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Jeudi 15 mai 2008
 Matin du troisième jour, à la même heure, le mal de tête revient. Cette fois-ci avec des sensations d'instabilité, de flou visuel. La douleur est trop intense. Je préviens mon père que décidément, ça ne va pas du tout. Sensation de déjà vu. De à quoi bon. C'est tout juste si j'arrive encore à être sensé. J'ai du mal à réfléchir, je suis stressé, j'arrive de moins en moins à me concentrer sur ce qu'on me dit et à être convainquant, j'ai la nausée, et surtout je n'ai aucun appétit, aucun transit depuis 3 jours. Le mal de tête me cloue allongé sur le canapé, j'annule Roland Garros. Je ne regrette même pas, je ne pourrais pas supporter d'être dans une foule en plein soleil. Déjà que je supporte à peine d'exister.
Mon père me prend la tension et je le vois surpris de constater qu'elle est à 16/9 avec un coeur qui bat à 60. Malgré sa surprise, il ne fait rien. Il a l'air de penser que je le fais exprès. Lorsque j'ai la force de râler en disant que je ne peux plus supporter d'attendre comme ça, seul toute la journée sur le canapé sans savoir ce que j'ai, il m'engueule. Il refuse de m'amener à l'hopital: "Qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent de plus?"
- J'en sais rien, c'est pas à moi de le dire.
- Qu'est-ce que tu crois que t'as?
- Je ne sais pas! Mais c'est insupportable
- Mais tu penses à quoi?
- A rien, je sais pas, un truc dans la tête, une tumeur peut-être, j'en sais rien, mais il y a bien quelque chose.
- Ça c'est parce que tu n'y connais rien en médecine et qu'on ne t'as parlé que des pathologies graves. C'est très rare une tumeur, surtout à ton âge.
- Mais merde alors c'est autre chose, pourquoi c'est si compliqué, c'est pas croyable, je suis malade, tu sais pas ce que j'ai, faut m'amener à l'hosto c'est tout.
- Ooooh hein dis! Ne le prends pas comme ça, j'y peux rien moi, calme toi et arrête de te plaindre.
- Mais je peux pas rester comme ça! J'en peux plus là, tu vois pas?
- [regard un peu concerné] Tu veux que je fasse quoi, je t'ai déjà examiné et il n'y a rien. Si tu n'avais pas fumé des joints aussi!
L'argument qui tue. Je n'ai pas fumé depuis la soirée de fin d'exams, mais même si c'était le cas, que vient faire le cannabis dans l'histoire alors que je n'ai "rien". De toutes façons je n'arrive même plus à réfléchir. A partir de là, ce que j'arrive à faire de mieux, c'est de ne pas paniquer ou autrement dit, ne plus voir la situation en face. C'est aussi à partir de là que mon trouble va prendre une autre dimension: l'impression que ce que je vis n'a aucune réalité. Que j'invente tout pour me plaindre, et je vais être partagé entre une envie viscérale de crier et la peur d'être méprisé, considéré comme fou car je ne dépend plus que du jugement de mon père. Une peur d'autant plus vive que plus les choses avancent, et plus j'ai l'impression d'être dans un rêve. Petit à petit, une impression globale d'étrangeté s'installe et j'ai l'impression que la folie se rapproche. Je ne sais plus si mon problème est mon mal de tête et tout ce qui l'accompagne, ou cette panique de fond dont je n'arrive pas à me sortir. J'ai beau essayer de méditer, de me vider la tête, rien n'y fait.


Au bout d'une semaine, ma petite amie, que je n'ai pas pu voir depuis le début des vacances, vient me voir. J'imaginais que ça allait me faire du bien, mais je me vois incapable de profiter d'elle, de communiquer. Son innocence me perturbe plus qu'autre chose. Elle me fait voir malgré elle, par ses questions, l'obscure complexité de ma situation et ça me fait peur. Je ne veux pas l'impliquer là dedans. J'aimerais lui demander de m'accompagner aux urgences, mais j'ai aussi peur de l'entrainer dans ma folie.
 Je n'ai pas envie qu'elle me voit comme ça. Je suis un débris. Stressé, désorienté. Et en plus j'ai rien pour excuser mon état. Pas de "j'ai la gastro" ni même de "je fais une dépression". Je ne veux pas qu'elle assiste à ce qui m'arrive. Jusqu'à présent j'avais toujours été quelqu'un de solide. J'avais l'habitude d'en chier, mais pas comme ça.
Elle ne sait pas comment réagir: elle est mal à l'aise de me voir me tenir la tête sans bouger, les larmes aux yeux, tout en faisant comme si tout allait bien. Je ne me rends pas compte que je suis entrain d'exclure ma seule chance d'être soutenu, mais j'ai dépassé le stade de la recherche de soutien. Je lui demande de partir.

 Tous les soirs, le mal de tête se calme partiellement et je reviens dans un monde moins agité dans lequel mes parents veulent bien faire attention à moi pour autant que je ne parle pas de ce que je vis. A chaque fois, je ne vois pas comment ça pourrait recommencer. Ni pourquoi. Mais je ne suis plus sûr de rien. J'essaie de profiter des quelques heures de calme ou j'arrive enfin à regarder la télévision, ou à jouer à l'ordi.
  Et tous les matins, je suis réveillé à 7h sans raison. Je me trouve toujours bizarre mais je m'y habitue. C'est le mal de tête que je crains le plus. Il arrivera toujours plus fort que la veille, creshendo mais maximum au bout d'une heure. La nausée est parfois intense mais je ne vomis pas. De toutes façons je ne mange pas. J'attends toute la journée le retour de mon père.
 Une fois, ma mère arrivera avant lui. Devant un dernier appel au secours, elle ne fait que me répondre que mon père n'est pas inquiet. Lorsque j'insiste, elle ne me répond plus. Elle me demande même de me taire pour qu'elle puisse écouter la télé. J'essaie de me retenir mais je me mets à pleurer malgré moi. Elle me regarde avec un air sévère avant de se retourner vers l'écran magique.
 J'aimerais qu'on perce un trou dans ma tête pour que la pression s'arrête de monter. Je me dis même que je préférerais mourir. Chaque jour, je vois ma tension monter: 19/11. Un pouls à 48. Puis 20/12. Mon père décide finalement que l'appareil doit être cassé. Il attend d'en rapporter un du travail avant de débuter un traitement hypotenseur. Un jour de plus d'attente pour l'appareil, qui montrera une tension encore plus élevée. Un jour de plus pour les médocs. En cadeau, j'ai le droit à un sédatif qui me permettra enfin de somnoler.
Encore trois jours de rémission lente.
Au bout de deux semaines, je n'ai plus mal à la tête. Bizarrement, je n'ai plus qu'une douleur assez précise au niveau du cou. Finie la sensation d'irréalité. J'ai juste des sifflements d'oreille, des vertiges et des fourmis à un pied. C'est comme s'il ne s'était jamais rien passé. Mais le "comme" à malheureusement beaucoup plus d'importance que je ne le crois.

 A partir de là, le stress m'a foutu une trouille bleue. Savoir qu'un tel enfer pouvait m'arriver sans raison, rien qu'à cause du stress, ça m'a conduit à repasser le concours en faisant le strict necessaire. Le plus difficile a été de dire à mes amis que je ne savais pas ce qui m'était arrivé, tout en leur disant que c'était horrible. Ils ne comprenaient pas. Moi non plus. Alors j'ai décidé de faire comme si rien ne s'était passé, je croyais que ça simplifierait les choses.
 Car j'étais régulièrement forcé d'y repenser à cause de ma douleur au cou, des vertiges qui revenaient par poussées mais surtout à cause du fait que j'avais peur de moi même. Je me découvrais des difficultés de concentration, surtout lorsqu'il s'agissait de comprendre une conversation dans un groupe. On aurait dit que je n'avais plus aucune confiance. J'étais clairement perturbé. Et je me tuais à jouer -mal -le rôle de celui qui va bien.
 J'avais constament peur que ça recommence. Vu le fond de stress permanent dans lequel je vivais, bien plus intense que lors de ma "crise", je ne voyais pas pourquoi ça ne recommençait pas. Au pire avais-je le droit à quelques crise d'angoisse le soir. La peur de devenir fou subitement. Ce pourquoi j'ai eu tendance à éviter de sortir. Je ne voulais pas que mes amis me voient dans un état que je n'assumais pas.
 Petit à petit je me suis éteint. J'ai tout fait pour ne pas faire de vagues. De temps en temps je disais à mon père que ma vie n'était plus comme avant depuis cet épisode. Alors il invoquait le cannabis. J'essayais de m'en séparer, mais vu que tous mes copains en fumaient, ça ne faisait que m'exclure davantage du groupe et je finissais par craquer. Rester seul dans mon appartement, stressé, sans vie et ne même plus avoir un joint à fumer pour tuer le temps, alors que tout le monde s'amusait c'était trop dur. Du coup je me suis aussi mis à l'alcool, vu que mon père n'avait rien contre cette substance. Surtout le soir. Ca m'évitait les crises d'angoisse.
J'ai eu mon concours. Je n'y croyais plus étant donné que j'avais perdu toute mon énergie. Toute ma vigueur et mon ambition. En fait, c'était surtout grâce à mon premier essai. Je n'ai pas fait beaucoup mieux. Je ne me suis concentré que sur la matière qui m'avait fait échouer.  Le reste, je l'ai survolé et j'ai eu des notes moins bonnes que la première fois. En fait, compte tenu de mon état, je n'aurais jamais dû passer en deuxième année. Mais j'ai préféré ne pas m'en rendre compte et me persuader que tout allait bien. Vu que la  théorie de mon père, c'était de dire que je me rendais malade pour ne pas avoir à travailler, j'essayais de croire que j'avais vaincu ma maladie, mais j'avais trop peur de voir que je n'étais plus que l'ombre de moi même.

 



 
par WaXou publié dans : Souvenirs
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Jeudi 15 mai 2008

Cette situation peut paraître surréaliste. Ce genre de description est à mon sens rare car pour pouvoir la faire, il faut avoir la chance d'être sorti du cercle vicieux, ou au moins en avoir extrait ses yeux.
Il y a à peine deux ans, bien que cet événement était encore relativement récent, je ne m'en souvenais pas comme d'un événement important. C'était un passage de ma vie auquel je ne donnais aucun sens, que je n'intégrais pas, et donc je n'y pensais pas clairement (par contre en souterrain...). J'en avais honte et je ne me souvenais même plus vraiment de ce qu'il s'était passé. C'était vague. On m'avait persuadé implicitement qu'il ne fallait pas y penser. Que le seul fait d'y penser montrerait que je suis toujours malade. Et j'y croyais, car le peu de fois ou j'y repensais, je ne sentais que désorientation et peur. Et pourtant, ce qu'il fallait faire c'était l'inverse. Le fait de ne pas regarder tout ça en face m'empêchait de donner du sens, comprendre mon histoire et voir en quoi consistait la véritable maladie. Lorsqu'on me demandait ce que j'avais fait pendant les vacances entre mes 2 premières années de médecine, j'étais bloqué. Généralement, sur un ton calme, j'expliquais qu'il m'était arrivé un truc bizarre. Pourquoi un ton calme? Parce que je voulais montrer que ce n'était pas important, qu'il ne fallait surtout pas faire attention à ce qu'il s'était passé. J'adoptais avec moi même l'attitude révoltante qui avait tout compliqué à l'extrême, tout en croyant me protéger.

Lorsque j'ai commencé à reprendre cet événement et à le regarder en face, j'ai au début cru que j'étais entrain de devenir fou alors qu'au contraire je me battais pour retrouver mes racines.
Je vais parler ici de diagnostics loupés, mais le problème ne tient pas vraiment au manque de compétences médicales. Le simple fait d'accorder de l'importance à ce qui était entrain de m'arriver, quelle que soit la pathologie suspectée, rien qu'en tenant compte de ma détresse, aurait suffit.

N'importe qui l'aurait fait mais pas mes parents. Et à l'époque, c'était encore à eux que je faisais le plus confiance. Du reste, lorsqu'au début j'essayais de parler de ça, personne ne réalisait l'horreur que j'avais vécue. Au contraire, on me répondait comme si la seule mauvaise chose dans l'histoire, c'était que je ne fasse plus confiance à mes parents. On leur trouvait toutes les excuses du monde. Déjà que j'hésitais à en parler, je finissais par en être totalement dissuadé.

Je n'aurais sans doute jamais la preuve formelle qu'il me soit arrivé quelque chose d'organique, mais je ne sais pas si c'est vraiment necessaire car comme je l'ai dit, ce n'était pas ça le plus important. Tout ce que je sais, c'est que par malchance je me suis retrouvé avec un besoin viscéral d'attention, et que j'ai eu exactement le contraire. Ce qui a rendu cet événement si difficile, ce n'est pas la douleur mais le déni, le rejet déguisé en connaissance, en sagesse.
Médicalement parlant, mon père a été nul, mais il a fait comme s'il savait ce qu'il faisait.
La première chose à faire devant un mal de tête aussi inhabituel par son intensité, sa persistance au delà de 48 heures, ou sa brutalité, surtout accompagné d'hypertension, d'arrêt du transit, de phonophobie, de bradycardie et d'agitation, c'est d'aller aux urgences et de faire un scanner. Selon les études, cette symptomatologie seule pousse à plus de 40% la probabilité de  faire une hemorragie méningée. J'en ai vu des bien plus silencieuses que ça. Mais ça aurait très bien pu être une nevrose d'angoisse inaugurale (même si aujourd'hui je pense que l'angoisse a été réactionelle à l'attitude de mes parents)  ça n'aurait rien changé. J'avais autant besoin d'aide. Surtout qu'après ces deux semaines, mon problème était en effet presque uniquement psychologique.


                
Il était question d'aller à Roland Garros avec mes amis de médecine pour décompresser, suite à ma première tentative pour passer le concours de médecine. Je n'avais pas encore les résultats mais il était prévu que je redouble donc je n'avais pas vraiment la pression. Néanmoins je ne suis pas passé loin.

J'avais toujours été plus ou moins associable, mais avec ces amis j'avais eu l'occasion de me trouver une place, de faire plusieurs soirées mémorables, de connaître beaucoup de monde alors que mes amis plus anciens étaient tout à fait compatibles au groupe. On rigolait, on discutait tous les soirs. J'étais à l'aise et je ne me sentais que rarement seul. Du reste, la raison la plus importante qui me poussait à avoir mon concours était le lien que j'avais avec eux. Je n'avais jamais espéré vivre une vie étudiante épanouie, mais en leur présence, je voyais que c'était possible. C'était plus que j'en demandais.
Je trouvais ça un peu pathétique d'être davantage motivé par l'amitié que par mon ambition, mais je ne me l'avouais pas complètement.
Je voulais me croire fort et indépendant.

On avait deux semaines pour voir un peu notre famille. Après, les sorties allaient s'enchaîner. J'avais plus envie que jamais de profiter de mes vacances. Manque de bol, la première semaine fut ternie par une violente douleur abdominale, à droite. Ca m'était déjà arrivé, mais à l'époque c'était parti en quelques heures. Là, c'est resté pendant 4 jours et 4 nuits. Je ne pouvais plus me lever ni manger. Lorsqu'on me touchait le ventre j'avais l'impression qu'il se déchirait alors qu'il se contractait malgré moi plusieurs fois. Pour moi j'avais un truc digestif mais à cette époque je n'accordais pas grande importance à mon discernement vu qu'il était tout le temps remis en question, donc je me fiais à mon père. Or, pour lui, comme je n'avais pas de fièvre, je n'avais rien, pas question de m'emmener à l'hôpital.

J'ai donc passé 4 jours seul à la maison, en attendant que ça passe, mais j'étais assez angoissé. Le coup de ne rien avoir alors que mon ventre ne m'avait jamais fait aussi mal de ma vie, c'est pas rassurant du tout. J'aurais préféré qu'on me dise que j'allais être opéré, au moins j'aurais pu faire face à quelque chose.
Ça s'est arrêté un beau matin. Preuve selon mon père, qu'il avait eu raison de ne rien faire.

Trois jours plus tard, mon père a voulu manger au Mac Do. A l'époque c'était un peu notre rituel jusqu'à ce que ma mère l'engueule je ne sais plus pourquoi.
Dans la voiture, je me sentais bizarre. Agité. Pourtant il n'y avait aucune raison à ça. Je trouvais que je parlais plus vite que d'habitude... pour ne rien dire. J'avais l'impression de parler à un mur.
Arrivé au fast food, je me suis aperçu que je n'avais pas vraiment faim, j'avais comme envie de quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Comme si je respirais de l'air sans oxygène. D'ailleurs, je remarquais aussi que j'étais essoufflé. Mal à l'aise.
J'ai attendu que mon père finisse de manger et je lui ai expliqué que je me sentais vraiment bizarre.
Il m'a dit que c'était le stress. J'étais prêt à le croire sur ce coup. J'imaginais que le fait d'avoir été autant speed pendant plusieurs mois me rendait mal à l'aise au repos, mais pourquoi maintenant, ça j'en savais rien.
Je décidai donc de rentrer à la maison et de faire une sieste éspérant que mon corps comprenne qu'il fallait maintenant ralentir le rythme.

Arrivé à la maison, impossible de dormir. Et l'essoufflement devient encore plus désagréable allongé. C'est alors qu'arrive assez vite un mal de tête comme je n'ai jamais connu. Pulsatile. Qui me prend toute la tête. Mon père décide de prendre la tension: j'ai 11/6, mon coeur bat aux alentours des 70. Je n'ai donc rien selon lui. Pourtant je ressens quelque chose d'inhabituel. Je n'ai jamais ressenti cette sensation d'agitation et de malaise. J'ai le sentiment que ça ne va pas s'arrêter là, et j'ai raison. Le mal de tête progresse de plus en plus. Je commence à me sentir angoissé, puis vers 22h tout rentre dans l'ordre. Ouf! Je suis quand même un peu inquiet parce que je ne sais pas ce qu'il m'est arrivé. Et vu ce qu'il s'est passé lorsque j'ai eu mal au ventre, je ne suis pas vraiment rassuré.

Je me couche et je m'aperçois que j'ai du mal à dormir, j'ai mal au cou. Lorsque je me réveille au milieu de la nuit, la première chose qui m'accueille dans la réalité sont des vertiges et je suis forcé de constater que je ne me sens pas comme d'habitude.

Le deuxième jour, lorsque je me réveille, je suis seul dans la maison. Il y a la femme de ménage. Je décide de jouer à un jeu sur mon ordinateur. Depuis le temps que j'attends ça: glandouiller. Mais voilà, je n'arrive pas à me concentrer. Je me sens toujours trop agité pour me détendre. Rester assis sur une chaise me paraît impossible. Je ne m'amuse pas du tout. C'est comme la veille. La femme de ménage ouvre la porte et me parle. Je me rends compte que j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qu'elle dit. En fait, ça me donne même la nausée d'essayer. Pourtant je l'aime bien, mais là je ne sais pas quoi lui dire, je ne supporte plus de l'entendre parler. J'ai autant de mal à me concentrer sur ce qu'elle dit qu'à me concentrer sur mon jeu.

Je décide de me prendre un bon bain, généralement ça me change les idées. Peut-être que si je ne me focalise pas sur ce malaise, ça finira par passer mais c'est bien la première fois que je me sens si bizarre.

Je suis dans la baignoire, et rien ne s'arrange. Au contraire, je sens le mal de tête de la veille qui revient. Il est 11h. A chaque fois que je me lève, j'ai l'impression que ma tête va exploser. Pendant 2 secondes il ne se passe rien et d'un coup un battement tape sur le toit de mon crâne, le deuxième est pire et me prend autour des yeux, je l'entends claquer dans mes oreilles. Alors je dois corriger avec ma respiration pour encaisser le troisième. Lorsque j'inspire la douleur est momentanément plus supportable. Je fais l'erreur de tousser une fois, décharge infernale de douleur, vertige. Les changements de positions sont aussi à éviter. Tous mes muscles sont crispés pour ne pas que ma tête bouge. Je me réfugie dans le canapé du salon. Ce que je ne sais pas, c'est que je passerais la majorité des 10 jours suivants au même endroit.

Je regarde la télé. Le son me fatigue aussi. Entre midi et deux mon père rentre. Je lui explique mon problème. Il m'examine et me dit que je me fais des idées: je n'ai rien d'important, c'est le stress. Cette idée du stress qui fait exploser ma tête et contre lequel on ne peut rien faire commence à me perturber. Ca ne tient tellement pas debout que je ne sais pas quoi en penser.

Je me force à sortir, à voir un ami. Ça me permet de penser à autre chose même si le mal de tête est toujours là, la sensation de malaise indescriptible aussi. Quelques fois, j'ai des crises de bâillement qui me soulagent. Je n'ai jamais eu ça. Des bâillements très rapprochés les un des autres. Bizarre. Lorsque je rentre chez moi, j'ai tout à coup un malaise au volant, mon corps me donne l'impression d'être glacé, je rassemble toute mon énergie pour ne pas m'arrêter. Je ne sais pas ce qui m'arrive, j'ai l'impression que je disparais, que je deviens fou, je ne ressens plus rien. Je me réfugie dans mon lit. Mes parents dorment. Je n'ose pas les réveiller, je ne sais pas pourquoi.

Je passe une nuit difficile, un sommeil très superficiel avec beaucoup de réveils vertigineux J'angoisse surtout parce que je ne sais pas ce que j'ai, je n'y comprend rien. Le lendemain, au réveil, ça va mieux mais le mal de tête est cette fois-ci seulement diminué. Je le sens toujours.

Psychologiquement, je commence sérieusement à craquer. Je ne sais plus très bien ou en est ma vie. J'ai l'impression de vivre un cauchemar. On dirait que personne ne m'entend. Que petit à petit je m'éloigne de la réalité, ou que la réalité me rejette.

par WaXou publié dans : Souvenirs
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Mercredi 14 mai 2008
Je constate que lorsque je vois une porte s'ouvrir sur la vie, j'ai peur de la prendre.
J'ai peur de me trimbaler ma cage avec moi et de me retrouver dans une position encore plus inconfortable.
Ma cage me dérange tellement que je ne veux pas en sortir. Je ne veux pas approcher de ses barreaux quand bien même je crois y voir une brèche.
Mais si elle me dérange tant, pourquoi ne pas au moins être cohérent avec moi même et tenter d'en sortir, faire face à ma peur, rien que pour le geste. Pour rester moi même. Pour ne pas avoir à me retourner contre moi. Tout comme Jocelin se met à tourner en rond comme un fou lorsque j'ouvre son toit. Car même si je ne le sens que partiellement (?), je sais que c'est à ce comportement que tient la véritable cage, le veritable enfer. Et les barreaux ne seraient plus qu'accessoires.
Un fois la cage construite à l'intérieur de notre tête, on se sent moins enfermé, juste un peu - beaucoup - vide... et seul.
"Le cercle vicieux des pièges relationels qui ont été les notres."
Be the victim of our own design.
Ca doit être ça.

Je n'arrive même pas à comprendre pourquoi j'hésite.
La peur de ne pas savoir ce que je veux fait que je ne sais plus ce que je veux.
Je tourne en rond.
Comme Jocelin.


par WaXou publié dans : overhell
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Dimanche 11 mai 2008
Finalement je n'ai pas eu à aller voir Thib à Montpellier, c'est lui qui est venu à Toulon.
Repas chez son père. Comme à Noël. C'est à la fois désolant et heureux de constater que j'ai davantage l'impression de faire partie de leur famille que de la mienne.
Sa mère est vraiment bien redescendue sur terre, mais pas trop non plus. J'adore parler avec elle. J'ai confiance. Je peux parler de coeur à coeur. On dirait qu'elle n'a pas envie de perdre de temps avec ce qui détruit.

Son père a un oeil qui a une fâcheuse tendance à dévier. Encore plus qu'à Noël.
La solitude, les addictions et sa fierté auront sans doute raison de lui. J'ai une certaine affection pour lui car il aime faire en sorte que nous soyons à l'aise. Il a envie de parler de ses problèmes même si c'est pour se braquer lorsqu'on touche au but, il a autant envie de vivre qu'il en a peur. C'est pas moi qui vais lui reprocher ça.
Le reste de la soirée, passée dans le parking de la résidence n'a fait que réaffirmer nos affinités. Je suis toujours surpris de voir comment Thib a pu mûrir. Il est d'une bienveillance rare et il ne s'en rend pas vraiment compte. Il ne maltraite plus sa sensibilité. Il a une capacité d'empathie surprenante. Le seul truc qui lui manque c'est de se faire confiance.
Du coup on se donne mutuellement confiance. C'est super agréable.
Je comprends pourquoi j'ai aussi peu foi en mon potentiel dans le milieu des études médicales.
Ça n'a tout simplement rien à voir. Mais "sans le vinaigre, le miel ne serait pas le miel".

En sortant de l'appartement son père m'a lancé une pique en disant que j'étais aussi nul que les autres médecins puisque je n'étais pas capable de poser un diagnostic pour sa douleur de hanche. J'avais des dizaines d'excuses à rétorquer. Je ne suis pas encore médecin, je ne l'avais pas examiné, il cachait des informations, et il ne m'écoutait pas. D'autant plus que vu le terrain, le diagnostic le plus probable et ses causes étaient trop gênants à évoquer devant son attitude, autour d'une table.
Finalement j'ai vu que ce n'était pas moi qu'il fallait excuser. Alors je suis resté silencieux, un peu désolé.
C'est alors que son ex femme a dit: "il l'a fait le diagnostic mais tu n'es pas prêt à l'écouter, pourtant tu devrais en profiter  c'est très rare un médecin qui écoute avec son coeur comme ça!"
Il a répondu avec un sourire "Tu m'emmerde toi!", alors que je remarquais que ses deux yeux étaient réconciliés. J'ai rarement vu un aussi beau "rejet".
Au moment ou elle a dit ça, elle avait posé sa main sur mon coeur. J'ai senti comme un frisson d'énergie me traverser. C'était fluide, c'était doux et pas insistant du tout. Aucunement désagréable. Juste un peu déroutant.
Je ne sais pas si c'est l'idée qu'elle est spécialisée dans les massages énergétiques, si c'est de savoir qu'elle en a fait pleurer plus d'un rien qu'en touchant le dos, ou si c'est vraiment qu'elle a un don.
De toutes façons, que ce soit l'un ou l'autre, c'est tout aussi intéressant et appréciable.
Pourtant je ne suis pas très "chakra" ni "aura", mais il y a manifestement un noyau sur lequel on est aujourd'hui prêts à s'entendre.
Je suis curieux.

par WaXou publié dans : Spiritualité
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Samedi 10 mai 2008
"J'ai vu un psychiatre qui disait que la dépression chez l'adolescent c'était normal, qu'il fallait la suivre sans s'en inquiéter."

Comment discuter avec elle de ce que je pense de la dépression de l'adolescent, l'idée me paraît saugrenue. Pourquoi ce mot "normal" me semble aussi agressif venant d'elle alors que le verbe "suivre" paraît insignifiant?
Mais veut-elle vraiment que je parle de mon expérience?
Elle ne la connaît que trop bien.
Tout ce qui l'intéresse c'est de faire comme si c'était un sujet froid. Qui ne me concernait pas..
Comme s'il n'y avait jamais eu aucun problème mis à part dans ma tête.
Tout ça caché derrière cette fausse invitation à la discussion sur un sujet qui me tient à coeur.
Faut dire, dans ma famille, la discussion ne sert qu'à se persuader un peu plus qu'on a raison ou ne sert pas.
Depuis le temps j'ai fini par le comprendre.
Toutes les discussions sont des combats et elles commencent toujours de manière anodine.
Plutôt que de regarder ma haine en face, je te prends dans mes bras d'une manière tellement désagréable que tu vas me rejeter malgré toi. Tu vois, tu n'y peux rien, tu es incapable d'aimer ni d'être heureux, viens dans les bras de maman, démon. Pourquoi tu ne viens pas? Encore un autre de tes tours pour me rendre la vie impossible! Mais je t'accepte comme tu es, je te pardonne.
Quelle folie.
Double bind (*) à la con.

Tant que cette attitude me mettra en colère, c'est que j'aurais un coeur qui bat. Si c'est ça un démon, j'en suis un.
Voilà qui explique pourquoi le contact de sa main sur mon épaule m'est profondément insupportable.
Dire qu'à chaque fois je m'en suis voulu d'être aussi allergique à ce contact là. Me croyant allergique à l'amour.
Je m'étais bien fait avoir.
La haine déguisée en amour, c'est juste indigeste, comme une jolie tomate bien rouge farcie avec du vomi.
Un emballage familier qui cache un contenu destructeur.
L'amour simple ne s'emballe pas et passe comme du petit lait. C'est tout...
Voilà pourquoi faute de petit lait je me réfugiais dans l'eau tiède lorsque je n'en pouvais plus.
Heureusement que je ne me suis pas pris pour un sachet de thé.

Du coup je l'ai laissée répéter en boucle qu'elle n'avait rien à se reprocher parce que ma souffrance n'avait pas d'importance.
J'aimerais bien qu'elle ne culpabilise pas, mais faudrait qu'elle s'arrête de me cracher dessus.
Je me demande parfois comment j'ai fait pour ne pas -totalement- craquer.

(*)
"Cette situation donne naissance à une volonté de fuite. Lorsque cette fuite n'est pas possible au sens propre du terme (par exemple si l'on est économiquement ou socialement dépendant de la personne intimant l'un des deux ordres), la fuite peut avoir lieu dans un certain nombre de névroses ou de psychoses, parmi lesquelles la schizophrénie.
Le mécanisme a été étudié pour la première fois en 1950 par l'école de Palo-Alto."


Ils oublient juste la baignoire et la drogue.
La baignorite chronique, flemmardise idiopathique ou alternative à la schizophrénie?


par WaXou publié dans : overhell
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Vendredi 9 mai 2008

Dans ma chambre. Ma mère range des affaires dans mon placard. On revient du feu d'artifice du 14 Juillet. Je repense à ce final. Je n'ai jamais vibré comme ça. Surtout qu'à la fin, ils ont mis la musique de Top Gun. Je ne connais pas beaucoup de musiques mise à part celle là et celles de Johnny. Mais celle là est magique pour moi. Qu'ils la mettent pour le final m'a tout simplement donné l'impression de toucher à une sorte d'unité interhumaine, comme si on se comprenait tous dans la vibration, comme si on vibrait tous au fond de nous pour la même chose. J'en suis même persuadé sur le moment et j'ai envie de le dire.
 Mais voilà, j'ai 5 ans, et on ne m'a pas appris à exprimer ce genre de chose, probablement que lorsque je saurais l'exprimer j'aurais perdu une bonne partie de ma capacité à vibrer.
 Alors je me mets à pleurer sans savoir expliquer pourquoi à ma mère. Je lui explique quand même que c'est à cause de la musique de Top Gun. Parce que c'était beau.
Elle n'en revient pas. Moi non plus.
Heureusement que mes copains sont pas là.

Et voici ma traduction de la musique "The decline" de NoFX, qui me donne facilement le frisson.
Elle est longue mais vraiment belle je trouve.
Les paroles originales

D'où viennent tous les gens stupides?
Et comment ont-ils fait pour devenir si bêtes?
Élevés sur la chaîne de montagnes violettes
Nourris par des vagues de grains jaunes
Pour devenir des êtres humains déchus, zero sentiments.
(passage qui fait penser à Pigs des pink floyd)

Reprochons ça à la nature humaine, la destinée humaine
Reprochons ça à l'aviditocracie
La peur de Dieu
La peur du changement
La peur de la vérité

Ajoutons les droits de l'homme, enlevons ceux qui ne sont pas respectés
Il n'y a pas de réponse
Apprenons et chantons des chansons à paillettes étoilées (rapport à la fois aux chansons creuses et au drapeau américain)
Quand les questions ne sont pas même posées
Est-ce qu'on peut apprendre du passé?
On vit dans la stagnation unie

Père, qu'ai-je fait?
J'ai pris cette 22 (fusil de petit calibre qui remplace aux états unis la carabine à plomb des familles)
Un cadeau que tu m'avais fait
J'ai dormi avec chaque nuit
Je l'ai nettoyé
Je l'ai bien polie
Chéri chaque cartouche, chaque balle

En bas du ruisseau, sous les buissons, sous la saleté
Il y a la carcasse de ma deuxième victime
En bas vers le parc, sous la pierre, sous les pins
Il y a la carcasse de mon frère William
Mon frère ou es tu parti?
Je jure que je n'aurais jamais pensé en être capable
Je vois tellement de fois ou ils m'ont dit de tirer droit
N'appuie pas sur la gâchette, presse là pour être sûr de tuer.
Tuer c'est ce qu'on veut
Tuer c'est pour quoi nous sommes élevés.

Les Chrétiens aiment leurs flingues, l'église et la NRA (Rapport au christianisme extrémiste, proche du fanatisme)
Prions pour leur esclavage, Prions pour leur basse foi

Le livre de contes a été lu et chaque ligne crue
La destinée a été tracée, la logique est une menace
La raison recherchée et enfermée

Jerry a passé du temps dans le Michigan
Des vacances de 20 ans, après tout il avait 10 centimes
10 centimes valent beaucoup plus à Détroit
10 centimes en Californie, une amende de 20$

Jerry n'est resté que quelques mois (en prison)
Difficile de s'amuser lorsqu'on saigne du cul
Asphyxier quelqu'un c'est rapide et simple
Ça écrase 17 ans de fun d'être la pute de quelqu'un

Ne pense pas, reste
Bois ton vin, chez toi
Regarde le feu brûler, soit
Ce sont ses problèmes pas les miens (tranquille)
Il faut être un citoyen exemplaire, c'est tout.

J'aimerais avoir un schilling pour chaque meurtre stupide
Je pourrais racheter un gouvernement. L'amérique est à vendre
C'est une bonne affaire, avec du profit bien gras à la clé
Ou alors peut-être la déchirer
Partir dans l'hypothèse qu'un million de gens sont intelligents
Plus intelligent qu'une seule personne

La sérotonine est partie, elle a abandonné, balayée au loin (dans le cerveau la sérotonine donne la sensation de joie et d'amour)
Sara envolée, le processus de pensée disparu
Elle a laissé son répondeur allumé
Le message de salutation énoncé sincèrement
Des messages que personne n'entendra plus jamais.

10 000 messages par jour, un million d'autres restent victimes du "laisser faire"
10 000 voix, une centaine de flingues
100 décibels devienne qu'un
Une balle, une tête vide
Maintenant que la sérotonine est partie

L'homme habitué à parler pratique une jolie routine
Ils se sentent un peu au dessus
Ne vous sentez pas mal
Ils ont trouvé un chemin dans votre tête
Et vous vous sentez un peu trompés
Ce n'est pas qu'ils s'en fichent
La télévision met une pensée dans votre tête
Comme un jingle de Barry Manilow
J'aimerais apprendre au monde à chanter en harmonie parfaite
Un regard vide symphonique
Ça ne vous intéresse pas
Ce n'est pas fait pour vous intéresser
Ils parient que vous ne serez pas intéressés

Un pari sur ton avidité
A pari sur ta fierté
Pourquoi tenter de les battre quand un million d'autres on essayé?

Nous sommes des putains (we are the whore ressemble phonétiquement à we are the world)
Intellectuellement castrés
Nous sommes des ratés
Élevés de manière dysfonctionnelle

Encore une pilule pour tuer la douleur
Encore une pilule pour tuer la douleur
Encore une pilule pour tuer la douleur
De vivre dans la conformité

encore une prière pour être en sûreté
Encore une prière pour nous garder au chaud
encore une prière pour être tranquille
Il y aura un endroit meilleur

Perdue la bataille, perdue la guerre
Perdues les choses qui valaient qu'on vive pour elles
Perdue la volonté de gagner le combat
Encore une pilule pour tuer la douleur

Na na na na na...

Avancer devient difficile, la difficulté nous endette
Ne fais pas attention, paie le loyer
Paie pour tes péchés, un peu de foi devrait nous garder en sécurité.

Sauvez nous!
L'existence humaine manque d'une résistance essentielle
Le futur déjà écrit, les chances sont astronomiquement contre nous
Seul l'idiot et le génie livreraient une bataille déjà perdue
Contre le super ego
Lorsqu'abandonner reste putain d'arrangeant
Et ainsi nous continuons nos vies
On sait la vérité mais on préfère mentir
Les mensonges sont simples, la joie est simple
Pourquoi aller contre la tradition quand on peut admettre la défaite
Vivre dans le déclin
Être la victime de notre propre conception
Le statu quo basé sur les soupçons
Pourquoi quelqu'un voudrait t'il retirer son cou

Chers membres du club "Nous avons le notre"
J'aimerais vous présenter à notre hôte
Il a le sien, et j'ai le mien
Voici le déclin.


par WaXou publié dans : Musique
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Mardi 6 mai 2008

Je suis au feu devant la fac, en moto, je me retourne et je regarde derrière sans savoir pourquoi, et je vois une fille. Elle est jolie. Elle ressemble à ... non, faut que j'arrête de la voir partout. Je regarde le feu... mais quand même. Je me retourne encore... elle me fixe. J'arrive pas à savoir... si c'est elle, elle a vraiment minci. Je la trouve presque méconnaissable, sauf ses yeux. Toujours aussi pétillants. Je les connais par coeur, au micron près. C'est donc bien elle. Elle me reconnaît malgré le casque.

Toujours extrêmement souriante. A une époque, elle m'a dit que ces sourires étaient de la comédie. Elle me l'avait même prouvé en m'adressant un sourire qui, lui, brûlait de sincérité au même moment.
Elle sait que je m'en souviens. Je sais qu'elle aussi, mais on est bien obligé de faire comme si.

 Elle a fini ses examens, ses études de dentaire. Elle me dit qu'il faut qu'elle passe chez moi. Elle sait que c'est risqué. C'est probablement pour ça qu'elle m'a déjà posé 2 lapins après avoir proposé et qu'elle n'a tenu qu'à me voir avec du monde. Là où l'on est obligé de garder nos masques. Elle m'avait montré son portable avec en fond d'écran le plus beau cadeau qu'on lui avait fait à ses dires. C'était le mien, mais je ne sais pas si elle le sait. Si j'avais dit à l'époque que c'était mon idée, elle aurait compris que son petit ami, avec qui elle est encore, n'avait, lui, rien prévu ce jour là.
Ce genre de vérité, ça ne fait pas un trés beau cadeau d'anniversaire.
Je l'avais fait au milieu de la nuit en entraînant un ami avec moi, ce bonhomme de neige bien pataud. Elle l'avait découvert le lendemain matin. Pour moi, il voulait dire beaucoup car en le faisant, j'avais fait un choix difficile. Le choix de vouloir la voir heureuse plutôt que de vouloir lui prouver que sa relation était vide. 
Ce genre de choix laisse des traces indélébiles, même si la neige fond.
Je me demande encore si elle a compris ce qu'il s'était passé, au vu de cette photo sur son portable, 3 ans après. Si elle ne l'a pas compris, elle l'a manifestement senti.

Elle va se barrer à St Etienne avec son ami dans peu de temps. Si elle vient me voir, ce sera probablement la dernière fois que je la verrais. Ce sera sans doute l'occasion de tout lui avouer, maintenant que je n'ai plus rien à attendre de mes aveux.
Peut-être que ça me permettra de passer définitivement à autre chose, parce qu'au vu de cette formidable envie de pleurer que j'ai ressentie dans l'ascenseur du parking souterrain, c'est une blessure qui n'a pas encore cicatrisé.
Lorsque je lui ai dit "C'est dingue, t'as tellement minci que j'ai vraiment eu du mal à te reconnaître.", j'ai senti un malaise.
Je ne sais pas ce que c'est, mais une chose est certaine, j'ai toujours l'impression de voir en son coeur comme si je m'y trouvais...

par WaXou publié dans : overhell
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Lundi 5 mai 2008

J'ai eu l'occasion de retoucher à l'herbe presque par hasard. Et comme à chaque fois que j'y retouche, je suis surpris de retrouver plein de sensations que j'aime, une sorte de feeling de nature. D'enthousiasme. D'envie de faire des trucs, même de travailler, c'est dire le coté paradoxal.

A chaque fois, j'en arrive à cette conclusion: je suis bien plus supportable lorsque je suis dans cet état là, autant pour moi même que pour les autres.

Ce n'est pas directement l'effet qui est à l'origine de ce changement.  Comme disait Pookie lors de notre soirée, ça fait respirer, mais il y a avec un sentiment de nostalgie. Au début je n'ai pas compris, mais après je me suis rendu compte de ce qu'il voulait dire.

C'est ça que je ressentais dans mon dernier article. Ce sentiment de fraîcheur. Sauf que j'en ai profité plus directement, parce que je ne l'ai pas attribué qu'au cannabis. J'y goûtais déjà avant, lorsque je me suis dit "pourquoi pas?". L'effet m'a permis de transformer l'essai mais ce n'était pas ce que je cherchais à l'origine. J'étais dans un état d'esprit d'ouverture. Pas dans l'idée de me défoncer. Et le joint a été un catalyseur. En cela, il m'a fait du bien.

Mais si j'ai du stopper net ma consommation il y a quelques années, c'est bien pour une raison.

C'est que comme pour tout, on finit par confondre le catalyseur et le fruit de la réaction jusqu'à en oublier les réactifs. On croit qu'en ajoutant un max de sel dans l'eau, celle-ci va tellement dégeler qu'elle va être encore et encore plus fluide alors que passé un seuil elle le devient de moins en moins, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que du sel humide. S'il n'y a plus rien à dégeler, ça ne marche plus. On n'est plus dans l'ouverture à un changement d'état, on est dans une nouvelle volonté de cristallisation. Et finalement ça regèle d'une façon... plus salée.

Je crois que l'idée, comme le suggérait la vidéo de south park concernant la discipline, c'est encore cette modération.

La modération, ce n'est pas, comme on pourrait le croire, synonyme de moyen, de sans vie, de plat. Au contraire, la modération permet de garder un état d'esprit frais, et pas uniquement au cours du bref passage entre deux états. Un état d'esprit réceptif, ouvert, souple et sensible. Donc particulièrement vivant.

Je crois que la difficulté avec le cannabis (et certainement avec d'autres drogues pas trop dures), c'est que lorsqu'on se l'est complètement interdit presque en le diabolisant (on a l'impression que c'est plus facile comme ça, c'est humain) on a comme rigidifié, embolisé une partie de soi. On jette le bébé avec l'eau du bain. Un peu comme on a tendance à faire lorsqu'on quitte une personne qu'on aime, ou lorsqu'on se fait rejeter. C'est la même problématique. Non pas que l'attirance pour une drogue et une personne soient similaires, c'est plutôt la manière de s'en soustraire, l'étiquetage crispé, qui est le même.

Du coup lorsqu'on a oublié cet étiquetage et qu'on regarde ce qu'il y a derrière, on se rend compte que notre amour n'a pas cessé. Que nous nous y sommes fermé. Pour la drogue, on remarque qu'on a zappé tout le bon pour ne garder que le mauvais en souvenir. Et sur le moment, on ne voit plus que le bon et on est prêt à recommencer les même erreurs.

Pour la personne, on va oublier que malgré notre lien profond redécouvert, les conditions restent les mêmes: ce lien risque de nous faire souffrir, d'une manière ou d'une autre, mais surtout si on veut l'exploiter. Or, on sera tenté, surtout si on vient de le redécouvrir et qu'il nous apporte un sentiment de fraîcheur dont nous avions besoin. On est vulnérabilisé. Mais accepter cette vulnérabilité, c'est aussi une manière de faire honneur à ce lien, ou tout du moins de ne pas lui faire violence.

Pour la drogue, on va oublier qu'on va être tenté d'exploiter l'effet. Qu'on va finir par la prendre pour un médicament de l'âme, c'est déjà ce qui arrive lorsqu'on se dit " Alors ce que je ressens, c'est à cause de ça?", alors que ce qui nous a fait du bien à l'âme, en en reprenant, c'est de laisser vivre cette partie de soi que nous avions enfermée. L'effet en lui même n'a fait que pousser une porte déjà déverrouillée.
Et lorsqu'aprés 3 mois de consommation régulière on fume un joint totalement machinalement, le plaisir n'est plus là, et c'est la défonce terne, abrutissante, qui nous fait faire une sieste ou un bad trip si on est stressé.
On est alors prêt à diaboliser cette substance à laquelle on en veut de ne finalement rien nous apporter. On se dit qu'elle nous a encore bien eus, sans se rendre compte qu'on est encore entrain de se faire avoir. Nous allons encore mettre dans un sac la plante pourrie qu'on a trop arrosée parce qu'on ne sait plus quoi faire avec elle et son odeur. L'eau ne marche plus, et l'attente ne paraît pas envisageable. Et pourtant, cette attente c'est aussi un acte, à l'origine. Un choix.
Et mieux vaut s'en rendre compte avant que tout soit pourri.

Ps: à savoir quand même que si j'ai pris le cannabis pour exemple, ce n'est encore une fois pas la substance qui compte mais l'attitude que représente pour soi sa consommation. Si en me lisant on se dit "tiens je vais fumer du cannabis, si ça me rend plus supportable" cela n'aura rien à voir avec l'attitude d'ouverture dont je parle.

Pour illustrer cet article, j'ai fait un petit montage d'un épisode de south park assez proche dans l'idée. Cependant, une nuance, le personnage n'a pas l'occasion de se cristalliser dans la drogue.

On pourra y voir quand même la même ouverture à soi, la sortie des limites bien trop serrées (comme sa cravate) qu'on s'était fixées et qui ne nous laissaient plus respirer, et le rejet en bloc de cette expérience une fois que les étiquettes ont repris leur importance. "Même l'argent n'avait plus d'importance!", c'est dire.
J'aime bien aussi le premier joint. Il accepte de le fumer car il n'a plus rien à perdre. Pas pour s'anesthésier l'esprit ou devenir cool. Et c'est cette attitude qui une fois catalysée par le joint lui donne un si bon trip que le clochard ne comprend pas.
A noter que le "college" signifie en fait  "université".


par WaXou publié dans : Spiritualité
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Dimanche 4 mai 2008

En ce moment, il y a du changement.
Je serais toujours très étonné de voir comme tout peut sembler s'enkyster dans une inertie bien sûre d'elle, alors qu'un beau jour on se réveille dans un monde ou tout ce sur quoi on s'appuyait -mal- est entrain de vaciller ou de se transformer.

Il suffit par exemple de réaliser que les quelques visiteurs de son blog sont précisément des personnes qui ont une attitude qui nous émerveille assez fort alors que ce n'est quand même pas très courant.

Mais à part ça, lorsqu'on est dans la peau d'un externe, il suffit d'attendre 3 mois et on verra changer: l'heure du coucher, l'heure du réveil, l'endroit ou on va le matin, les coexternes (ouf!), les internes, le type de travail demandé avec les révisions qui se font très très proches et ce soleil qui commence à arriver en force.

Si à ça on rajoute le fait qu'enfin je peux faire un peu de moto car elle est en règle (merci Colinette pour ton soutien) que grâce à cette joie du déplacement intra embouteillage marseillais on a plus facilement l'occasion d'aller voir un ami qui nous surprend par sa capacité à se sortir de ses chaînes  malgré des circonstances délicates.

Il suffira de se faire une soirée guitare avec un ami expérimenté en la matière, autour d'un demi cône et d'un câble d'ampli ressuscité qui finalement implosera en pleine impro en émettant un "pok!" sono-lumineux (qui fera joliment sourire celui là qui ne sourit jamais) pour se rendre compte que le monde est rempli d'inattendu. Qu'il peut être toujours aussi frais que ces premiers matins que je passais au Sénégal dans le jardin et ses alentours à découvrir cette riche atmosphère de nature dans laquelle je me sentais comme avec un troisième poumon.

Une fraîcheur qui pourtant dégivre.

Ça sert à rien de le dire mais je le dis quand même: ça fait du bien.

Même Jocelin, mon lapin adorateur de la main-qui-fait-pleuvoir-de-la-bouffe, a l'air tout frais dans sa paille renouvelée: il court très très vite en rond dans sa cage alors que le toit est ouvert depuis 2 heures.
La main céleste va t-elle l'emmener avec elle pour un monde plus vaste (le balcon)?


par WaXou publié dans : overhell communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
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Samedi 3 mai 2008

Lorsque je regarde mon avant dernier article, j'ai l'impression d'être un gamin qui fait le pitre pour attirer l'attention de ses parents. Je ne sais pas trop pourquoi.
Il y a peu, je regardais super Nanny (décidément je suis démasqué), il y avait un gamin terrible qui faisait des trucs étranges. Par exemple, il prenait son vélo et au lieu de s'amuser avec, il rentrait dans les murs, dans les obstacles et se bloquait pour attendre que ses parents viennent le débloquer, excédés.
 En fait il ne faisait pas du vélo pour s'amuser ou pour lui. Il faisait du vélo pour que ses parents fassent attention à lui. C'est pour ça qu'il faisait le pitre. Ou plutôt, qu'il n'agissait pas normalement. Il fallait qu'il fasse quelque chose d'étonnant, qui ne soit pas "normal", qui manquait de sens.
Pas pour les énerver. Pas pour les tester ou les épuiser. Pas pour les chercher (dû moins pas dans le sens "provoquer"). Juste parce qu'il avait besoin d'attention.
Ses parents croyaient qu'il faisait du vélo pour lui mais c'était faux. Il ne s'amusait pas. Son sourire n'était qu'un masque, fait pour attirer. Pour dire "je suis gentil". Il était pourtant perçu comme machiavélique.  
Et comme son attitude n'était pas comprise et qu'il se faisait rejeter, il manquait toujours d'attention et faisait de plus en plus le pitre. En fait, il ne faisait jamais plus rien pour lui. C'était un gamin qui ne vivait plus tellement il était occupé à demander une attention qu'on lui refusait... parce qu'il ne vivait plus.

Si ça c'est pas un cercle vicieux.

Ce qui m'a marqué aussi, c'est lorsque je l'ai vu dans sa chambre une fois puni. Lorsqu'il n'était pas occupé à faire le pitre, il ne savait vraiment pas quoi faire, il n'avait envie de rien et invariablement il refaisait des bêtises.
Même lui avait l'air de ne pas comprendre pourquoi il faisait ça.

Dans mon article, au lieu d'avoir fait le pitre, j'ai plus fait "regardez comme je fais de jolis cercles tout colorés et qui se croisent, avec ma pensée."
Ce n'est pas "mal" ou honteux. C'est juste que je n'ai pas dessiné pour moi.
Sinon j'aurais pas fait des ronds.
Quelle idée.

"This isn't me I'm not mechanical, I'm just a boy, playing suicide king.
I am suicide king."
Marilyn manson - Mechanical animals

par WaXou publié dans : overhell
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