pour apprendre que toutes les personnes si lumineuses que j'avais envie de revoir s'étaient faites virer par un requin sans pitié que seuls les bon gros leche culs aiment bien tellement ils ont de la m... dans les yeux. J'ai appris récemment que c'est leur foi en la Médecine, leur courage et leur sincérité qui les a perdus. Belle leçon de vie!

J'écope de quelques semaines de stage ou je réalise que ce sont justement les externes, les internes et à fortiriori les patients qui sont au premières lignes du boycott général de l'hopital vis à vis de ce service (nécessité de se prostituer pour avoir un scan urgent).
Puis ce sont les révisions pour l'internat ou j'apprends qu'il y a finalement tout un tas de mecs qui veulent prendre psy s'ils n'ont pas la spécialité qu'ils veulent (cardio, chirurgie, réanimation). Et comme ils bossent comme des tarés depuis 2 ans... et bien je ne peux qu'espérer qu'ils auront ce qu'ils veulent.
A la sortie de l'internat, choix des stages suivants, qui sont censés nous former pour l'internat, ou l'on doit travailler à plein temps pendant 4 mois en étant payé toujours 200 euros par mois. Je me dis que je ne vais pas pouvoir supporter ça si je ne prends pas ma spécialité, c'est à dire psy. Seulement la tendance se confirme. C'est le premier choix ou tous les postes de psy partent dès le début. Pourtant ces mecs voulaient faire urgentiste, réa, chir, ou médecine générale, pourquoi ce soudain intérêt pour faire de la psy pendant les 4 mois qui précèdent leur futur internat? Réponse: pour se planquer, trop la flemme de bosser. Pour prendre des vacances. Ou pour "voir comment c'est la psy"... du tourisme hospitalier quoi.
Sauf que celui qui voulait prendre ce stage pour vraiment s'impliquer, alias bibi, il l'a dans l'os, et il cherche une solution alternative en se mettant dans un stage ou on ne devrait pas trop le saouler, espérant qu'on lui donnera assez d'espace pour qu'il puisse aller voir en psy (vu que les externes de psy, eux, laisseront sûrement beaucoup d'espace libre). C'est là qu'il décide de prendre dermato. La dermato c'est tranquile. Il y a au moins 5 ou 6 externes, on devrait pouvoir tourner un max et puisqu'on est dans le tourisme hospitaliser, ça doît être visuellement sympa. La pedopsy, qui m'intéresse beaucoup, c'était même pas la peine d'y penser: c'est la meilleure planque de toutes. J'ai voulu y aller en prenant sur mon temps libre, éspérant pouvoir m'y impliquer, et on m'a fait comprendre qu'en gros les médecins ne venaient qu'une matinée par semaine dans le service qui ressemblait plus à une colonie de vacances qu'autre chose. Le poste est donc parti encore plus vite que les autres.

Puis je suis retourné finir mon ancien stage ou on m'a donc laissé les deux tiers du temps gérer le service plus ou moins seul. Des patients qui ont en moyenne 85 ans, 8 médocs sur leur ordo et dont un sur deux a une démence sévère. J'ai été tout de même agréablement surpris: j'en chiais mais j'ai créé des liens assez complices avec les petits externes, les infirmières et surtout le chef de l'unité qui me considérait totalement comme son égal. Néanmoins j'ai donné tout ce que j'avais et attendais la libération de la dermato: enfin un service où chaque patient ne risque pas de clamser d'un moment à l'autre.

Malheureusement, aujourd'hui, je viens de comprendre que les dermatos étaient frustrés de ne pas être pris au sérieux. Du coup ils en font trois tonnes. "Je veux une blouse moins froissée, ferme les boutons jusqu'en haut, ici on fait de la médecine, on est pas en Afrique. La barbe aussi faudra raser."
Je viens de gérer une unité de médecine interne gériatrique quasiment solo, de me battre contre vents et marées pour gérer mes patients sur le plan ORL, Cardio, Psy, Neuro, Rhumato, Urologique, parfois palliatif et l'assistante de dermato vient m'expliquer sur un ton hautain que la médecine c'est être bien rasé et avoir sa blouse fermée jusqu'en haut en pleine canicule?
Du coup le cri du coeur est sorti lorsque j'ai entendu: "Alors vous les posez quand vos vacances?"
- MAINTENANT!

Par WaXou - Publié dans : overhell
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Mercredi 24 juin 2009

Cela fait quelques jours que je travaille à l'hôpital en tant que FFI (faisant fonction d'interne). Hier, je me suis retrouvé à devoir gérer le service et l'équipe infirmière seul. Et backstage, l'efficacité de la médecine en prend un coup. Peut-être faute à pas de chance.

Je suis revenu du repas avec l'assistant (le médecin chef de l'unité) à 13h. Au moment ou il partait, un étudiant infirmier est arrivé affolé en disant "Mr X pisse du sang!". L'assistant est tout de même parti et m'a dit "Déjà là faut rester tranquille, c'est un étudiant, il est probable qu'il s'affole pour rien"
Je suis allé voir et mais l'étudiant n'avait pas tort. La poche urinaire de Mr. X était remplie de sang quasi pur qui n'était pas là quelques heures plus tôt. Je savais qu'il était sous anticoagulants et qu'il a plus de 90 ans mais il semblai
t tranquille sur son fauteuil. J'ai donc demandé à ce qu'on change la poche pour quantifier l'hémorragie, j'ai pris les constantes pour pouvoir juger du retentissement et de l'évolution. 12/6 de tension, 65 de pouls. Je demande à ce qu'on le surveille. Si la tension baisse ou si le pouls augmente, c'est que la perte de sang retentit sur l'organisme et vu que le monsieur est fragile, il peut potentiellement y passer.
15 minutes plus tard, je reviens dans la chambre et la nouvelle poche contient 200cc du même liquide. Les constantes n'ont pas changé.
Encore 15 minutes, 200cc de plus, même couleur. Les constantes ne bougent pas, je ne m'affole pas.
15 minutes après, j'entends une infirmière qui dicte tout tranquillement à une autre: "Il a 9/4 de tension et 105 de pouls". L'autre me regarde l'air satisfaite... mais je sursaute:
"Tu es sûre? 9/4 et 105? T'as recontrôlé?"
- Oui oui. C'est bon non?
- On parle bien de Mr X là? Tu viens de lui prendre le pouls et la tension tout de suite? Il est passé de 12 à 9 et de 65 à 105?
- Oui!
- Bon et bien il faut lui poser une voie, on lui met du sérum physiologique et on lui fait un bilan nfs iono, je téléphone à l'assistant.
Je passe voir dans la chambre et je vois encore 300cc de plus dans la poche. Le patient semble toujours bien mais tout de même un peu palot.

L'assistant, par téléphone, me dit de continuer de surveiller les constantes et confirme la pose de la voie veineuse périphérique. J'essaie de joindre l'urologue de garde mais pas moyen de l'avoir.
Je demande aux infirmières de me prévenir lorsque la voie est posée pour que je reprenne les constantes.
30 minutes plus tard, elles ne m'ont toujours pas donné signe de vie donc je vais voir ce qu'il se passe: elles n'arrivent pas à poser de voie. Elles ont bousillé toutes les veines sur les deux bras du patient qui est probablement impiquable. Elles essaient toutes les unes après les autres. Au bout d'une autre demi heure, elles finissent par me demander avec insistance de le piquer en artériel ce qui est un geste plus risqué dans ce contexte. Je nous trouve bidons. Pour le moment, une pantoufle aurait été plus efficace que nous: elle n'aurait pas éclaté de veines.
Le patient semble toujours bien. Je leur dis qu'avant piquer une artère je vais vérifier les constantes histoire d'être certain de l'utilité du geste. Et là, je trouve 12/6 et 65 de pouls. Je recontrôle, idem. Je réalise que l'infirmière s'est trompée depuis le début et que j'aurais dû contrôler. Tout ça pour rien. Le patient semble moins saigner. J'annule tout: on continue de surveiller, fausse alerte.

Le pire, dans tout ça, c'est que si l'assistant avait été à ma place, ça n'aurait pas eu lieu. Rodé, il serait resté dans son bureau à attendre qu'on l'appelle. L'infirmière aurait noté ses chiffres, ça ne les aurait pas fait paniquer, l'assistant n'aurait pas été prévenu et on aurait laissé le patient tranquille. Ce n'est que le lendemain matin que l'on aurait vu cette pseudo-chute de tension mais on n'y aurait pas fait attention étant donné que les constantes suivantes sont correctes.
Néanmoins, tout le monde m'a remercié. Les infirmières, le patient et l'assistant.
C'est sympa de leur part, parce que dans ce contexte, c'est difficile d'être fier de soi. J'ai fait mon boulot, mais j'ai sûrement manqué de recul.
Par WaXou - Publié dans : overhell
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Dimanche 21 juin 2009
S'il y a bien quelqu'un que j'ai redécouvert avec beaucoup de bonheur ces derniers temps, c'est Thib.
Thib. avait été
mon ami le plus proche lorsque F. avait déménagé au collège. Notre amitié était moins forte, au début, car je ne sentais pas toujours sa présence. Régulièrement, il jouait à la comédie du petit merdeux et s'amusait à essayer de me provoquer par tous les moyens possibles.
Un jour, po
urtant, lassé, je lui ai dit "Ca y est? T'es parti dans ton délire du "je joue au petit con", tu me préviendras quand t'as fini?"
Il s'est arrêté net et il m'a confirmé qu'il ne savait pas ce qui lui prenait lorsqu'il était comme ça et qu'il était désolé. Il m'a remercié de lui avoir fait remarquer le début de la "crise" et de ne pas avoir réagi.
J'ai été très surpris par ce moment. Il m'a permis de réaliser que Thib. était quelqu'un qui était totalement transcendé lorsqu'on lui accordait confiance. Lorsqu'on osait croire en lui.
16 ans plus tard, il n'avait pas oublié cet instant. Je m'en souviens, pour ma part, à la seconde près. Notre présence mutuelle était très particulière.
Thib. m'a surpris de la sorte plusieurs fois. Même cette semaine, lorsque je lui ai montré le conflit avec A. lorsque j'avais parlé de ma relation avec elle sur mon blog, il m'a tout de suite dit "Elle te fait passer pour un monstre mais elle sait très bien que si tu en étais vraiment un, elle n'aurait pas intérêt à te provoquer de la sorte. Elle ne ferait pas ça si elle ne savait pas que c'était faux."
Je n'avais jamais exprimé ça aussi simplement et ça lui est venu en quelques secondes. Il était même indigné par ce qu'il lisait lorsque je lui montrais les mails échangés pendant le conflit. Il aviait l'air de tout ressentir avec tellement de force. Lorsque je lui racontais des anecdotes d'hopital, il saisissait tout de suite l'essentiel que je voulais partager avec lui, parfois même, il le prolongeait et je me rendais compte qu'il aurait pu être un médecin rayonnant, attentif, humble, ouvert et concerné. L'humain le passionne clairement.

Le plus fou, dans cette histoire, c'est que Thib ne lit pas. Toutes les idées qu'il exprime sont les siennes. Il a toujours été nul en classe dans toutes les matières et la plupart des profs l'ont toujours pris pour un idiot, ce pourquoi il n'a pas trouvé d'autre travail que celui d'ouvrier. Il a le don pour s'entourer d'amis qui lui donnent un rôle de débile ou qui le prennent pour un con. Et Thib le voit bien, ça ne l'offusque même pas. Il veut tellement croire à une véritable lumière au fond de chaque être qu'il se laisse faire sans rien dire. Il ne se rend pas compte que ce n'est pas de cette façon que cette lumière en laquelle il croit peut ressortir. Il ne suffit pas d'y croire au fond de soi. Selon moi, le plus beau, c'est de manifester sa foi en l'autre au travers de ses actes d'une façon ou d'une autre. Et dans la pratique, ça peut vouloir dire par exemple qu'il faut parfois oser se mettre en colère devant la lâcheté, l'hypocrisie ou l'inconscience lorsqu'on la voit chez l'autre, sinon les relations restent creuses. Pour ma part, je suis généralement touché lorsqu'on me fait remarquer mon inconscience directement. Ca me montre qu'on fait confiance à ma bonne foi. Ca me montre que l'autre fait attention à moi. Sans ça, même si c'est le cas, je ne le vois pas forcément.
Or ma relation avec lui est la preuve même de ce principe. Depuis que nous sommes petits, j'ai toujours senti cette lumière en lui, et j'ai toujours essayé de lui faire remarquer lorsqu'il la baffouait, non pas dans un but d'aide ou pour lui donner une leçon, mais parce que je me sentais soudainement seul.
De cette façon, on peut voir qu'il y a c
ertaines personnes, comme lui, qui cherchent le vrai et la lumière, et d'autres qui n'en ont rien à faire, qui peuvent être des gens dont la présence est agréable, mais sur qui on ne peut pas compter.
Et puis il y a autre chose. Une aussi belle croyance, ça fait souffrir, parce qu'elle fait voir l'obscurité noir sur blanc. Et je suis bien placé pour savoir qu'à la longue, si on ne laisse jamais la lumière transparaître par ses actes en réponse à l'obscurité, si on reste dans son coin en se contentant de ce à quoi on croit, on finit par accumuler beaucoup de souffrance à cause d'une sorte de décalage entre le monde intérieur et le monde extérieur. Et c'est la porte ouverte à la toxicomanie... entre autres.
Son problème avec Julie m'est donc apparu sous un autre jour. Julie lui fait régulièrement des sales coups, mais comme il croit en sa bonne foi profonde, il ne lui dit rien et il subit une sorte de passivité agressive perpétuelle. Par exemple, là, il devait venir chez moi, elle devait l'accompagner à la gare le matin, et ils s'étaient mis d'accord. Mais comme elle n'avait, en fait, pas envie qu'il parte, elle ne l'a pas réveillé et a parié sur son manque d'organisation: norma
lement, il n'aurait pas dû avoir d'argent pour prendre le bus (elle a été très surprise lorsqu'il lui a téléphoné de chez moi). Mais c'était sans compter sur son envie de me voir: il avait prévu un plan b.
C'était totalement malveillant de la part de Julie mais il ne lui a rien dit, pensant qu'il suffit de comprendre pour pardonner. Et il s'étonne ensuite d'avoir des moments où il est à la limite d'être violent avec elle contre son gré. Et il s'en veut beaucoup pour ça.

Pour moi, ce n'est pas é
tonnant. Mais que se passerait-il s'il le lui disait? S'il lui donnait une occasion d'être vraie avec lui. Est-ce qu'elle la saisirait ou est-ce qu'elle cracherait dessus?
C'est ce type de choix qui permet, à mon sens, de savoir si une relation vaut la peine qu'on fasse des efforts. Lorsqu'on voit l'autre saisir une telle occasion, comme Thib l'a si souvent fait avec moi, on sait tout de suite où on en est avec l'autre. Ce n'est pas pour rien que ce jour là, il y a 16 ans, je me souviens de tout au détail près. En faisant ce choix là, Thib. m'a lui aussi donné un puissant sentiment de présence, d'existence.

Je suis vraiment heureux d'avoir retrouvé un tel ami. En médecine, toutes mes relations d'amitié se sont révélées stériles, sauf peut-être, celle avec Pookie, mais comme ce dernier a régulièrement remis les compteurs à zéro (je ne sais pas si c'est une habitude chez les étudiants en médecine), notre amitié est plus épuisante d'enrichissante. Je pensais que c'était mon propre épuisement qui était à l'origine de cette sensation de sur-place mais le fait d'avoir vu Thib. une semaine me montre bien que épuisé ou pas, avec les bonnes personnes, ça avance tout seul.
Par WaXou - Publié dans : overhell
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Mardi 9 juin 2009
Finalement le destin m'a donné un coup de pouce. Thib. était censé arriver vendredi soir pour une soirée en petit comité, tandis que la fête donnée par sa mère était le lendemain. Seulement il a repoussé son arrivée au lendemain matin au dernier moment, et j'ai pu aller à cette soirée post internat avec Elle.
Je me suis rendu compte que pour ce genre de soirées, j'ai toujours l'impression que je ne serais pas dans le ton, que je serais l'un des seuls à avoir l'impression que je ne suis pas à ma place, mais il y en a plein qui sont dans le même cas que moi. Sauf qu'ils n'anticipent pas. Ils attendent la navette censée nous accompagner sur les lieux, et lorsqu'ils voient qu'il faut littéralement se battre pour entrer, ils décident finalement de ne rien faire. Pour d'autres couples, le fait que l'un des deux ait préféré faire une soirée avec ses potes tandis que l'autre aurait aimée se sentir moins seule ne semble pas problématique. Pourtant j'ai comme une impression de gâchis pour eux. De voir mes propres parents jeunes.

J'ai été trés à l'aise, avec Elle, dans cette soirée. Ses copines étaient sympa, même s'il n'y avait pas vraiment d'esprit de groupe. On a bien dansé. On n'a pas joué de comédie. La complicité était là. On a bien profité, je n'ai pas été une seconde dans mon coin.
Le tout fut très arrosé. Je n'ai pas eu le temps de récupérer que Thib était déjà chez moi le lendemain. La soirée de sa mère était somptueuse. Une vue splendide sur la méditerranée, champagne et vin hauts de gamme, traiteur et tutti quanti pour une trentaine de personne. Médecins, dentistes, ingénieurs, profs. Je pense qu'une bonne partie de ces gens ont dû penser qu'on était un couple gay. Thib., l'ouvrier musclé et bronzé, et moi, Thib., l'étudiant en médecine intellectuel, gras et blanc (+10kg pendant les révisions). C'était rigolo.
Ce qui est étonnant aussi, c'est la force avec laquelle je ressens les tensions entre les gens. C'est une chose dont je ne me rendais pas compte avant. Maintenant, je sens biens les malaises cachés, je pressentais les histoires d'adultères que Thib. me confirmait par la suite. Ou le désespoir du mari misogyne devant sa femme qui rayonne en parlant à d'autres personnes que lui, et qui, au lieu de profiter du spectacle, tente de la rabaisser en cachant le tout derrière un humour lourdesque, ce qui ne fait qu'aggraver sa crainte de la perdre.
Respect, tout de même, pour le père de Thib. avec ses deux hanches nécrosées, ses béquilles, son obésité et son strabisme, séquelles d'un combat qu'il a dû mener suite à son divorce, qui grâce à sa présence timide sur les lieux a, sans s'en apercevoir fait preuve d'une beauté rare, tandis que la mocheté de certains, malgré leur belles chemises de lin, et la perfection de leur brushing est apparue comme le noir sur le blanc.
La mère de Thib, malgré le monde, n'a pas manqué une seconde d'attention pour nous. Une chose est certaine: elle sait organiser la rencontre. Depuis que je suis petit, elle a toujours su la mettre en valeur sans pourtant jamais chercher à en tirer un bénéfice pré-calculé. Je l'admire beaucoup pour cela.

Thib m'a fait part d'un problème de couple qui le perturbe. Cela fait bien 6 ans qu'il est en couple avec Julie, mais dernièrement, il se met à être désagréable avec elle à contre coeur. Il se trouve lui même de mauvaise foi, il se voit créer volontairement des problèmes, surtout lorsqu'il n'y en a pas, à tout alourdir sans comprendre pourquoi. Il n'arrive pas à s'en empêcher. Il le sent venir, mais ne peut rien faire. Il se débrouille pour détourner tout ce que fait ou dit Julie et en faire un problème, et Julie, de son coté, semble faire comme si de rien était. Du coup Thib. va de plus en plus loin, se trouve de plus en plus détestable et son humeur noircit jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que du négatif.
Une situation qui me semble très familière. Racontée par Thib., elle est touchante parce qu'il me dit ce qu'il ressent à ce moment là, et c'est tout à l'opposé de ce qu'il montre à Julie.
Décidément, en ce moment, les thèmes son récurrents.  
Par WaXou - Publié dans : overhell
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Vendredi 5 juin 2009
Ca y est, j'ai enfin dépassé cet internat. Ca s'est plutôt bien passé, mais les sujets n'ayant pas été très difficiles, ça me fait peur, car il n'y avait pas beaucoup de place pour les erreurs d'inattention et j'étais parfois extrêmement fatigué.
Je me suis amusé à faire un tour d'horizon avec mon portable de ma place, j'ai mis une partie de l'intro de "time" des Pink floyd en fond.



Manque de bol, je viens encore de m'engueuler avec Elle, donc ça annule bien l'euphorie du moment, mais pas la fatigue.
On vient à peine de baisser le ton.





Le sujet toujours sensiblement identique. Problème de com.
Lorsqu'elle m'a proposé d'aller à la soirée, elle l'a fait un peu comme si nous étions des potes éloignés. Le ton était très anodin. "Tu viens à la soirée au fait? Moi j'y vais".  On passait toutes nos soirées, nos journées et une partie de nos nuits ensemble, on s'était plusieurs fois exprimés nos sentiments, et elle m'a demandé ça comme si le fait que je dise oui ou non lui était totalement indifférent.
Sauf que c'était le contraire. Elle ne voulait tellement pas se heurter à un véritable refus en me montrant qu'elle espérait que je vienne, qu'elle me l'a demandé comme si elle s'en foutait.
Résultat, je n'ai ressenti que l'indifférence, qui, associée à l'idée d'une soirée ou j'avais peur de me retrouver dans un coin, m'a fait ressentir le tout comme "hostile". Cela, mélangé au stress du concours et aux risques d'engueulades, j'étais bien content d'avoir autre chose de prévu.

Sauf que ce midi, Pookie a dit spontanément que le fait que je ne vienne pas était pour lui une raison de moins pour venir à cette soirée. Du coup je me suis montré touché et quand j'ai vu que M. commençait à devenir désagréable, ça a fait tilt. J'ai capté qu'on ne s'était pas compris du tout.
 J'ai tenté de lui expliquer que si elle voulait que je vienne, en jouant l'indifférence et la distance, elle avait eu tendance, au contraire à m'en dissuader. Je ne pensais pas que ça allait déboucher sur un conflit car j'étais, pour ma part, plutôt content d'avoir enfin compris son attitude et ma réaction. Sauf qu'elle est partie subitement sans dire un mot alors qu'on avait prévu de manger ensemble.
Du coup, plus tard, au téléphone, voilà qu'elle me reproche de ne pas avoir deviné qu'elle avait demandé ça de manière anodine précisément parce qu'elle voulait que je vienne et que par bienveillance, elle voulait me laisser toute mon indépendance. J'aurais dû, au contraire, l'apprécier.

Peut-être que c'est d'abord mon attitude qui fait qu'elle utilise de telles techniques de peur de se heurter à un refus.
Ou peut-être que c'est d'abord elle qui au lieu de me demander les choses directement essaie de se mettre le plus en retrait possible pour ne pas risquer d'être blessée, alors qu' elle ne fait que me donner envie, moi aussi, de ne pas trop compter sur "nous". Mais au fond, à quoi bon savoir qui commence?
En tous cas, ça attendra bien une sieste parce que réfléchir à tout ça avec mon neurone restant, c'est difficile.
Par WaXou - Publié dans : overhell
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Mardi 2 juin 2009
A 10h, je me réveille. Oublié de mettre mon téléphone en charge, il n'a pas sonné. Je me souviens clairement de mon dernier rêve. Je participais à un staff, au dernier étage d'un immeuble. Je remplaçais un gars qui venait de se faire virer. Je bénéficiais de sa secrétaire et de son Black Berry de fonction auquel je ne comprenais rien. Comme c'était à mon tour de parler, au milieu de ces mecs en costard cravate, j'ai balancé mon téléphone à la secrétaire en lui demandant de me le régler. J'ai pris parole et je crois avoir monté le ton. A la fin de la discussion, la secrétaire m'a dit "c'est bien, vous avez mené la danse, c'est ce qu'ils attendent de vous, continuez comme ça!". Elle avait pris des photos de moi entrain de parler avec le téléphone et je ressemblais à une personne qui inspire un mépris assez universel, avec sa bogossitude.
J'avais un appartement de fonction très sympa. Une vue sur une ville qui semblait plutôt surréaliste, pleine de gratte ciels, de travaux et ensoleillée.

En me réveillant, je suis allé voir mes mails. Il y en avait un dans lequel j'avais des liens pour des photos des travaux à Dubai. J'ai cru reconnaître la ville dans laquelle j'étais lors de mon rêve étrange. J'ai ensuite décidé d'aller faire un tour sur Google Earth, voir se je retrouvais l'hôtel dans lequel mes parents m'avaient emmené en Turquie, et je me suis rendormi sans m'en apercevoir.
Je me suis réveillé vers 13h sur mon canapé. Pas du tout à l'aise étant donné que j'avais perdu ma matinée. Je me suis préparé et j'ai filé chez Elle, ou m'attendait un sandwich au poulet pimenté de chez Subway.
Elle m'a demandé si j'allais à la soirée post internat. Je ne sais pas pourquoi, cette perspective m'a mis mal à l'aise. "C'est pas maintenant que je vais me la jouer sociable!". Je me suis un peu étonné. Il n'y a pas si longtemps je m'étais dis que j'irais à cette soirée. Pourquoi est-ce que je la voyais comme hostile aujourd'hui?
Peut-être parce que dans cette promo de médecine, je ne me suis fait que 3 amis dignes de ce nom au grand maximum, et que dans le tas, il y en a 2 qui m'ont beaucoup déçu. Or je n'ai plus envie de les voir.
Il restait Pookie, mais je ne sais pas s'il viendra, d'autant plus que les révisions en sa compagnie n'ont finalement pas évolué dans le bon sens. Il a manifesté dernièrement un comportement très étrange, au point que mon hypothèse explicative la moins loufoque serait qu'il ait une attirance pour Elle. Pour une quantité de petites raisons, mais aussi parce qu'il m'a rappelé l'attitude que j'avais lorsque je fréquentais quotidiennement Al et Em.  Envie d'être parfait en renonçant à mes sentiments et en me montrant impassible jusqu'à devenir irritant, envie de transgresser en m'y abandonnant et en disant tout, laissant échapper quelques cris du coeur tout de suite étouffés, tout en ressentant une sorte plaisir plus ou moins malsain à demeurer ainsi borderline, incompris, contradictoire, insaisissable. Sans doute qu'il y a d'autres possibilités qui m'échappent, car déjà, ce qui ne va pas, c'est que ma propre attitude avec Em. était dûe à des affirmations très ambigues de sa part. Et je ne crois pas que M. ait beaucoup joué à ce jeu là.


J'ai travaillé un petit moment. Elle dormait juste en face de moi. Puis elle s'est réveillée, et alors c'est moi qui ai fini par m'endormir. Encore.
Je me suis tourné sur le coté pour ne pas ronfler. Ma bouche était entrouverte. J'entendais ce probable voisin et son marteau qui tappait depuis un moment. De temps en temps, j'étais pris d'un vertige que je connais bien. Cette décharge, qui donne l'impression qu'on tombe, juste au moment ou l'on va perdre conscience dans l'endormissement, comme si on avait loupé une marche ou que quelque chose allait nous percuter. Une bouffée d'énergie soudaine qui fait sursauter. L'énergie semblait s'approcher de moi par approches sucessives, comme  tournant autour de sa proie, prête à fondre sur mon corps épuisé. Je l'ai sentie une fois, légère. Deux fois. Trois fois. La quatrième fut assez intense, et la cinquième m'emporta.
Plus rien. Plus de sensation de corps. Dans mes oreilles, particulièrement mon oreille droite, j'entendais ces bruits étranges, un peu effrayants, qui remplaçaient le bruit du marteau. Des bruits électroniques. Des bruits d'ondes. De données. Chaotiques, avec des tonalités un peu aléatoires. Sans vraiment de rapport avec quoi que ce soit dans mon esprit. Je les entends toujours lorsque je reste conscient après cette décharge. Je crois que c'est le bruit de fond de mes neurones. Cela ressemble au bruit qu'on peut entendre lorsqu'on cherche une station de radio et qu'on s'est perdu dans une fréquence éloignée. Insensé mais avec juste ce qu'il faut de cohérence pour ne pas passer inaperçu.
Je n'arrive pas souvent à supporter cet état. J'ai toujours l'impression que je risque de faire une crise d'épilepsie généralisée et là, en l'occurrence, j'ai peur de lui faire peur car je n'ai aucune idée de la tête que je peux faire vu que je n'ai plus conscience de l'extérieur. Lorsque ça arrive, je ne peux plus bouger. Mon corps semble si loin. Pour y arriver, il faut que je rassemble toute ma volonté et l'effort est très désagréable.
C'est ce que j'ai fait. J'ai senti que l'un de mes pieds avait sursauté même si le reste de mon corps restait amorphe. Je n'entendais plus le bruit étrange. J'entendais à nouveau le marteau.

Elle était sortie de la pièce sans même que je m'en sois rendu compte.
Je me suis rendu compte que je me sentais particulièrement bien. Plus du tout sommeil. Enfin. J'ai pu parcourir une quinzaine de cours en quelques minutes.
Et c'est manu qui m'a téléphoné pour me souhaiter bonne chance et me dire qu'il voulait me voir. Cela m'a fait très plaisir. Puis, un peu plus tard, je téléphonais à Thib, et me rendais compte que le problème de cette soirée post internat était résolu. J'avais prévu de le voir lui et sa mère, depuis le début, mais comme je ne lui avais pas téléphoné depuis que sa mère avait envoyé un carton d'invitation, je ne réalisais pas que cette soirée était... réelle, même si j'avais répondu que j'irais par écrit.
Thib. m'a dit plusieurs fois qu'elle lui parlait souvent de moi, qu'elle était particulièrement enthousiasmée par les quelques échanges que nous avions eus, qu'elle avait ressenti quelque chose qui l'avait assez bouleversée au point qu'elle veuille construire des projets avec moi.
D'un coté c'était réciproque, mais je n'y croyais qu'à moitié. J'ai appris, sans doute à tort, à me méfier de ces élans spirituels. D'autant plus que j'ai toujours l'impression de me prendre un électrochoc lorsque je réalise qu'une personne a choisi de véritablement faire attention à moi.
Je ne me doutais pas qu'elle serait capable d'organiser une véritable soirée le lendemain de mon internat et de me donner une véritable place d'honneur au sein de sa famille. Cela me paraît presque aussi irréel que le fait de participer à un staff au sommet d'un gratte ciel à Dubaï...
Par WaXou - Publié dans : overhell
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Vendredi 29 mai 2009
Aujourd'hui (il y a 4 jours) j'avais pas la tête à bosser alors j'ai essayé de reprendre une musique de marilyn manson que j'adore. Je ne l'ai pas choisie par hasard. Les paroles me parlaient particulièrement. C'est aussi la première qui m'a fait aimer l'artiste: Great big white world. Je l'avais déjà reprise à l'identique de l'originale mais cette fois j'ai voulu me l'approprier en changeant presque tout tout en essayant de garder l'esprit.

Il n'y a pas de distorsion (alors que la musique originale est quand même basée sur le coté distordu, electro et synthé), il y a deux guitares, une basse, ma boite à rythme et... j'ai osé le chant. J'ai utilisé les paroles originales, j'ai chanté avec ma voix grave habituelle et je me suis essayé à un effet de chorus en chantant une deuxième fois en décalé. Je n'ai aucune notion de chant donc je l'ai fait au feeling. Je voulais que la voix conserve l'esprit sombre de la musique et que ça ne devienne pas totalement pop. Je n'ai peut-être pas bien sur me libérer de la prononciation mansonesque (le vomissement de la dernière syllabe de la phrase), mais même lorsque je chante des paroles que j'ai composé moi même, j'ai tendance à l'avoir.
 Je n'ai pas mis beaucoup d'effets. Un delay qui était de base sur le préampli. Un echo de base pour la guitare qui fait l'air, et rien pour la guitare qui fait le rythme. Un simple hard limiting pour la voix vu que je l'ai enregistrée avec le micro de ma webcam, et que je ne suis pas un grand chanteur, le volume était un peu aléatoire. Et bien sûr des réglages de volume et de balance.
 Il y a quelques erreurs (mauvais calage entre les deux voix, accords hasardeux...), je les corrigerai sans doute quand j'aurais un peu de temps. Là c'était surtout pour décompresser un peu.

L'originale est tout en bas de ma playlist dans le menu à gauche sur ma page principale.
L'internat approche à grands pas, je risque de ne plus me connecter les prochains jours.



Par WaXou - Publié dans : Musique
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Mercredi 27 mai 2009
Je ne sais pas bien d'où c'est parti.
Elle était partie de chez elle lors d'une engueulade ou elle avait tenté de signaler qu'elle était blessée, mais comme d'habitude, sa mère a nié qu'elle puisse avoir des sentiments, y compris lorsqu'elle a claqué la porte en pleurs.
Habituellement sa mère aurait écrit un mail avec une liste de reproches et d'injonctions paradoxales qu'elle aurait reçu le soir même, mais cette fois-ci elle avait osé prendre la décision de partir et ça lui avait fait du bien. Le mail bourré de reproches n'était donc pas indiqué.
C'est elle qui, au bout d'une semaine, un peu désorientée, a décidé de lui écrire en essayant de garder un maximum son intégrité, mais tout de même en faisant le premier pas. Du coup elle a finalement eu son mail bourré de reproche. Chaque ligne était décortiquée et retournée contre elle. Le ton aberrant. Avec des "mamour adorée" de temps à autre. Elle a tout de suite vu qu'il ne s'agissait pas de communication et n'a pas répondu. A ce moment là, malgré son conflit avec sa mère, ça allait très bien avec elle. J'étais heureux en sa compagnie. La communication était bonne. On se faisait confiance.

Puis, quelques jours plus tard, sa mère a récidivé, en revenant sur tout ce qu'elle avait dit avec un mail qui m'a laissé perplexe, ou elle répétait ce que sa fille lui avait dit dans son premier mail en se l'appropriant. Elle disait qu'elle avait compris que la réaction de sa fille était saine, qu'il fallait couper le cordon, mais poursuivait avec des phrases en gras comme "Aussi, comme tu ne dois pas trop savoir comment faire et bien c'est moi qui vient vers toi les bras grands ouverts, des larmes de bonheur dans les yeux, le coeur gonflé d'amour, te dire JE T'AIME MA FILLE et je t'aime comme tu es". Je ne savais pas que c'était comme ça qu'on coupait le cordon. Le mail était encore bourré de contradictions. Elle n'a pas su quoi répondre et c'est là que notre premier conflit depuis un moment, si je situe bien, a pris naissance.

Je n'étais pas trop dans mon assiette ce jour là. On était allé chercher à bouffer au kfc et je trouvais qu'elle conduisait dangereusement. A un moment, elle a pris un croisement très dangereux beaucoup trop vite à mon goût. Or j'ai déjà vu plusieurs accidents ici et je connais bien cet endroit, je lui ai donc signalé que ce qu'elle avait fait était très dangereux, assez pour que j'aie peur alors que je ne suis pas du genre effrayé en voiture. "Non, j'ai regardé". Du coup j'ai insisté, j'avais bien vu ce qu'elle avait fait, s'il y avait une voiture qui arrivait vite, elle se la payait, mais elle s'est énervée en persistant à dire que ce n'était pas dangereux. Alors je me suis repris, expliquant que c'était simple, j'avais trouvé sa conduite dangereuse, ce croisement l'est particulièrement aussi, je le connais bien puisque je le prends régulièrement. Pas besoin d'en faire un sujet de discussion. "Mais c'est toi qui discute, j'ai regardé".
J'ai reconnu cette sensation de mur invisible. Je n'étais pas entrain de lui dire qu'elle n'avait pas regardé. Je tenais juste à lui signaler que ce qu'elle avait fait était dangereux parce que je n'ai pas envie qu'elle ait un accident aussi bête, et je me retrouvais à me disputer avec elle. Cela m'a rappelé toutes nos discussions lors de notre première rupture. Même impression de dialogue de sourds. J'ai donc arrêté. Ça ne servait à rien de continuer. Je n'imaginais pas que la quasi totalité de nos échanges allaient dégénérer de façon similaire dans les jours suivant, sauf période d'accalmie.

Le reste de la journée a donc été identique. Je ne me souviens plus des détails mais impossible de parler, comme lors de notre première rupture. A chaque fois que je disais un truc, ça se retournait contre moi, l'ambiance était glaciale, ça sentait le mépris, la haine et j'avais beau essayer de conserver mon ouverture, de ne pas me laisser emporter par le mouvement, plus ça allait et plus elle me gonflait. Or je n'avais pas envie de dispute et je suis parti de chez elle avant que ça dégénère, je ne savais même pas quoi lui reprocher alors je n'ai pas fait de reproches. Elle, par contre m'en a fait un à demi mot ("ah tu fais comme pookie, tu te casse à 15h comme ça?").

Je suis resté un moment seul, à essayer de digérer, puis je l'ai eue sur msn et on en est arrivé à la conclusion que le point de départ était le mail de sa mère, comme lors de la quasi totalité de nos conflits, qui prennent toujours cette forme étrange. Je lui ai dit que je ne savais pas pourquoi elle avait été comme ça avec moi, mais que je m'étais senti seul et que j'avais besoin de l'être physiquement.
Alors elle m'a reproché d'oser me plaindre. Je lui ai dit que je n'y pouvais rien si je n'en pouvais plus. Elle a quand même pensé que je la punissais. Je lui ai dit que ce n'était pas le cas, qu'il s'agissait de moi. Du coup elle m'a reproché de ne pas penser à elle. Ca tournait en rond, je lui ai dit que je voulais mettre fin à cette conversation, que je n'en pouvais plus, mais elle continuait de balancer des reproches, j'ai encore tenté une fois sans succès de lui dire stop, elle n'a pas écouté, alors je me suis déconnecté.
Quelques heures plus tard mon téléphone sonne, je la trouve en pleurs. Je ne sais pas comment réagir, je ne comprends rien à ce qu'elle me dit. Je lui demande si elle veut que je passe, elle me dit oui.
J'arrive, j'ouvre la porte, il fait noir, ça pue l'alcool fort au point que j'ai l'impression qu'elle a renversé une bouteille de rhum par terre. Je la cherche, mais elle est demi allongée par terre, j'allais lui marcher dessus. Du coup je la prend dans mes bras, elle pleure encore et encore. On a discuté mais elle n'était pas du tout dans son état normal. On aurait dit qu'elle avait 5 ans. C'était mignon, alors je lui ai un peu tenu compagnie, aussi pour m'assurer qu'elle n'allait pas faire de bêtise. Impossible d'avoir une conversation constructive néanmoins. Elle se remettait en question, je rebondissais sur ce qu'elle disait, essayant de l'apaiser comme je pouvais, et elle me répondait invariablement par des séries de pourquoi, comme une fillette l'aurait fait avec son papa. J'ai attendu qu'elle commence à dessaouler avant de partir faire un tour en voiture.

Entre temps, elle a répondu à sa mère, lui disant qu'elle était désorientée vis à vis de sa situation, entre autres, mais restant modérée (je ne sais que ce qu'elle m'en dit et ce qu'elle m'a montré) et sa mère a répondu (ça par contre, je peux faire un copier/coller de certains parties) "Tu n'as pas à être "désorientée" ni à te sentir mal (surtout pas!!!)par la situation au contraire elle me semble limpide! J'ai compris (enfin lol) ce que tu voulais et je suis en accord avec toi;à moins qu'être devenue adulte vis à vis de moi te désoriente?Mais tu devrais être (enfin) soulagée!".
Encore une fois, elle mme dit qu'elle ne sait pas quoi répondre. Et je la comprends.
Un ou deux jours plus tard, ça recommence. On révise chez elle, et toutes les discussions prennent une tournure qui me met mal à l'aise. Elle me parle froidement, avec un certain mépris. Elle se contredit toutes les 3 phrases. Elle cherche à retourner tout ce que je dis contre moi. Lorsque je pose une question de cours elle le prend mal, me contredit avec un ton professoral alors qu'elle n'en sait pas vraiment plus que moi. Je ne la sens plus du tout. Du coup je ne me plains de rien sur le moment. Vu le ton, ça aurait forcément dégénéré. Alors encore une fois je me prépare à partir.
Elle me signale qu'elle est en manque de coca, j'imagine qu'elle me tend une perche pour crever l'abcès: "c'est pour ça que t'es de mauvaise humeur?". Elle nie. Alors j'insiste. Elle me demande de lui dire en quoi elle est de mauvaise humeur. Je lui explique qu'elle fait sa "mademoiselle je sais tout", une expression qu'on a trouvé pour qualifier son attitude lorsqu'elle parle sur un ton professoral comme si on ne jouait pas dans la même cour alors qu'elle n'en sait pas plus que moi. Elle nie encore. Alors j'y vais.

Le soir, je la contacte sur msn pour lui dire que je préfère passer la soirée seul. Je crois ne pas lui en vouloir ce coup-ci étant donné la répétition de la scène, je le lui dis, mais je me trompe, je voulais lui faire plaisir mais j'ai déconné. Elle me parle du vide qu'elle ressent, me demande conseil. Je me prends encore une fois au jeu. Plus tard dans la soirée, j'essaie de comprendre ce qu'il s'est passé dans l'après midi et je retranscris les dialogues. Alors je me rends compte qu'au fond de moi je n'ai pas digéré le truc, j'ai trop voulu me la jouer spirituel, jouer à l'aidant sans sentiments alors que la situation blesse et épuise vraiment waxou. J'ai des furieuses pulsions toxicomanes alors que j'avais pourtant trouvé un rythme de vie relativement peu malsain ces derniers temps. Bien sûr je ne le lui dis pas, ça ne ferait que la faire culpabiliser voire l'agresser. Par contre elle ne se gêne pas pour me dire qu'elle a envie de combler son vide par n'importe quel moyen, et je sais qu'elle a de la drogue à sa disposition et qu'elle n'est pas du tout expérimentée en la matière. J'essaie juste, dans un dernier effort, de lui rappeler que c'est pas une bonne idée même si elle n'a pas dit clairement qu'elle était tentée. "Ah? Justement j'allais te demander la permission mais tu m'a pris de cours".

Le lendemain, pas de nouvelles. Journée sombre pour moi, je compose une musique. Le soir, je la contacte, inquiet, elle semble aller bien. Elle me propose de passer chez moi. J'imagine qu'on va pouvoir parler de ce qu'il s'est passé alors j'accepte. Seulement elle arrive totalement radieuse, tout va bien, elle a trouvé son calme et a l'air bien désolée, voire limite de m'en vouloir que je ne me sente pas bien. Comment puis-je remettre ce sujet sur la table dans ces conditions.
Alors je mets mon masque, je ne dis rien, je refuse juste ses caresses bizarres sur le haut du mollet, avec un doigt, rapides, que je trouve totalement insupportables malgré mes efforts. Elle part assez tôt.

Plus tard, dans la soirée, je lui parle par msn, je m'explique pour la mauvaise humeur et lui avoue que c'est parce que je n'ai finalement pas digéré la journée de la veille. Elle ne rebondit pas dessus. Elle change de sujet.
Puis pile au moment d'aller se coucher, une heure plus tard, elle me balance: " Et stp la prochaine fois dis moi juste non quand tu veux pas que je vienne, je peux très bien comprendre"
Alors je lui explique que je voulais qu'elle vienne à l'origine, mais que lorsque je l'ai vue tout radieuse alors que je ne m'étais toujours pas remis de cette journée, ça m'a un peu miné.
Elle me répond: "C'est juste que j'étais stressée hier, mais ça allait mieux aujourd'hui du coup je vois pas pourquoi j'aurais pas été dans mon état du moment"
Que répondre à ça... je lui dis juste que stressée ou pas, elle m'a "grave pris la tête quand même".
Mais voilà qu'elle me répond que si elle elle était stressée, moi je n'ai pas été indulgent et que je l'ai provoquée mais qu'elle n'a rien dit parce que j'avais avoué "ne pas être positif".
Je lui dis qu'au contraire je pense que ma connerie a été de jouer au mec parfait et spirituel alors qu'elle me prenait pour un con.
Et bien entendu "pense ce que tu veux et interprète ce que tu veux, j'en ai raz le cul bonne nuit".

"Pris pour un con", la pustule de colère est sortie malgré tous mes efforts. Je ne peux m'en prendre qu'à moi même.

Aujourd'hui, vers 13h, je reçois un coup de fil, elle veut passer chez moi. Elle ne me dit pas pourquoi. Elle est froide. Je me dis que c'est sans doute pour récupérer son linge propre. Elle arrive et me dit qu'elle vient pour comprendre ce qu'il s'est passé. Alors je lui explique, une fois de plus que je n'avais toujours pas digéré l'autre après midi et que je commence à ne physiquement plus en pouvoir, seulement je n'ai pas encore eu le temps de m'expliquer qu'elle me reproche encore de ne pas être plus indulgent avec elle.
Je lui dis que je ressens que mes limites sont dépassées, et elle me reproche de ne pas être plus tolérant. On est dans l'impasse. Je ne peux rien faire et mon ressenti est encore une fois rejeté.
 Je lui réponds que je fais ce que je peux mais que je peux pas jouer sans cesse à l'aidant. Elle me dit qu'elle a le droit d'être stressée. Je lui explique que stress ou pas, je me suis senti méprisé, qu'elle m'a parlé comme si j'étais débile, et qu'elle m'a pris la tête. Reproches balayés, je la ferais toujours se sentir comme ça. J'oublie de dire que c'est surtout la répétition de ce genre de scène et l'impossibilité d'obtenir d'elle des excuse qui fait que le vase déborde et n'est pas loin de se casser.
Du coup elle veut que je lui explique en quoi j'ai été blessé l'autre après midi. Mission difficile vu qu'il s'agissait du ton, du contexte, des sous entendus perpétuels et de l'impossibilité de communiquer. J'essaie de prendre un exemple dont je me souviens bien pour donner une base à la discussion mais ça ne marche pas. Les reproches fusent de son coté. Je m'énerve, je tremble, mon coeur palpite, j'ai peur de dire des choses que je regretterais, je lui montre mes mains qui tremblent et l'invite à prendre son linge pour rentrer chez elle.
Elle déclare que c'est fini, qu'elle en a "raz le cul" et qu'on verra peut-être après l'internat. Vu que c'était moi qui en avais raz le cul à l'origine alors qu'elle allait si bien hier soir, je ne sais pas quoi en penser. J'ai envie de lui dire qu'on ne verra rien après l'internat mais je me modère, je préfère attendre d'avoir les idées plus claires. Là, je vois rouge.
Elle part en disant "moi qui avais réussi à prendre positivement ce qu'il s'était passé"
- C'est bien pour toi mais c'était pas mon cas.

Une heure plus tard, coup de fil. Elle me demande comment ça se fait que les choses tournent comme ça sans qu'elle s'en rende compte. Cette fois-ci elle veut vraiment discuter, elle est à moitié en pleurs. Je n'arrive pas à en vouloir à celle qui est au téléphone. Celle-ci m'écoute. Elle me fait des reproches mais elle ne les fait pas en écrasant les miens. La discussion est possible. Elle dure une heure. Elle ne me blesse pas. Elle ne prend pas mal ce que je dis. Elle est enfin cohérente. On est tous les deux épuisés. On a l'air sur la même longueur d'onde, elle admet ne pas s'être ouverte une seconde à moi et ne pas avoir apprécié que je ne tolère pas tout alors que j'en pouvais plus. Je ne lui en veux plus, le ton est calme, je me sens mieux, puis assez subitement elle n'a plus rien à dire et me dit qu'elle va se coucher. Je la remercie d'avoir appelé.

Puis encore plus tard, je découvre un "coucou ça va" sur msn. Forcément, à la longue je finis par être un peu méfiant avec ce msn là. Surtout quand je suis épuisé à la base. Elle me dit qu'elle est scindée en deux. Je lui demande pourquoi, elle me répond que c'est entre ce qui fait qu'elle revient vers moi et ce qui fait qu'elle part. Entre deux mondes. J'évoque le monde de l'amour et le monde de la haine. Elle me dit qu'il s'agit plutôt de liberté ou de responsabilité. Je lui répond que ça ne me parle pas. Elle s'en étonne. Alors j'explique ce que j'entends par amour et haine, même si ça me paraît aberrant. Elle n'est pas d'accord, elle n'a jamais ressenti de haine envers moi. Même lorsqu'elle se défoule sur moi.
Du coup je suis un peu surpris. Je lui dis que pour moi, on ne peut pas avoir ce genre d'attitude, se défouler sur quelqu'un lorsqu'on ressent de l'amour à ce moment là. Elle persiste quand même à dire qu'elle ne ressent pas de haine, que de l'amour.
Du coup je n'arrive pas à comprendre, je lui dis que je vais manger et réfléchir à la question même si ce que je dis me paraît évident. Elle me lance "oui quand il s'agit de remettre en question les sentiments de l'autre, faut bien réfléchir".
Je ne sais plus quoi faire. Plus envie de discuter. Finalement c'est peut-être moi (la phrase clé de mon blog). Je ne sais plus.
Par WaXou - Publié dans : Conflits
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Jeudi 21 mai 2009
En discutant avec une personne qui a un sérieux problème pour se sortir de l'emprise qu'à une autre personne sur elle (oui, c'est un thème récurent chez moi), j'ai réalisé une chose: c'est parce qu'elle met un masque lorsqu'elle fréquente cette personne qu'elle est vulnérable. Elle préfère garder ce masque et avoir une attitude à laquelle elle n'adhère pas, plutôt que de l'enlever.
Pourquoi? Parce que justement, tout le savoir faire du manipulateur, dans cette histoire, c'est de lui faire croire qu'elle n'est pas digne d'attention voire d'être aimée, sans son masque. C'est de la nier ou l'ignorer, de la ridiculiser, de la faire culpabiliser, de l'humilier, de la discréditer lorsqu'elle laisse transparaître ses faiblesses, sa sensibilité, son mal être, sa frustration ou ses doutes vis à vis d'elle même.

Alors elle se la joue tranquille. Forte. Solide. Terre à terre. Elle fait comme si elle n'attendait rien de personne. Comme si elle n'avait besoin de rien. Et on la traite en tant que telle, un peu trop même. Parfois elle y croit, lorsque le décalage permis par le rôle la protège. D'autres fois il l'enferme, et elle se sent mal jusqu'à ce qu'elle craque. Mais c'est trop tard. Lorsqu'on craque comme ça, et qu'on est censé être fort, tranquille et avoir besoin de rien, ça passe pour ridicule. Une pustule à la surface du rôle... ou une victoire du vrai.
Tout dépend du point de vue...

La solution, telle que je l'ai vécue, c'est de faire savoir ses limites avant qu'on nous donne trop envie de faire comme si on n'en avait pas.
Mais dans la pratique, en général, c'est plus difficile, sinon il n'y aurait pas de problème. Particulièrement dans le cadre d'une emprise. Tout est fait pour que ça paraisse inenvisageable.
Seulement ça aussi, ça dépend beaucoup du point de vue.

Ici, une scène d'American Beauty ou Lester, le mari de Carolyn, ose pour la première fois assumer son humanité plutôt que d'être l'homme asexué, effacé et sans émotions qu'il est devenu depuis plusieurs années. Je ne le trouve pas parfaitement juste avec elle, mais ce que je trouve intéressant, et qui illustre mon article, c'est le changement entre son attitude de départ "meuh non" et le déclic du "et puis merde, vas-y, tue moi". C'est la première fois ou Lester semble vivant dans sa parole dans ce film. Son envie de se masturber est cette pustule de vrai dont je parlais. Elle devient humanité au moment ou il n'en a plus honte, quoi qu'en dise Carolyn.


Par WaXou - Publié dans : overhell
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