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Samedi 10 mai 2008
"J'ai vu un psychiatre qui disait que la dépression chez l'adolescent c'était normal, qu'il fallait la suivre sans s'en inquiéter."

Comment discuter avec elle de ce que je pense de la dépression de l'adolescent, l'idée me paraît saugrenue. Pourquoi ce mot "normal" me semble aussi agressif venant d'elle alors que le verbe "suivre" paraît insignifiant?
Mais veut-elle vraiment que je parle de mon expérience?
Elle ne la connaît que trop bien.
Tout ce qui l'intéresse c'est de faire comme si c'était un sujet froid. Qui ne me concernait pas..
Comme s'il n'y avait jamais eu aucun problème mis à part dans ma tête.
Tout ça caché derrière cette fausse invitation à la discussion sur un sujet qui me tient à coeur.
Faut dire, dans ma famille, la discussion ne sert qu'à se persuader un peu plus qu'on a raison ou ne sert pas.
Depuis le temps j'ai fini par le comprendre.
Toutes les discussions sont des combats et elles commencent toujours de manière anodine.
Plutôt que de regarder ma haine en face, je te prends dans mes bras d'une manière tellement désagréable que tu vas me rejeter malgré toi. Tu vois, tu n'y peux rien, tu es incapable d'aimer ni d'être heureux, viens dans les bras de maman, démon. Pourquoi tu ne viens pas? Encore un autre de tes tours pour me rendre la vie impossible! Mais je t'accepte comme tu es, je te pardonne.
Quelle folie.
Double bind (*) à la con.

Tant que cette attitude me mettra en colère, c'est que j'aurais un coeur qui bat. Si c'est ça un démon, j'en suis un.
Voilà qui explique pourquoi le contact de sa main sur mon épaule m'est profondément insupportable.
Dire qu'à chaque fois je m'en suis voulu d'être aussi allergique à ce contact là. Me croyant allergique à l'amour.
Je m'étais bien fait avoir.
La haine déguisée en amour, c'est juste indigeste, comme une jolie tomate bien rouge farcie avec du vomi.
Un emballage familier qui cache un contenu destructeur.
L'amour simple ne s'emballe pas et passe comme du petit lait. C'est tout...
Voilà pourquoi faute de petit lait je me réfugiais dans l'eau tiède lorsque je n'en pouvais plus.
Heureusement que je ne me suis pas pris pour un sachet de thé.

Du coup je l'ai laissée répéter en boucle qu'elle n'avait rien à se reprocher parce que ma souffrance n'avait pas d'importance.
J'aimerais bien qu'elle ne culpabilise pas, mais faudrait qu'elle s'arrête de me cracher dessus.
Je me demande parfois comment j'ai fait pour ne pas -totalement- craquer.

(*)
"Cette situation donne naissance à une volonté de fuite. Lorsque cette fuite n'est pas possible au sens propre du terme (par exemple si l'on est économiquement ou socialement dépendant de la personne intimant l'un des deux ordres), la fuite peut avoir lieu dans un certain nombre de névroses ou de psychoses, parmi lesquelles la schizophrénie.
Le mécanisme a été étudié pour la première fois en 1950 par l'école de Palo-Alto."


Ils oublient juste la baignoire et la drogue.
La baignorite chronique, flemmardise idiopathique ou alternative à la schizophrénie?


par WaXou publié dans : overhell
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Vendredi 9 mai 2008

Dans ma chambre. Ma mère range des affaires dans mon placard. On revient du feu d'artifice du 14 Juillet. Je repense à ce final. Je n'ai jamais vibré comme ça. Surtout qu'à la fin, ils ont mis la musique de Top Gun. Je ne connais pas beaucoup de musiques mise à part celle là et celles de Johnny. Mais celle là est magique pour moi. Qu'ils la mettent pour le final m'a tout simplement donné l'impression de toucher à une sorte d'unité interhumaine, comme si on se comprenait tous dans la vibration, comme si on vibrait tous au fond de nous pour la même chose. J'en suis même persuadé sur le moment et j'ai envie de le dire.
 Mais voilà, j'ai 5 ans, et on ne m'a pas appris à exprimer ce genre de chose, probablement que lorsque je saurais l'exprimer j'aurais perdu une bonne partie de ma capacité à vibrer.
 Alors je me mets à pleurer sans savoir expliquer pourquoi à ma mère. Je lui explique quand même que c'est à cause de la musique de Top Gun. Parce que c'était beau.
Elle n'en revient pas. Moi non plus.
Heureusement que mes copains sont pas là.

Et voici ma traduction de la musique "The decline" de NoFX, qui me donne facilement le frisson.
Elle est longue mais vraiment belle je trouve.
Les paroles originales

D'où viennent tous les gens stupides?
Et comment ont-ils fait pour devenir si bêtes?
Élevés sur la chaîne de montagnes violettes
Nourris par des vagues de grains jaunes
Pour devenir des êtres humains déchus, zero sentiments.
(passage qui fait penser à Pigs des pink floyd)

Reprochons ça à la nature humaine, la destinée humaine
Reprochons ça à l'aviditocracie
La peur de Dieu
La peur du changement
La peur de la vérité

Ajoutons les droits de l'homme, enlevons ceux qui ne sont pas respectés
Il n'y a pas de réponse
Apprenons et chantons des chansons à paillettes étoilées (rapport à la fois aux chansons creuses et au drapeau américain)
Quand les questions ne sont pas même posées
Est-ce qu'on peut apprendre du passé?
On vit dans la stagnation unie

Père, qu'ai-je fait?
J'ai pris cette 22 (fusil de petit calibre qui remplace aux états unis la carabine à plomb des familles)
Un cadeau que tu m'avais fait
J'ai dormi avec chaque nuit
Je l'ai nettoyé
Je l'ai bien polie
Chéri chaque cartouche, chaque balle

En bas du ruisseau, sous les buissons, sous la saleté
Il y a la carcasse de ma deuxième victime
En bas vers le parc, sous la pierre, sous les pins
Il y a la carcasse de mon frère William
Mon frère ou es tu parti?
Je jure que je n'aurais jamais pensé en être capable
Je vois tellement de fois ou ils m'ont dit de tirer droit
N'appuie pas sur la gâchette, presse là pour être sûr de tuer.
Tuer c'est ce qu'on veut
Tuer c'est pour quoi nous sommes élevés.

Les Chrétiens aiment leurs flingues, l'église et la NRA (Rapport au christianisme extrémiste, proche du fanatisme)
Prions pour leur esclavage, Prions pour leur basse foi

Le livre de contes a été lu et chaque ligne crue
La destinée a été tracée, la logique est une menace
La raison recherchée et enfermée

Jerry a passé du temps dans le Michigan
Des vacances de 20 ans, après tout il avait 10 centimes
10 centimes valent beaucoup plus à Détroit
10 centimes en Californie, une amende de 20$

Jerry n'est resté que quelques mois (en prison)
Difficile de s'amuser lorsqu'on saigne du cul
Asphyxier quelqu'un c'est rapide et simple
Ça écrase 17 ans de fun d'être la pute de quelqu'un

Ne pense pas, reste
Bois ton vin, chez toi
Regarde le feu brûler, soit
Ce sont ses problèmes pas les miens (tranquille)
Il faut être un citoyen exemplaire, c'est tout.

J'aimerais avoir un schilling pour chaque meurtre stupide
Je pourrais racheter un gouvernement. L'amérique est à vendre
C'est une bonne affaire, avec du profit bien gras à la clé
Ou alors peut-être la déchirer
Partir dans l'hypothèse qu'un million de gens sont intelligents
Plus intelligent qu'une seule personne

La sérotonine est partie, elle a abandonné, balayée au loin (dans le cerveau la sérotonine donne la sensation de joie et d'amour)
Sara envolée, le processus de pensée disparu
Elle a laissé son répondeur allumé
Le message de salutation énoncé sincèrement
Des messages que personne n'entendra plus jamais.

10 000 messages par jour, un million d'autres restent victimes du "laisser faire"
10 000 voix, une centaine de flingues
100 décibels devienne qu'un
Une balle, une tête vide
Maintenant que la sérotonine est partie

L'homme habitué à parler pratique une jolie routine
Ils se sentent un peu au dessus
Ne vous sentez pas mal
Ils ont trouvé un chemin dans votre tête
Et vous vous sentez un peu trompés
Ce n'est pas qu'ils s'en fichent
La télévision met une pensée dans votre tête
Comme un jingle de Barry Manilow
J'aimerais apprendre au monde à chanter en harmonie parfaite
Un regard vide symphonique
Ça ne vous intéresse pas
Ce n'est pas fait pour vous intéresser
Ils parient que vous ne serez pas intéressés

Un pari sur ton avidité
A pari sur ta fierté
Pourquoi tenter de les battre quand un million d'autres on essayé?

Nous sommes des putains (we are the whore ressemble phonétiquement à we are the world)
Intellectuellement castrés
Nous sommes des ratés
Élevés de manière dysfonctionnelle

Encore une pilule pour tuer la douleur
Encore une pilule pour tuer la douleur
Encore une pilule pour tuer la douleur
De vivre dans la conformité

encore une prière pour être en sûreté
Encore une prière pour nous garder au chaud
encore une prière pour être tranquille
Il y aura un endroit meilleur

Perdue la bataille, perdue la guerre
Perdues les choses qui valaient qu'on vive pour elles
Perdue la volonté de gagner le combat
Encore une pilule pour tuer la douleur

Na na na na na...

Avancer devient difficile, la difficulté nous endette
Ne fais pas attention, paie le loyer
Paie pour tes péchés, un peu de foi devrait nous garder en sécurité.

Sauvez nous!
L'existence humaine manque d'une résistance essentielle
Le futur déjà écrit, les chances sont astronomiquement contre nous
Seul l'idiot et le génie livreraient une bataille déjà perdue
Contre le super ego
Lorsqu'abandonner reste putain d'arrangeant
Et ainsi nous continuons nos vies
On sait la vérité mais on préfère mentir
Les mensonges sont simples, la joie est simple
Pourquoi aller contre la tradition quand on peut admettre la défaite
Vivre dans le déclin
Être la victime de notre propre conception
Le statu quo basé sur les soupçons
Pourquoi quelqu'un voudrait t'il retirer son cou

Chers membres du club "Nous avons le notre"
J'aimerais vous présenter à notre hôte
Il a le sien, et j'ai le mien
Voici le déclin.


par WaXou publié dans : Musique
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Mardi 6 mai 2008

Je suis au feu devant la fac, en moto, je me retourne et je regarde derrière sans savoir pourquoi, et je vois une fille. Elle est jolie. Elle ressemble à ... non, faut que j'arrête de la voir partout. Je regarde le feu... mais quand même. Je me retourne encore... elle me fixe. J'arrive pas à savoir... si c'est elle, elle a vraiment minci. Je la trouve presque méconnaissable, sauf ses yeux. Toujours aussi pétillants. Je les connais par coeur, au micron près. C'est donc bien elle. Elle me reconnaît malgré le casque.

Toujours extrêmement souriante. A une époque, elle m'a dit que ces sourires étaient de la comédie. Elle me l'avait même prouvé en m'adressant un sourire qui, lui, brûlait de sincérité au même moment.
Elle sait que je m'en souviens. Je sais qu'elle aussi, mais on est bien obligé de faire comme si.

 Elle a fini ses examens, ses études de dentaire. Elle me dit qu'il faut qu'elle passe chez moi. Elle sait que c'est risqué. C'est probablement pour ça qu'elle m'a déjà posé 2 lapins après avoir proposé et qu'elle n'a tenu qu'à me voir avec du monde. Là où l'on est obligé de garder nos masques. Elle m'avait montré son portable avec en fond d'écran le plus beau cadeau qu'on lui avait fait à ses dires. C'était le mien, mais je ne sais pas si elle le sait. Si j'avais dit à l'époque que c'était mon idée, elle aurait compris que son petit ami, avec qui elle est encore, n'avait, lui, rien prévu ce jour là.
Ce genre de vérité, ça ne fait pas un trés beau cadeau d'anniversaire.
Je l'avais fait au milieu de la nuit en entraînant un ami avec moi, ce bonhomme de neige bien pataud. Elle l'avait découvert le lendemain matin. Pour moi, il voulait dire beaucoup car en le faisant, j'avais fait un choix difficile. Le choix de vouloir la voir heureuse plutôt que de vouloir lui prouver que sa relation était vide. 
Ce genre de choix laisse des traces indélébiles, même si la neige fond.
Je me demande encore si elle a compris ce qu'il s'était passé, au vu de cette photo sur son portable, 3 ans après. Si elle ne l'a pas compris, elle l'a manifestement senti.

Elle va se barrer à St Etienne avec son ami dans peu de temps. Si elle vient me voir, ce sera probablement la dernière fois que je la verrais. Ce sera sans doute l'occasion de tout lui avouer, maintenant que je n'ai plus rien à attendre de mes aveux.
Peut-être que ça me permettra de passer définitivement à autre chose, parce qu'au vu de cette formidable envie de pleurer que j'ai ressentie dans l'ascenseur du parking souterrain, c'est une blessure qui n'a pas encore cicatrisé.
Lorsque je lui ai dit "C'est dingue, t'as tellement minci que j'ai vraiment eu du mal à te reconnaître.", j'ai senti un malaise.
Je ne sais pas ce que c'est, mais une chose est certaine, j'ai toujours l'impression de voir en son coeur comme si je m'y trouvais...

par WaXou publié dans : overhell
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Lundi 5 mai 2008

J'ai eu l'occasion de retoucher à l'herbe presque par hasard. Et comme à chaque fois que j'y retouche, je suis surpris de retrouver plein de sensations que j'aime, une sorte de feeling de nature. D'enthousiasme. D'envie de faire des trucs, même de travailler, c'est dire le coté paradoxal.

A chaque fois, j'en arrive à cette conclusion: je suis bien plus supportable lorsque je suis dans cet état là, autant pour moi même que pour les autres.

Ce n'est pas directement l'effet qui est à l'origine de ce changement.  Comme disait Pookie lors de notre soirée, ça fait respirer, mais il y a avec un sentiment de nostalgie. Au début je n'ai pas compris, mais après je me suis rendu compte de ce qu'il voulait dire.

C'est ça que je ressentais dans mon dernier article. Ce sentiment de fraîcheur. Sauf que j'en ai profité plus directement, parce que je ne l'ai pas attribué qu'au cannabis. J'y goûtais déjà avant, lorsque je me suis dit "pourquoi pas?". L'effet m'a permis de transformer l'essai mais ce n'était pas ce que je cherchais à l'origine. J'étais dans un état d'esprit d'ouverture. Pas dans l'idée de me défoncer. Et le joint a été un catalyseur. En cela, il m'a fait du bien.

Mais si j'ai du stopper net ma consommation il y a quelques années, c'est bien pour une raison.

C'est que comme pour tout, on finit par confondre le catalyseur et le fruit de la réaction jusqu'à en oublier les réactifs. On croit qu'en ajoutant un max de sel dans l'eau, celle-ci va tellement dégeler qu'elle va être encore et encore plus fluide alors que passé un seuil elle le devient de moins en moins, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que du sel humide. S'il n'y a plus rien à dégeler, ça ne marche plus. On n'est plus dans l'ouverture à un changement d'état, on est dans une nouvelle volonté de cristallisation. Et finalement ça regèle d'une façon... plus salée.

Je crois que l'idée, comme le suggérait la vidéo de south park concernant la discipline, c'est encore cette modération.

La modération, ce n'est pas, comme on pourrait le croire, synonyme de moyen, de sans vie, de plat. Au contraire, la modération permet de garder un état d'esprit frais, et pas uniquement au cours du bref passage entre deux états. Un état d'esprit réceptif, ouvert, souple et sensible. Donc particulièrement vivant.

Je crois que la difficulté avec le cannabis (et certainement avec d'autres drogues pas trop dures), c'est que lorsqu'on se l'est complètement interdit presque en le diabolisant (on a l'impression que c'est plus facile comme ça, c'est humain) on a comme rigidifié, embolisé une partie de soi. On jette le bébé avec l'eau du bain. Un peu comme on a tendance à faire lorsqu'on quitte une personne qu'on aime, ou lorsqu'on se fait rejeter. C'est la même problématique. Non pas que l'attirance pour une drogue et une personne soient similaires, c'est plutôt la manière de s'en soustraire, l'étiquetage crispé, qui est le même.

Du coup lorsqu'on a oublié cet étiquetage et qu'on regarde ce qu'il y a derrière, on se rend compte que notre amour n'a pas cessé. Que nous nous y sommes fermé. Pour la drogue, on remarque qu'on a zappé tout le bon pour ne garder que le mauvais en souvenir. Et sur le moment, on ne voit plus que le bon et on est prêt à recommencer les même erreurs.

Pour la personne, on va oublier que malgré notre lien profond redécouvert, les conditions restent les mêmes: ce lien risque de nous faire souffrir, d'une manière ou d'une autre, mais surtout si on veut l'exploiter. Or, on sera tenté, surtout si on vient de le redécouvrir et qu'il nous apporte un sentiment de fraîcheur dont nous avions besoin. On est vulnérabilisé. Mais accepter cette vulnérabilité, c'est aussi une manière de faire honneur à ce lien, ou tout du moins de ne pas lui faire violence.

Pour la drogue, on va oublier qu'on va être tenté d'exploiter l'effet. Qu'on va finir par la prendre pour un médicament de l'âme, c'est déjà ce qui arrive lorsqu'on se dit " Alors ce que je ressens, c'est à cause de ça?", alors que ce qui nous a fait du bien à l'âme, en en reprenant, c'est de laisser vivre cette partie de soi que nous avions enfermée. L'effet en lui même n'a fait que pousser une porte déjà déverrouillée.
Et lorsqu'aprés 3 mois de consommation régulière on fume un joint totalement machinalement, le plaisir n'est plus là, et c'est la défonce terne, abrutissante, qui nous fait faire une sieste ou un bad trip si on est stressé.
On est alors prêt à diaboliser cette substance à laquelle on en veut de ne finalement rien nous apporter. On se dit qu'elle nous a encore bien eus, sans se rendre compte qu'on est encore entrain de se faire avoir. Nous allons encore mettre dans un sac la plante pourrie qu'on a trop arrosée parce qu'on ne sait plus quoi faire avec elle et son odeur. L'eau ne marche plus, et l'attente ne paraît pas envisageable. Et pourtant, cette attente c'est aussi un acte, à l'origine. Un choix.
Et mieux vaut s'en rendre compte avant que tout soit pourri.

Ps: à savoir quand même que si j'ai pris le cannabis pour exemple, ce n'est encore une fois pas la substance qui compte mais l'attitude que représente pour soi sa consommation. Si en me lisant on se dit "tiens je vais fumer du cannabis, si ça me rend plus supportable" cela n'aura rien à voir avec l'attitude d'ouverture dont je parle.

Pour illustrer cet article, j'ai fait un petit montage d'un épisode de south park assez proche dans l'idée. Cependant, une nuance, le personnage n'a pas l'occasion de se cristalliser dans la drogue.

On pourra y voir quand même la même ouverture à soi, la sortie des limites bien trop serrées (comme sa cravate) qu'on s'était fixées et qui ne nous laissaient plus respirer, et le rejet en bloc de cette expérience une fois que les étiquettes ont repris leur importance. "Même l'argent n'avait plus d'importance!", c'est dire.
J'aime bien aussi le premier joint. Il accepte de le fumer car il n'a plus rien à perdre. Pas pour s'anesthésier l'esprit ou devenir cool. Et c'est cette attitude qui une fois catalysée par le joint lui donne un si bon trip que le clochard ne comprend pas.
A noter que le "college" signifie en fait  "université".


par WaXou publié dans : Spiritualité
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Dimanche 4 mai 2008

En ce moment, il y a du changement.
Je serais toujours très étonné de voir comme tout peut sembler s'enkyster dans une inertie bien sûre d'elle, alors qu'un beau jour on se réveille dans un monde ou tout ce sur quoi on s'appuyait -mal- est entrain de vaciller ou de se transformer.

Il suffit par exemple de réaliser que les quelques visiteurs de son blog sont précisément des personnes qui ont une attitude qui nous émerveille assez fort alors que ce n'est quand même pas très courant.

Mais à part ça, lorsqu'on est dans la peau d'un externe, il suffit d'attendre 3 mois et on verra changer: l'heure du coucher, l'heure du réveil, l'endroit ou on va le matin, les coexternes (ouf!), les internes, le type de travail demandé avec les révisions qui se font très très proches et ce soleil qui commence à arriver en force.

Si à ça on rajoute le fait qu'enfin je peux faire un peu de moto car elle est en règle (merci Colinette pour ton soutien) que grâce à cette joie du déplacement intra embouteillage marseillais on a plus facilement l'occasion d'aller voir un ami qui nous surprend par sa capacité à se sortir de ses chaînes  malgré des circonstances délicates.

Il suffira de se faire une soirée guitare avec un ami expérimenté en la matière, autour d'un demi cône et d'un câble d'ampli ressuscité qui finalement implosera en pleine impro en émettant un "pok!" sono-lumineux (qui fera joliment sourire celui là qui ne sourit jamais) pour se rendre compte que le monde est rempli d'inattendu. Qu'il peut être toujours aussi frais que ces premiers matins que je passais au Sénégal dans le jardin et ses alentours à découvrir cette riche atmosphère de nature dans laquelle je me sentais comme avec un troisième poumon.

Une fraîcheur qui pourtant dégivre.

Ça sert à rien de le dire mais je le dis quand même: ça fait du bien.

Même Jocelin, mon lapin adorateur de la main-qui-fait-pleuvoir-de-la-bouffe, a l'air tout frais dans sa paille renouvelée: il court très très vite en rond dans sa cage alors que le toit est ouvert depuis 2 heures.
La main céleste va t-elle l'emmener avec elle pour un monde plus vaste (le balcon)?


par WaXou publié dans : overhell communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
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Samedi 3 mai 2008

Lorsque je regarde mon avant dernier article, j'ai l'impression d'être un gamin qui fait le pitre pour attirer l'attention de ses parents. Je ne sais pas trop pourquoi.
Il y a peu, je regardais super Nanny (décidément je suis démasqué), il y avait un gamin terrible qui faisait des trucs étranges. Par exemple, il prenait son vélo et au lieu de s'amuser avec, il rentrait dans les murs, dans les obstacles et se bloquait pour attendre que ses parents viennent le débloquer, excédés.
 En fait il ne faisait pas du vélo pour s'amuser ou pour lui. Il faisait du vélo pour que ses parents fassent attention à lui. C'est pour ça qu'il faisait le pitre. Ou plutôt, qu'il n'agissait pas normalement. Il fallait qu'il fasse quelque chose d'étonnant, qui ne soit pas "normal", qui manquait de sens.
Pas pour les énerver. Pas pour les tester ou les épuiser. Pas pour les chercher (dû moins pas dans le sens "provoquer"). Juste parce qu'il avait besoin d'attention.
Ses parents croyaient qu'il faisait du vélo pour lui mais c'était faux. Il ne s'amusait pas. Son sourire n'était qu'un masque, fait pour attirer. Pour dire "je suis gentil". Il était pourtant perçu comme machiavélique.  
Et comme son attitude n'était pas comprise et qu'il se faisait rejeter, il manquait toujours d'attention et faisait de plus en plus le pitre. En fait, il ne faisait jamais plus rien pour lui. C'était un gamin qui ne vivait plus tellement il était occupé à demander une attention qu'on lui refusait... parce qu'il ne vivait plus.

Si ça c'est pas un cercle vicieux.

Ce qui m'a marqué aussi, c'est lorsque je l'ai vu dans sa chambre une fois puni. Lorsqu'il n'était pas occupé à faire le pitre, il ne savait vraiment pas quoi faire, il n'avait envie de rien et invariablement il refaisait des bêtises.
Même lui avait l'air de ne pas comprendre pourquoi il faisait ça.

Dans mon article, au lieu d'avoir fait le pitre, j'ai plus fait "regardez comme je fais de jolis cercles tout colorés et qui se croisent, avec ma pensée."
Ce n'est pas "mal" ou honteux. C'est juste que je n'ai pas dessiné pour moi.
Sinon j'aurais pas fait des ronds.
Quelle idée.

"This isn't me I'm not mechanical, I'm just a boy, playing suicide king.
I am suicide king."
Marilyn manson - Mechanical animals

par WaXou publié dans : overhell
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Vendredi 2 mai 2008

C'est ma vidéo préférée du moment. Hugh Laurie, alias Dr. House qui montre avec un style rare que parfois on a beau observer un problème avec lucidité, lorsqu'on essaie de trouver une solution avec peut-être trop de sincérité, ça ne sort pas. On peut essayer de faire comme si rien ne semblait, éspérant tromper le destin afin que cette solution surgisse au dernier moment, oser croire jusqu'à la dernière seconde que la réponse que nous cherchons va tout à coup devenir évidente si nous la considérons comme telle avant même de la connaître, mais rien à faire. Même les techniques Jedi ne permettent pas d'influencer la Force. 
La raison pour laquelle ça arrive est simple: c'est toujours parce que les fertrété sem ferterzb  et qu'on ne le réalise pas.
Ni plus ni moins.
Accepter son impuissance, c'est au fond une sorte de force.

par WaXou publié dans : Lol
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Vendredi 2 mai 2008

Hier j'ai voulu écrire un article qui commençait par "Je n'ai pas grand chose à écrire d'intéressant en ce moment". Forcément, l'article est devenu tellement long qu'il reste in-postable.
Typique de waxou.
Quand je me laisse aller à l'écriture sans but précis je suis souvent surpris par ce qui arrive. J'avais déjà remarqué ça lorsque je m'amusais il y a longtemps à faire de l'écriture spontanée. Certains pensent communiquer avec les esprits de cette manière. Ce n'est pas mon cas, mais cela n'empêche pas que l'on puisse avoir l'impression que ces phrases ne sont pas vraiment les notres. Leur imprévisibilité et leur absence de but nous réduisent presque à un simple rôle de transmetteur.
 J'ai déjà réussi dans des conditions propices à me mettre dans cet état d'ouverture à l'inconnu lors de conversations directes et j'ai été très surpris du résultat. Je pouvais trouver des réponses complètement inattendues, plus simples, plus ouvertes et libérées aux questions qu'on me posait. Beaucoup plus satisfaisantes et lumineuses. Je me souviens que je ressentais beaucoup de joie à voir que la vérité ne m'appartenait pas. C'est con, mais ça soulage d'un poids parce qu'il n'y a plus de raison de la défendre.
 La seule chose qu'on puisse faire c'est se faire assez accueillant pour la sentir. Assez léger pour ne pas trop la déformer, assez patient pour ne pas la tronquer, assez bienveillant pour ne pas y voir que ce qui nous arrange. Avoir foi en elle quoi. Et cela implique forcément de sortir du cadre de ses problèmes. Et curieusement, pour la vérité, pour ce vrai, je le fais plus facilement que pour "moi".
Ça me rappelle un peu ce sujet à propos de Bruce Tout Puissant où la question de savoir si les réalisateurs avaient vraiment voulu faire passer un message profond avait été posée dans un commentaire de "zoé". Et justement, je crois qu'il s'agit de la même chose. Je ne pense pas qu'il l'ont voulu, mais que c'est justement par cette absence de volonté de convaincre qu'un message plus profond avait pu passer. Il reste tout comme la vérité: caché derrière les images et les jeux de rôles. Mais néanmoins présent.

Seulement, il y a tout de même un problème lorsque j'écris dans cet état "sans but", surtout seul devant mon écran: j'ai du mal à rester focalisé et ça part dans tous les sens. Je n'arrive pas encore à me ré-approprier ce que je perçois et à le manifester par la forme, ce qui donnerait un fil conducteur.
 Lorsque je dis qu'on a l'impression que ça vient d'ailleurs, j'insiste sur le mot "impression", car au fond, je suis persuadé que ça vient d'une partie profonde de soi à laquelle on n'est pas habitué où à laquelle on n'ose croire, qui nous paraît étrangère, et qu'il n'y a qu'en l'incarnant que cette manifestation par la forme peut se faire. Qu'on le fasse consciemment ou non. 
Et c'était justement ça le sujet de ce que je me voyais écrire. Cette partie de soi qui semble nous pousser mais qu'on ne voit pas. A laquelle on finit parfois par s'opposer.

Pour résumer ce texte, je partais du principe qu'on s'éloigne de son coeur pour se protéger de la souffrance jusqu'à ce qu'on ne ressente plus grand chose et que les pensées soient desséchées, n'ayant plus aucune portée.
 On se retrouve alors dénaturé. Manquant d'énergie. Dans un monde intérieur auquel il manque une dimension. Peut-être même celle qui nous était la plus intime.
Je faisais une comparaison avec un oiseau qui par peur volerait toujours de plus en plus bas pour se cacher dans la canopée. Mais comme cette canopée n'est pas pratique pour le vol, il descendrait encore et encore pour finir tout simplement par se poser et oublier sa nature d'oiseau. Cette nature qui est dans son dos, là ou il ne peut pas voir: ses ailes. Des ailes autrefois capables de le soustraire à la gravité et qui ne lui apporteraient au sol plus rien d'autre qu'une sensation de lourdeur, de malaise, un fardeau étrange. Des ailes dont il se débarrasserait, s'il le pouvait. Je pensais aussi à un autre type d'oiseau élevé au sol par des parents qui n'ont jamais appris à voler non plus, ou qui ont oublié.
 Je me disais que l'une de ses seules chances pour retrouver réaliser sa nature, ce serait de voir d'autres oiseaux entrain de lutter entre ciel et terre, et de sentir une folle envie de leur dire de ne surtout pas descendre. Alors peut-être se souviendrait-il d'où il vient. Et de la raison pour laquelle il est aussi sûr de lui sur ce coup là.
C'est un peu ce qu'il s'est passé avec "ma douce interne" lorsque je l'ai vue pleurer, s'en vouloir, et dire que ça n'avait pas d'importance, que son véritable problème était le fait qu'elle n'aie pas réussi à refouler tout ça, à rester insensible. Je voyais cette erreur que j'ai trop souvent faite et en même temps je réalisais que ma place n'était pas dans ce monde sans profondeur, sans vie, sans amour et sans attention qui la mettait en guerre contre elle même. Que pour retrouver mon monde, il me suffisait de faire confiance à ce truc étrange dans mon dos que je ne vois pas plutôt que d'en faire un problème de plus. Et alors je me retrouverais "over hell".
 
Et au moment ou je finis cette comparaison, je me suis souvenu du sketch de Gad Elmaleh avec sa première partie musicale ou il y avait cette musique dont les paroles étaient en gros: "Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes... tu peux pas voler. Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes, tu peux marcher. Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes, tu peux rien faire en tant qu'oiseau. (J'ai mis la vidéo à la fin de l'article)
Je suis resté assez scotché. Encore une fois, on peut se poser la question de savoir si Gad a pondu cette musique avec un message caché conscient ou inconscient voire même ni l'un ni l'autre.
Bien entendu, cette musique est d'abord faite pour faire rire et ça marche bien. Néanmoins elle a aussi un curieux coté touchant. Le symbole de l'oiseau sans ailes assez frappant, tandis que l'humour, la légéreté de Gad donne justement, en quelque sorte des ailes.
 Je retrouve donc ici aussi cette notion dont j'ai parlé au début de mon article, d'une partie de soi inconnue qui Sait mieux que "nous", qui s'exprime sans qu'on ne s'en aperçoive, et qui touche sans que l'on ne comprenne vraiment pourquoi.

Mais vu qu'une coïncidence ne suffisait pas, à ce moment là passait sur ma playlist une musique que je trouve trippante (comprendre "étrangement touchante"): Fade to grey de Visage. Et d'un coup, je réalise que "devenir gris", c'est un autre symbole pour exprimer cette distance, ce calfeutrage que l'on met entre nous et notre coeur, dont j'étais justement entrain de parler. Le coeur, tout comme les ailes, devient alors plus gênant qu'autre chose (comme pour mon interne). Et comme il devient d'autant plus gênant qu'on s'en sépare, la boucle est bouclée.
J'ai écouté les paroles qui me paraissaient jusqu'alors hermétiques:
Un homme dans une gare, isolée, une valise à ses côtés, deux yeux fixes et froids montrent de la peur lorsqu'il se tourne pour se cacher. Sens la pluie comme un été anglais. Entends les notes d'une chanson lointaine. Sortant de derrière un poster, espérant que la vie ne fût si longue.
Si ça se trouve, mon interprétation est complètement foireuse mais je l'ai trouvée intéressante:
Pour l'homme dans la gare, c'est la représentation de celui qui est devenu gris, enfermé dans le malaise et la peur. Ca, je l'avais compris.
Sentir la pluie comme un été anglais, cela revient à redonner une âme à la souffrance en l'incluant dans un monde plus vaste dans lequel elle n'est plus un problème. Passer du monde de la note à celui de la musique, en ajoutant une dimension. Pour la musique, le temps, pour les ailes de l'oiseau, le ciel, pour le coeur...
Et justement: "les notes de la chanson lointaine," c'est le coeur duquel on s'est éloigné. Sortant de derrière un poster: l'image, la barrière qu'on a mise entre nous et ce coeur.
Le tout rapporté au titre "Fade to grey", j'ai trouvé la coïncidence assez magique.
Tout mon texte se trouvait résumé en quelques phrases... et une mélodie.
J'aimerais bien savoir faire ça.
par WaXou publié dans : overhell communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
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Jeudi 24 avril 2008
Arrivée dans le bureau médical. Mon chacal de coexterne entrain de faire ce qu'il sait faire le mieux, sociabiliser avec un aide soignant tout en se la pétant au passage. "Ouais moi j'vais au Red Lion, quoi, avec mes potos, on se cale on discute avec tout le monde, c'est tranquille quoi, ya des ptits concerts, ya des bonnes petites là, heheh..."

J'essaie de ne pas être trop negatif, je rebondis en disant ce que je pense de ce pub (euh non t'as rien compris waxou, là faut pas dire ce que tu penses justement):
-Ouais, c'est bien le Red Lion mais c'est bourré de monde, tu fais la queue à l'entrée, t'entends même pas ce que ton voisin te dit, question tranquillité j'ai vu mieux, mais il y a de l'ambiance, c'est vrai.
-Ouais mais moi je connais toujours quelqu'un, j'ai pas besoin de faire la queue tu vois, c'est sur que si t'es asociable tu t'emmerde, mais voilà moi j'parle à tout le monde quoi! J'vais un coup par-ci, un coup par là...
-C'est sur que vu comme on est tous collés les un aux autres et qu'on est obligé de hurler, on a vite fait de parler un peu à "tout le monde" qu'on le veuille ou non.
[rires de l'aide soignant]
Pendant un moment, je me disais: "Merde t'es quand même vachement asociable, tu dois louper quelque chose à pas être capable de débarquer dans un pub saturé de monde comme ça, sans te sentir oppressé, connaître directement du monde et avoir toujours un truc à crier. Ca a beau être un chacal, ça doit être agréable d'être aussi intégré, puis c'est la classe quand même."
Le chacal se débrouille toujours pour qu'on se sente un peu nul à coté de lui. C'est habituel. Il se débrouille pour donner l'impression que la seule chose qui compte dans la vie c'est de parler "à tout le monde", d'être reconnu, d'être souriant, de plaire, de se taper des "petites salopes" selon ses termes, et d'aller dans les coins branchés. Et ça marche. Il a l'air tellement sûr de lui. On dirait qu'il a ça dans le sang. Par contre s'il a le malheur de ne pas être le plus bruyant, là, il se sent vraiment mal.
Ce qui me rend un peu amer, c'est que ça me fait réaliser qu'une fille avec qui je suis sorti il n'y a pas longtemps aurait étée super heureuse de sortir avec ce type plutôt qu'avec moi, qui lui ai bien trop pris la tête avec ma sincérité, ou avec l'attention que j'accordais à ce qu'elle disait tandis que je l'exaspérais avec mon indifférence, pourtant trés relative, face aux jeux d'apparence, ce pourquoi notre relation n'a pas duré.
Mais voilà, les chacals sont très convoités. Elle n'a pas pu avoir ce qu'elle voulait. Ainsi va la vie.

Ce matin, comme tous les jours de la semaine, visite avec le chirurgien.
Cette semaine, c'est mon interne préférée (alias ma douce interne) qui est affectée au service (les autres sont affectés au bloc). Cette visite commence par une remarque de la cadre infirmière, maquillée comme une poupée, à l'interne: qu'est-ce que c'est que ce jean? Il fait pas féminin... ni même masculin...
Réponse de l'interne: il est juste moche en fait!
Je rigole. J'apprécie sa répartie.
Quelques minutes après, remarque désagréable du chirurgien sur la prise en charge d'un patient alors qu'elle n'y est pour rien. Elle me lance un bref regard. Je lui souris.
Puis, coup final, son co-interne dit "ça va pas ça, les externes sont mieux habillés que l'interne". Tout comme mon coexterne, je reçois égoïstement la remarque du bon coté, et là je vois ma douce interne qui fait genre de pleurer. Non, elle ne fait pas genre, elle pleure vraiment, elle éclate même en sanglots devant nous! D'un coup je réalise sa solitude comme si je me prenais un poteau dans la figure. Je ne me rendais pas compte de ce décalage entre apparence et ressenti, pas plus que je ne me rendais compte que depuis le début elle prenait tout de plein fouet. Tout le monde lui dit de ne pas pleurer, que c'est pas grave, qu'il ne faut pas le prendre mal.

Je déteste ce genre de "consolation". Elle le prend mal. C'est tout. Il n'y a pas à dire si elle a raison ou pas. Je suis touché de la voir retenir ses larmes sans succès alors qu'elle essaie d'enchaîner avec le patient suivant.
Elle n'en peut plus, mais elle continue d'avancer.
Même mon coexterne s'approche avec son air genre "je vais te consoler ma petite". Moi je reste sur place. J'hallucine comme je n'imaginais pas une seconde ce qu'elle vivait à l'intérieur. A quel point elle parvenait à le cacher. Quand elle a entendu "les externes sont mieux habillés que l'interne", elle s'est sentie comme le vilain petit canard, et pourtant, au milieu de nous tous, avec ses yeux scintillants, brûlants, piquants, débordants d'une sensibilité qu'elle tente vainement de cacher, habillée dans sa blouse toute froissée, avec des traces de stylo, dans des vêtements qui ne la mettent pas en valeur je trouve que s'il y a une véritable fleur ici, c'est bien elle. Je le sens en plein milieu de ma poitrine. Les larmes me montent aussi. Je ne sais pas comment je vais faire, mais il faut que je lui montre cette beauté qui m'éclate à la figure et que personne ne semble percevoir.
Seulement pendant la visite, ce n'est pas possible, elle va passer les prochaines minutes à réunir toute l'énergie qui lui reste pour faire comme s'il ne s'était rien passé. S'il y a bien une chose que je me dois de faire ce matin, c'est celle là.

Fin de la visite, mon coexterne va se caler dans le bureau pour écouter de la musique. Il cherche à me parler d'un truc sans rapport mais je ne l'écoute pas. Je cherche mon interne. Elle est dans l'office. J'imagine qu'on doit déjà la consoler. J'hésite finalement à aller la voir. Peut-être ne veut-elle pas que je détruise le peu d'apparence qu'elle a réussi à rétablir durant la fin de la visite. Je ne sais pas. J'y vais quand même. C'est rare que toutes les cellules de mon corps soient en même temps partantes pour faire quelque chose et ce qui est certain c'est qu'elle ne veulent pas rester là à écouter de la musique en si mauvaise compagnie.
J'entre dans l'office et surprise. Elle est seule. Elle regarde dehors, par la fenêtre, un café à la main. Elle a toujours les yeux très humides. Le visage rouge. Je lui dis: "T'as le temps pour une clope?". Elle me répond ni oui ni non. Elle attend des ordres de la cadre.
J'aurais tenté le coup. Je retourne au bureau. J'ai à peine le temps de m'installer qu'elle arrive et me dit "on y va?".
Ascenseur. Je suis face à elle. Elle a un double discours. Le premier consiste à dire qu'elle n'en peut plus, qu'elle est fatiguée, qu'elle en veut aux autres d'avoir été aussi peu humains avec elle. Le deuxième dit invariablement "c'est pas grave, ça n'a aucune importance". Elle recommence à pleurer. Je suis vraiment touché de la voir comme ça. Je ne sais pas comment le lui exprimer. J'imagine que ça doit se voir dans mes yeux. Je lui dis que j'ai ressenti sa solitude. Je lui fais part du fait que je n'avais pas remarqué à quel point elle était touchée. Que je suis troublé par le fait qu'elle ne soit pas consciente de cette pureté émotionnelle qui la rend beaucoup plus précieuse, unique que tous ceux qui lui ont fait des remarques ce matin. J'ai beaucoup de mal à lui exprimer ce que je ressens mais je crois que ça passe. Je crois que ce n'est pas vraiment ce que je dis qui compte... mais plus le fait que j'aie du mal à trouver mes mots justement. Que je sois venu vers elle. Que toute mon attention lui soit portée. Ce que je veux faire passer, c'est de l'ordre de l'indicible. La seule partie exprimable, c'est qu'elle est importante. Que ce qu'elle ressent est important. Que c'est ça qui compte, et pas de savoir si c'est important ou pas dans l'absolu.
Elle me remercie pour lui avoir remonté le moral, on part, elle va au bloc et m'adresse un trés joli sourire avant de disparaître derrière la porte à digicode.

Dans l'ascenseur, je repense à ce sentiment d'asociabilité que me renvoyait mon coexterne lorsque je suis arrivé. Au fait que je l'enviais. Tout ça m'a l'air tellement ridicule maintenant. Je le trouve dans le couloir. Il me sort, fier de lui, un truc du genre "faut être solide pour faire chir", il enchaîne par "elle te plaît cette petite hein? heheh" avant de passer à autre chose. Je le plains.
C'est triste d'être comme ça. On dirait qu'il ne perçoit aucune profondeur dans rien.


Edit: ce matin, mon interne était en pleine forme, elle a tenu à fumer une autre clope avec moi et avait envie de reparler de ce qu'il s'était passé. Cet événement a créé un sentiment de proximité trés reposant entre nous. Elle m'a dit que ce serait plus facile si les autres voyaient les choses comme moi.
Ca m'a fait du bien. J'ai pas l'habitude de l'entendre ce compliment.
par WaXou publié dans : overhell
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Mardi 22 avril 2008
Ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti cette sensation de terreur.
La nuit dernière fut très mouvementée.

Je rentrais chez mes parents. Curieusement, dans mes rêves je n'ai jamais aucun problème avec eux. Par contre, c'est un peu comme si c'étaient des étrangers..
Ceux-ci me disaient que mon ami le plus proche, actuellement en prison, avec qui je n'ai presque plus aucun contact, était revenu avant l'heure et m'attendait dans ma chambre.
Il était très bizarre. Pas du tout sur le ton de la retrouvaille, de l'amitié. Je ne le reconnaissais pas.
Il me prenait la tête à m'attaquer verbalement sans argument et je me sentais super fatigué. Je lui demandais de me laisser dormir vu qu'il me restait le souvenir d'avoir hôpital tôt le matin, ainsi que de l'heure: 3h30. Mais il ne m'écoutait pas, il était dans tous ses états et il semblait m'en vouloir à mort. Seulement il ne voulait pas m'expliquer ce qui n'allait pas, il se contentait de remarques vaseuses et hermétiques. Comme si je savais très bien.
Puis d'un coup, il m'a sorti: "et ce putain de mur, là, tu comprends pas quand je t'en parle peut-être?"
Forcément, je lui disais "mais non! Je comprend rien à ce que tu me reproches, explique moi ou alors barre toi!"
Et là il pétait un plomb, il était à deux doigt de me sauter dessus. Je lui disais "Frappe moi si tu veux mais qu'on en finisse" puis il me sortit un journal avec un article que je ne pouvais pas lire, mais j'ai comme reçu l'histoire directement dans ma conscience: un étudiant en médecine (moi), peut-être drogué, a perdu le contrôle de son véhicule après une crise de folie, blessant gravement tous ses passagers.
Dans le tas, il y avait sa petite amie.
 Je n'y comprenais rien. J'étais horrifié. Les rêves ont cette cruelle capacité à pouvoir nous imposer une fausse mémoire. Or, après avoir vu l'article, tout ça me paraissait bien avoir eu lieu. Je me rendais compte de mon inconscience. Une terrifiante inconscience.

Il était de plus en plus furieux, on aurait dit qu'il ne pouvait pas me reprocher ma folie. D'être considéré comme tel, c'était horrible. Qu'on n'ose même pas m'en vouloir directement. Qu'on ne m'explique rien. J'avais la nausée en me sentant ainsi étiqueté. Ça me rendait fou.
C'était comme si c'était mon premier éclat de conscience depuis des années. Un éclat extrêmement douloureux.
Je me suis réveillé en sueur, le coeur battant bien trop vite, avec la chair de poule. Une onde lointaine mais profonde d'angoisse était encore là alors que je regardais le mur contre mon lit.
J'ai mis du temps à me rendormir.

J'ai une idée de la raison pour laquelle j'ai fait ce rêve. Hier, je repensais à la dernière fois ou l'on s'était vus. Je me souviens que je m'étais permis de lui dire, après avoir entendu une conversation au téléphone, qu'il poussait sa petite amie à la faute pour ensuite le lui reprocher avec un ton supérieur. Qu'il était avec elle sur une base de critique et que par conséquent, ce n'était pas étonnant qu'il ne soit jamais émerveillé par elle. Il ne la regardait jamais telle qu'elle était. Il se focalisait sur ses défauts.
 Lorsque j'ai repensé à ça, j'ai trouvé que j'avais déconné. Bien qu'il me demandait régulièrement des conseils vis à vis de son couple, dans lequel il rencontrait toujours les même obstacles, je crois qu'il aurait pu se passer de celui là car il n'en était pas vraiment un.
Je trouvais d'une part que j'avais tapé dans un mécanisme intime sans savoir comment il fonctionnait. Et d'autre part que ce qui le rendait comme ça avec elle, c'était une sorte de colère contre lui, d'intolérance avec lui même, de manque d'acceptation. Un genre de combativité de fond.
 Or en le critiquant ainsi, je ne l'appaisais pas un brin. Au contraire, je le mettais face à un échec dont il ne savait pas quoi faire sinon s'en vouloir, s'énerver et se trouver nul. Pire, même, je faisais exactement ce que je critiquais: je me focalisais sur l'un des défauts de son couple avec un air de donneur de leçons  alors qu'il y avait plein d'autres aspects que je laissais de coté, comme s'ils n'avaient aucune importance. Mon attitude était destructrice.
  D'ailleurs, il m'avait dit: "Je le sais, tu as raison, c'est tout le temps ce que je fais, mais qu'est-ce que je dois faire?".
 Et là je n'avais pu que lui répondre "Je ne sais pas. Quand c'est comme ça, je n'ai pas de solution. J'étais comme ça avec A. aussi, et il n'y a qu'en la quittant que j'ai pu faire avancer les choses. Pourtant j'aurais aimé trouver une meilleure alternative."
La discussion s'était arrêtée là.
Hier, en y repensant, pendant un moment fugace, je me suis dit: "Mon Dieu, non seulement tu es incapable de te laisser respirer à force d'être aussi négatif, mais en plus il faut que tu t'en prenne aux autres!"
On pourrait résumer ce syndrome en une volonté de partager son angoisse, son vide, sa souffrance pour que l'autre souffre de la même façon que nous, et qu'ainsi on se sente moins seul.
Un syndrome assez terrifiant. Qui peut faire penser à certaines pratiques politiques ou religieuses extrémistes. L'union contre un mal qu'on invente et qui finit par devenir réalité puisqu'il nous dévitalise, nous épuise, nous crispe, résiste à notre agression et nous fait peur. Alors on cherche ce mal partout, dans ce qui est bien ou pas bien, chez les autres, dans nos péchés, dans ce qu'on fait ou ce qu'on ne fait pas, sans se rendre compte que le véritable péché, c'est d'accorder plus d'importance à ce mal qu'au reste. Qu'à la vie. Et c'est ainsi qu'on en vient à tuer ou blesser au nom de la vie, de Dieu, de l'amour ou du bien. Qu'on en vient à combattre l'obscurité plutôt que de se tourner vers la lumière pour la refléter. J'ai eu l'impression d'avoir ainsi péché envers mon ami.
D'un autre coté, si on voit un ami enfermé et qu'on le laisse dans son enfermement, ça me paraît être contre nature.
Mais voilà, critiquer l'enfermement n'aide pas l'autre à en sortir. Pour l'aider à en sortir, il faut sentir la chose qui l'enferme, qui nuit à sa liberté. En l'occurrence, ici, la colère contre soi, le manque de tolérance. Une fois qu'on a compris que ce ne sont pas ses travers qui clochent, mais ce manque, cette sorte de faim, la compassion surgit et on sait que la seule chose à faire, c'est d'offrir ce qu'il lui manque, si c'est en notre pouvoir. Or, moi aussi je manquais de tolérance vis à vis de mon inconscience que je revoyais chez mon ami. Et en m'en voulant pour ce manque de tolérance, je continue de faire la même chose. Je suis toujours intolérant envers mon inconscience qui ne fait que s'approfondir et devenir de plus en plus difficile à supporter. Hate today, no love for tomorrow.
 J'ai le sentiment que c'est ça qui a créé cette impression de "terrifiante inconscience" dans le rêve.

  J'imagine que c'est pour ça que je n'arrive pas à lui écrire. Je m'en veux de l'avoir traité comme s'il avait une confiance à toute épreuve.  Y compris lorsqu'il était en cavale alors que je voyais très bien qu'il ne faisait qu'aggraver son cas.  Savoir ce qu'il faisait c'est l'impression qu'il essayait de donner, mais ce n'était manifestement pas le cas. J'y suis resté aveugle et nos derniers échanges ont été explosifs car je n'ai pas su croire en moi. Comment tenir compte d'une chose essentielle qu'il manque chez l'autre lorsqu'on en manque soi même?
Je crois que ce cauchemar représentait cette problématique.

par WaXou publié dans : Rêves et rêveries
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