Présentation

Derniers Commentaires

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Localisateur

Geo Visitors Map
Dimanche 4 mai 2008

En ce moment, il y a du changement.
Je serais toujours très étonné de voir comme tout peut sembler s'enkyster dans une inertie bien sûre d'elle, alors qu'un beau jour on se réveille dans un monde ou tout ce sur quoi on s'appuyait -mal- est entrain de vaciller ou de se transformer.

Il suffit par exemple de réaliser que les quelques visiteurs de son blog sont précisément des personnes qui ont une attitude qui nous émerveille assez fort alors que ce n'est quand même pas très courant.

Mais à part ça, lorsqu'on est dans la peau d'un externe, il suffit d'attendre 3 mois et on verra changer: l'heure du coucher, l'heure du réveil, l'endroit ou on va le matin, les coexternes (ouf!), les internes, le type de travail demandé avec les révisions qui se font très très proches et ce soleil qui commence à arriver en force.

Si à ça on rajoute le fait qu'enfin je peux faire un peu de moto car elle est en règle (merci Colinette pour ton soutien) que grâce à cette joie du déplacement intra embouteillage marseillais on a plus facilement l'occasion d'aller voir un ami qui nous surprend par sa capacité à se sortir de ses chaînes  malgré des circonstances délicates.

Il suffira de se faire une soirée guitare avec un ami expérimenté en la matière, autour d'un demi cône et d'un câble d'ampli ressuscité qui finalement implosera en pleine impro en émettant un "pok!" sono-lumineux (qui fera joliment sourire celui là qui ne sourit jamais) pour se rendre compte que le monde est rempli d'inattendu. Qu'il peut être toujours aussi frais que ces premiers matins que je passais au Sénégal dans le jardin et ses alentours à découvrir cette riche atmosphère de nature dans laquelle je me sentais comme avec un troisième poumon.

Une fraîcheur qui pourtant dégivre.

Ça sert à rien de le dire mais je le dis quand même: ça fait du bien.

Même Jocelin, mon lapin adorateur de la main-qui-fait-pleuvoir-de-la-bouffe, a l'air tout frais dans sa paille renouvelée: il court très très vite en rond dans sa cage alors que le toit est ouvert depuis 2 heures.
La main céleste va t-elle l'emmener avec elle pour un monde plus vaste (le balcon)?


par WaXou publié dans : overhell communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 3 mai 2008

Lorsque je regarde mon avant dernier article, j'ai l'impression d'être un gamin qui fait le pitre pour attirer l'attention de ses parents. Je ne sais pas trop pourquoi.
Il y a peu, je regardais super Nanny (décidément je suis démasqué), il y avait un gamin terrible qui faisait des trucs étranges. Par exemple, il prenait son vélo et au lieu de s'amuser avec, il rentrait dans les murs, dans les obstacles et se bloquait pour attendre que ses parents viennent le débloquer, excédés.
 En fait il ne faisait pas du vélo pour s'amuser ou pour lui. Il faisait du vélo pour que ses parents fassent attention à lui. C'est pour ça qu'il faisait le pitre. Ou plutôt, qu'il n'agissait pas normalement. Il fallait qu'il fasse quelque chose d'étonnant, qui ne soit pas "normal", qui manquait de sens.
Pas pour les énerver. Pas pour les tester ou les épuiser. Pas pour les chercher (dû moins pas dans le sens "provoquer"). Juste parce qu'il avait besoin d'attention.
Ses parents croyaient qu'il faisait du vélo pour lui mais c'était faux. Il ne s'amusait pas. Son sourire n'était qu'un masque, fait pour attirer. Pour dire "je suis gentil". Il était pourtant perçu comme machiavélique.  
Et comme son attitude n'était pas comprise et qu'il se faisait rejeter, il manquait toujours d'attention et faisait de plus en plus le pitre. En fait, il ne faisait jamais plus rien pour lui. C'était un gamin qui ne vivait plus tellement il était occupé à demander une attention qu'on lui refusait... parce qu'il ne vivait plus.

Si ça c'est pas un cercle vicieux.

Ce qui m'a marqué aussi, c'est lorsque je l'ai vu dans sa chambre une fois puni. Lorsqu'il n'était pas occupé à faire le pitre, il ne savait vraiment pas quoi faire, il n'avait envie de rien et invariablement il refaisait des bêtises.
Même lui avait l'air de ne pas comprendre pourquoi il faisait ça.

Dans mon article, au lieu d'avoir fait le pitre, j'ai plus fait "regardez comme je fais de jolis cercles tout colorés et qui se croisent, avec ma pensée."
Ce n'est pas "mal" ou honteux. C'est juste que je n'ai pas dessiné pour moi.
Sinon j'aurais pas fait des ronds.
Quelle idée.

"This isn't me I'm not mechanical, I'm just a boy, playing suicide king.
I am suicide king."
Marilyn manson - Mechanical animals

par WaXou publié dans : overhell
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 2 mai 2008

C'est ma vidéo préférée du moment. Hugh Laurie, alias Dr. House qui montre avec un style rare que parfois on a beau observer un problème avec lucidité, lorsqu'on essaie de trouver une solution avec peut-être trop de sincérité, ça ne sort pas. On peut essayer de faire comme si rien ne semblait, éspérant tromper le destin afin que cette solution surgisse au dernier moment, oser croire jusqu'à la dernière seconde que la réponse que nous cherchons va tout à coup devenir évidente si nous la considérons comme telle avant même de la connaître, mais rien à faire. Même les techniques Jedi ne permettent pas d'influencer la Force. 
La raison pour laquelle ça arrive est simple: c'est toujours parce que les fertrété sem ferterzb  et qu'on ne le réalise pas.
Ni plus ni moins.
Accepter son impuissance, c'est au fond une sorte de force.

par WaXou publié dans : Lol
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 2 mai 2008

Hier j'ai voulu écrire un article qui commençait par "Je n'ai pas grand chose à écrire d'intéressant en ce moment". Forcément, l'article est devenu tellement long qu'il reste in-postable.
Typique de waxou.
Quand je me laisse aller à l'écriture sans but précis je suis souvent surpris par ce qui arrive. J'avais déjà remarqué ça lorsque je m'amusais il y a longtemps à faire de l'écriture spontanée. Certains pensent communiquer avec les esprits de cette manière. Ce n'est pas mon cas, mais cela n'empêche pas que l'on puisse avoir l'impression que ces phrases ne sont pas vraiment les notres. Leur imprévisibilité et leur absence de but nous réduisent presque à un simple rôle de transmetteur.
 J'ai déjà réussi dans des conditions propices à me mettre dans cet état d'ouverture à l'inconnu lors de conversations directes et j'ai été très surpris du résultat. Je pouvais trouver des réponses complètement inattendues, plus simples, plus ouvertes et libérées aux questions qu'on me posait. Beaucoup plus satisfaisantes et lumineuses. Je me souviens que je ressentais beaucoup de joie à voir que la vérité ne m'appartenait pas. C'est con, mais ça soulage d'un poids parce qu'il n'y a plus de raison de la défendre.
 La seule chose qu'on puisse faire c'est se faire assez accueillant pour la sentir. Assez léger pour ne pas trop la déformer, assez patient pour ne pas la tronquer, assez bienveillant pour ne pas y voir que ce qui nous arrange. Avoir foi en elle quoi. Et cela implique forcément de sortir du cadre de ses problèmes. Et curieusement, pour la vérité, pour ce vrai, je le fais plus facilement que pour "moi".
Ça me rappelle un peu ce sujet à propos de Bruce Tout Puissant où la question de savoir si les réalisateurs avaient vraiment voulu faire passer un message profond avait été posée dans un commentaire de "zoé". Et justement, je crois qu'il s'agit de la même chose. Je ne pense pas qu'il l'ont voulu, mais que c'est justement par cette absence de volonté de convaincre qu'un message plus profond avait pu passer. Il reste tout comme la vérité: caché derrière les images et les jeux de rôles. Mais néanmoins présent.

Seulement, il y a tout de même un problème lorsque j'écris dans cet état "sans but", surtout seul devant mon écran: j'ai du mal à rester focalisé et ça part dans tous les sens. Je n'arrive pas encore à me ré-approprier ce que je perçois et à le manifester par la forme, ce qui donnerait un fil conducteur.
 Lorsque je dis qu'on a l'impression que ça vient d'ailleurs, j'insiste sur le mot "impression", car au fond, je suis persuadé que ça vient d'une partie profonde de soi à laquelle on n'est pas habitué où à laquelle on n'ose croire, qui nous paraît étrangère, et qu'il n'y a qu'en l'incarnant que cette manifestation par la forme peut se faire. Qu'on le fasse consciemment ou non. 
Et c'était justement ça le sujet de ce que je me voyais écrire. Cette partie de soi qui semble nous pousser mais qu'on ne voit pas. A laquelle on finit parfois par s'opposer.

Pour résumer ce texte, je partais du principe qu'on s'éloigne de son coeur pour se protéger de la souffrance jusqu'à ce qu'on ne ressente plus grand chose et que les pensées soient desséchées, n'ayant plus aucune portée.
 On se retrouve alors dénaturé. Manquant d'énergie. Dans un monde intérieur auquel il manque une dimension. Peut-être même celle qui nous était la plus intime.
Je faisais une comparaison avec un oiseau qui par peur volerait toujours de plus en plus bas pour se cacher dans la canopée. Mais comme cette canopée n'est pas pratique pour le vol, il descendrait encore et encore pour finir tout simplement par se poser et oublier sa nature d'oiseau. Cette nature qui est dans son dos, là ou il ne peut pas voir: ses ailes. Des ailes autrefois capables de le soustraire à la gravité et qui ne lui apporteraient au sol plus rien d'autre qu'une sensation de lourdeur, de malaise, un fardeau étrange. Des ailes dont il se débarrasserait, s'il le pouvait. Je pensais aussi à un autre type d'oiseau élevé au sol par des parents qui n'ont jamais appris à voler non plus, ou qui ont oublié.
 Je me disais que l'une de ses seules chances pour retrouver réaliser sa nature, ce serait de voir d'autres oiseaux entrain de lutter entre ciel et terre, et de sentir une folle envie de leur dire de ne surtout pas descendre. Alors peut-être se souviendrait-il d'où il vient. Et de la raison pour laquelle il est aussi sûr de lui sur ce coup là.
C'est un peu ce qu'il s'est passé avec "ma douce interne" lorsque je l'ai vue pleurer, s'en vouloir, et dire que ça n'avait pas d'importance, que son véritable problème était le fait qu'elle n'aie pas réussi à refouler tout ça, à rester insensible. Je voyais cette erreur que j'ai trop souvent faite et en même temps je réalisais que ma place n'était pas dans ce monde sans profondeur, sans vie, sans amour et sans attention qui la mettait en guerre contre elle même. Que pour retrouver mon monde, il me suffisait de faire confiance à ce truc étrange dans mon dos que je ne vois pas plutôt que d'en faire un problème de plus. Et alors je me retrouverais "over hell".
 
Et au moment ou je finis cette comparaison, je me suis souvenu du sketch de Gad Elmaleh avec sa première partie musicale ou il y avait cette musique dont les paroles étaient en gros: "Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes... tu peux pas voler. Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes, tu peux marcher. Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes, tu peux rien faire en tant qu'oiseau. (J'ai mis la vidéo à la fin de l'article)
Je suis resté assez scotché. Encore une fois, on peut se poser la question de savoir si Gad a pondu cette musique avec un message caché conscient ou inconscient voire même ni l'un ni l'autre.
Bien entendu, cette musique est d'abord faite pour faire rire et ça marche bien. Néanmoins elle a aussi un curieux coté touchant. Le symbole de l'oiseau sans ailes assez frappant, tandis que l'humour, la légéreté de Gad donne justement, en quelque sorte des ailes.
 Je retrouve donc ici aussi cette notion dont j'ai parlé au début de mon article, d'une partie de soi inconnue qui Sait mieux que "nous", qui s'exprime sans qu'on ne s'en aperçoive, et qui touche sans que l'on ne comprenne vraiment pourquoi.

Mais vu qu'une coïncidence ne suffisait pas, à ce moment là passait sur ma playlist une musique que je trouve trippante (comprendre "étrangement touchante"): Fade to grey de Visage. Et d'un coup, je réalise que "devenir gris", c'est un autre symbole pour exprimer cette distance, ce calfeutrage que l'on met entre nous et notre coeur, dont j'étais justement entrain de parler. Le coeur, tout comme les ailes, devient alors plus gênant qu'autre chose (comme pour mon interne). Et comme il devient d'autant plus gênant qu'on s'en sépare, la boucle est bouclée.
J'ai écouté les paroles qui me paraissaient jusqu'alors hermétiques:
Un homme dans une gare, isolée, une valise à ses côtés, deux yeux fixes et froids montrent de la peur lorsqu'il se tourne pour se cacher. Sens la pluie comme un été anglais. Entends les notes d'une chanson lointaine. Sortant de derrière un poster, espérant que la vie ne fût si longue.
Si ça se trouve, mon interprétation est complètement foireuse mais je l'ai trouvée intéressante:
Pour l'homme dans la gare, c'est la représentation de celui qui est devenu gris, enfermé dans le malaise et la peur. Ca, je l'avais compris.
Sentir la pluie comme un été anglais, cela revient à redonner une âme à la souffrance en l'incluant dans un monde plus vaste dans lequel elle n'est plus un problème. Passer du monde de la note à celui de la musique, en ajoutant une dimension. Pour la musique, le temps, pour les ailes de l'oiseau, le ciel, pour le coeur...
Et justement: "les notes de la chanson lointaine," c'est le coeur duquel on s'est éloigné. Sortant de derrière un poster: l'image, la barrière qu'on a mise entre nous et ce coeur.
Le tout rapporté au titre "Fade to grey", j'ai trouvé la coïncidence assez magique.
Tout mon texte se trouvait résumé en quelques phrases... et une mélodie.
J'aimerais bien savoir faire ça.
par WaXou publié dans : overhell communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 24 avril 2008
Arrivée dans le bureau médical. Mon chacal de coexterne entrain de faire ce qu'il sait faire le mieux, sociabiliser avec un aide soignant tout en se la pétant au passage. "Ouais moi j'vais au Red Lion, quoi, avec mes potos, on se cale on discute avec tout le monde, c'est tranquille quoi, ya des ptits concerts, ya des bonnes petites là, heheh..."

J'essaie de ne pas être trop negatif, je rebondis en disant ce que je pense de ce pub (euh non t'as rien compris waxou, là faut pas dire ce que tu penses justement):
-Ouais, c'est bien le Red Lion mais c'est bourré de monde, tu fais la queue à l'entrée, t'entends même pas ce que ton voisin te dit, question tranquillité j'ai vu mieux, mais il y a de l'ambiance, c'est vrai.
-Ouais mais moi je connais toujours quelqu'un, j'ai pas besoin de faire la queue tu vois, c'est sur que si t'es asociable tu t'emmerde, mais voilà moi j'parle à tout le monde quoi! J'vais un coup par-ci, un coup par là...
-C'est sur que vu comme on est tous collés les un aux autres et qu'on est obligé de hurler, on a vite fait de parler un peu à "tout le monde" qu'on le veuille ou non.
[rires de l'aide soignant]
Pendant un moment, je me disais: "Merde t'es quand même vachement asociable, tu dois louper quelque chose à pas être capable de débarquer dans un pub saturé de monde comme ça, sans te sentir oppressé, connaître directement du monde et avoir toujours un truc à crier. Ca a beau être un chacal, ça doit être agréable d'être aussi intégré, puis c'est la classe quand même."
Le chacal se débrouille toujours pour qu'on se sente un peu nul à coté de lui. C'est habituel. Il se débrouille pour donner l'impression que la seule chose qui compte dans la vie c'est de parler "à tout le monde", d'être reconnu, d'être souriant, de plaire, de se taper des "petites salopes" selon ses termes, et d'aller dans les coins branchés. Et ça marche. Il a l'air tellement sûr de lui. On dirait qu'il a ça dans le sang. Par contre s'il a le malheur de ne pas être le plus bruyant, là, il se sent vraiment mal.
Ce qui me rend un peu amer, c'est que ça me fait réaliser qu'une fille avec qui je suis sorti il n'y a pas longtemps aurait étée super heureuse de sortir avec ce type plutôt qu'avec moi, qui lui ai bien trop pris la tête avec ma sincérité, ou avec l'attention que j'accordais à ce qu'elle disait tandis que je l'exaspérais avec mon indifférence, pourtant trés relative, face aux jeux d'apparence, ce pourquoi notre relation n'a pas duré.
Mais voilà, les chacals sont très convoités. Elle n'a pas pu avoir ce qu'elle voulait. Ainsi va la vie.

Ce matin, comme tous les jours de la semaine, visite avec le chirurgien.
Cette semaine, c'est mon interne préférée (alias ma douce interne) qui est affectée au service (les autres sont affectés au bloc). Cette visite commence par une remarque de la cadre infirmière, maquillée comme une poupée, à l'interne: qu'est-ce que c'est que ce jean? Il fait pas féminin... ni même masculin...
Réponse de l'interne: il est juste moche en fait!
Je rigole. J'apprécie sa répartie.
Quelques minutes après, remarque désagréable du chirurgien sur la prise en charge d'un patient alors qu'elle n'y est pour rien. Elle me lance un bref regard. Je lui souris.
Puis, coup final, son co-interne dit "ça va pas ça, les externes sont mieux habillés que l'interne". Tout comme mon coexterne, je reçois égoïstement la remarque du bon coté, et là je vois ma douce interne qui fait genre de pleurer. Non, elle ne fait pas genre, elle pleure vraiment, elle éclate même en sanglots devant nous! D'un coup je réalise sa solitude comme si je me prenais un poteau dans la figure. Je ne me rendais pas compte de ce décalage entre apparence et ressenti, pas plus que je ne me rendais compte que depuis le début elle prenait tout de plein fouet. Tout le monde lui dit de ne pas pleurer, que c'est pas grave, qu'il ne faut pas le prendre mal.

Je déteste ce genre de "consolation". Elle le prend mal. C'est tout. Il n'y a pas à dire si elle a raison ou pas. Je suis touché de la voir retenir ses larmes sans succès alors qu'elle essaie d'enchaîner avec le patient suivant.
Elle n'en peut plus, mais elle continue d'avancer.
Même mon coexterne s'approche avec son air genre "je vais te consoler ma petite". Moi je reste sur place. J'hallucine comme je n'imaginais pas une seconde ce qu'elle vivait à l'intérieur. A quel point elle parvenait à le cacher. Quand elle a entendu "les externes sont mieux habillés que l'interne", elle s'est sentie comme le vilain petit canard, et pourtant, au milieu de nous tous, avec ses yeux scintillants, brûlants, piquants, débordants d'une sensibilité qu'elle tente vainement de cacher, habillée dans sa blouse toute froissée, avec des traces de stylo, dans des vêtements qui ne la mettent pas en valeur je trouve que s'il y a une véritable fleur ici, c'est bien elle. Je le sens en plein milieu de ma poitrine. Les larmes me montent aussi. Je ne sais pas comment je vais faire, mais il faut que je lui montre cette beauté qui m'éclate à la figure et que personne ne semble percevoir.
Seulement pendant la visite, ce n'est pas possible, elle va passer les prochaines minutes à réunir toute l'énergie qui lui reste pour faire comme s'il ne s'était rien passé. S'il y a bien une chose que je me dois de faire ce matin, c'est celle là.

Fin de la visite, mon coexterne va se caler dans le bureau pour écouter de la musique. Il cherche à me parler d'un truc sans rapport mais je ne l'écoute pas. Je cherche mon interne. Elle est dans l'office. J'imagine qu'on doit déjà la consoler. J'hésite finalement à aller la voir. Peut-être ne veut-elle pas que je détruise le peu d'apparence qu'elle a réussi à rétablir durant la fin de la visite. Je ne sais pas. J'y vais quand même. C'est rare que toutes les cellules de mon corps soient en même temps partantes pour faire quelque chose et ce qui est certain c'est qu'elle ne veulent pas rester là à écouter de la musique en si mauvaise compagnie.
J'entre dans l'office et surprise. Elle est seule. Elle regarde dehors, par la fenêtre, un café à la main. Elle a toujours les yeux très humides. Le visage rouge. Je lui dis: "T'as le temps pour une clope?". Elle me répond ni oui ni non. Elle attend des ordres de la cadre.
J'aurais tenté le coup. Je retourne au bureau. J'ai à peine le temps de m'installer qu'elle arrive et me dit "on y va?".
Ascenseur. Je suis face à elle. Elle a un double discours. Le premier consiste à dire qu'elle n'en peut plus, qu'elle est fatiguée, qu'elle en veut aux autres d'avoir été aussi peu humains avec elle. Le deuxième dit invariablement "c'est pas grave, ça n'a aucune importance". Elle recommence à pleurer. Je suis vraiment touché de la voir comme ça. Je ne sais pas comment le lui exprimer. J'imagine que ça doit se voir dans mes yeux. Je lui dis que j'ai ressenti sa solitude. Je lui fais part du fait que je n'avais pas remarqué à quel point elle était touchée. Que je suis troublé par le fait qu'elle ne soit pas consciente de cette pureté émotionnelle qui la rend beaucoup plus précieuse, unique que tous ceux qui lui ont fait des remarques ce matin. J'ai beaucoup de mal à lui exprimer ce que je ressens mais je crois que ça passe. Je crois que ce n'est pas vraiment ce que je dis qui compte... mais plus le fait que j'aie du mal à trouver mes mots justement. Que je sois venu vers elle. Que toute mon attention lui soit portée. Ce que je veux faire passer, c'est de l'ordre de l'indicible. La seule partie exprimable, c'est qu'elle est importante. Que ce qu'elle ressent est important. Que c'est ça qui compte, et pas de savoir si c'est important ou pas dans l'absolu.
Elle me remercie pour lui avoir remonté le moral, on part, elle va au bloc et m'adresse un trés joli sourire avant de disparaître derrière la porte à digicode.

Dans l'ascenseur, je repense à ce sentiment d'asociabilité que me renvoyait mon coexterne lorsque je suis arrivé. Au fait que je l'enviais. Tout ça m'a l'air tellement ridicule maintenant. Je le trouve dans le couloir. Il me sort, fier de lui, un truc du genre "faut être solide pour faire chir", il enchaîne par "elle te plaît cette petite hein? heheh" avant de passer à autre chose. Je le plains.
C'est triste d'être comme ça. On dirait qu'il ne perçoit aucune profondeur dans rien.


Edit: ce matin, mon interne était en pleine forme, elle a tenu à fumer une autre clope avec moi et avait envie de reparler de ce qu'il s'était passé. Cet événement a créé un sentiment de proximité trés reposant entre nous. Elle m'a dit que ce serait plus facile si les autres voyaient les choses comme moi.
Ca m'a fait du bien. J'ai pas l'habitude de l'entendre ce compliment.
par WaXou publié dans : overhell
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 22 avril 2008
Ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti cette sensation de terreur.
La nuit dernière fut très mouvementée.

Je rentrais chez mes parents. Curieusement, dans mes rêves je n'ai jamais aucun problème avec eux. Par contre, c'est un peu comme si c'étaient des étrangers..
Ceux-ci me disaient que mon ami le plus proche, actuellement en prison, avec qui je n'ai presque plus aucun contact, était revenu avant l'heure et m'attendait dans ma chambre.
Il était très bizarre. Pas du tout sur le ton de la retrouvaille, de l'amitié. Je ne le reconnaissais pas.
Il me prenait la tête à m'attaquer verbalement sans argument et je me sentais super fatigué. Je lui demandais de me laisser dormir vu qu'il me restait le souvenir d'avoir hôpital tôt le matin, ainsi que de l'heure: 3h30. Mais il ne m'écoutait pas, il était dans tous ses états et il semblait m'en vouloir à mort. Seulement il ne voulait pas m'expliquer ce qui n'allait pas, il se contentait de remarques vaseuses et hermétiques. Comme si je savais très bien.
Puis d'un coup, il m'a sorti: "et ce putain de mur, là, tu comprends pas quand je t'en parle peut-être?"
Forcément, je lui disais "mais non! Je comprend rien à ce que tu me reproches, explique moi ou alors barre toi!"
Et là il pétait un plomb, il était à deux doigt de me sauter dessus. Je lui disais "Frappe moi si tu veux mais qu'on en finisse" puis il me sortit un journal avec un article que je ne pouvais pas lire, mais j'ai comme reçu l'histoire directement dans ma conscience: un étudiant en médecine (moi), peut-être drogué, a perdu le contrôle de son véhicule après une crise de folie, blessant gravement tous ses passagers.
Dans le tas, il y avait sa petite amie.
 Je n'y comprenais rien. J'étais horrifié. Les rêves ont cette cruelle capacité à pouvoir nous imposer une fausse mémoire. Or, après avoir vu l'article, tout ça me paraissait bien avoir eu lieu. Je me rendais compte de mon inconscience. Une terrifiante inconscience.

Il était de plus en plus furieux, on aurait dit qu'il ne pouvait pas me reprocher ma folie. D'être considéré comme tel, c'était horrible. Qu'on n'ose même pas m'en vouloir directement. Qu'on ne m'explique rien. J'avais la nausée en me sentant ainsi étiqueté. Ça me rendait fou.
C'était comme si c'était mon premier éclat de conscience depuis des années. Un éclat extrêmement douloureux.
Je me suis réveillé en sueur, le coeur battant bien trop vite, avec la chair de poule. Une onde lointaine mais profonde d'angoisse était encore là alors que je regardais le mur contre mon lit.
J'ai mis du temps à me rendormir.

J'ai une idée de la raison pour laquelle j'ai fait ce rêve. Hier, je repensais à la dernière fois ou l'on s'était vus. Je me souviens que je m'étais permis de lui dire, après avoir entendu une conversation au téléphone, qu'il poussait sa petite amie à la faute pour ensuite le lui reprocher avec un ton supérieur. Qu'il était avec elle sur une base de critique et que par conséquent, ce n'était pas étonnant qu'il ne soit jamais émerveillé par elle. Il ne la regardait jamais telle qu'elle était. Il se focalisait sur ses défauts.
 Lorsque j'ai repensé à ça, j'ai trouvé que j'avais déconné. Bien qu'il me demandait régulièrement des conseils vis à vis de son couple, dans lequel il rencontrait toujours les même obstacles, je crois qu'il aurait pu se passer de celui là car il n'en était pas vraiment un.
Je trouvais d'une part que j'avais tapé dans un mécanisme intime sans savoir comment il fonctionnait. Et d'autre part que ce qui le rendait comme ça avec elle, c'était une sorte de colère contre lui, d'intolérance avec lui même, de manque d'acceptation. Un genre de combativité de fond.
 Or en le critiquant ainsi, je ne l'appaisais pas un brin. Au contraire, je le mettais face à un échec dont il ne savait pas quoi faire sinon s'en vouloir, s'énerver et se trouver nul. Pire, même, je faisais exactement ce que je critiquais: je me focalisais sur l'un des défauts de son couple avec un air de donneur de leçons  alors qu'il y avait plein d'autres aspects que je laissais de coté, comme s'ils n'avaient aucune importance. Mon attitude était destructrice.
  D'ailleurs, il m'avait dit: "Je le sais, tu as raison, c'est tout le temps ce que je fais, mais qu'est-ce que je dois faire?".
 Et là je n'avais pu que lui répondre "Je ne sais pas. Quand c'est comme ça, je n'ai pas de solution. J'étais comme ça avec A. aussi, et il n'y a qu'en la quittant que j'ai pu faire avancer les choses. Pourtant j'aurais aimé trouver une meilleure alternative."
La discussion s'était arrêtée là.
Hier, en y repensant, pendant un moment fugace, je me suis dit: "Mon Dieu, non seulement tu es incapable de te laisser respirer à force d'être aussi négatif, mais en plus il faut que tu t'en prenne aux autres!"
On pourrait résumer ce syndrome en une volonté de partager son angoisse, son vide, sa souffrance pour que l'autre souffre de la même façon que nous, et qu'ainsi on se sente moins seul.
Un syndrome assez terrifiant. Qui peut faire penser à certaines pratiques politiques ou religieuses extrémistes. L'union contre un mal qu'on invente et qui finit par devenir réalité puisqu'il nous dévitalise, nous épuise, nous crispe, résiste à notre agression et nous fait peur. Alors on cherche ce mal partout, dans ce qui est bien ou pas bien, chez les autres, dans nos péchés, dans ce qu'on fait ou ce qu'on ne fait pas, sans se rendre compte que le véritable péché, c'est d'accorder plus d'importance à ce mal qu'au reste. Qu'à la vie. Et c'est ainsi qu'on en vient à tuer ou blesser au nom de la vie, de Dieu, de l'amour ou du bien. Qu'on en vient à combattre l'obscurité plutôt que de se tourner vers la lumière pour la refléter. J'ai eu l'impression d'avoir ainsi péché envers mon ami.
D'un autre coté, si on voit un ami enfermé et qu'on le laisse dans son enfermement, ça me paraît être contre nature.
Mais voilà, critiquer l'enfermement n'aide pas l'autre à en sortir. Pour l'aider à en sortir, il faut sentir la chose qui l'enferme, qui nuit à sa liberté. En l'occurrence, ici, la colère contre soi, le manque de tolérance. Une fois qu'on a compris que ce ne sont pas ses travers qui clochent, mais ce manque, cette sorte de faim, la compassion surgit et on sait que la seule chose à faire, c'est d'offrir ce qu'il lui manque, si c'est en notre pouvoir. Or, moi aussi je manquais de tolérance vis à vis de mon inconscience que je revoyais chez mon ami. Et en m'en voulant pour ce manque de tolérance, je continue de faire la même chose. Je suis toujours intolérant envers mon inconscience qui ne fait que s'approfondir et devenir de plus en plus difficile à supporter. Hate today, no love for tomorrow.
 J'ai le sentiment que c'est ça qui a créé cette impression de "terrifiante inconscience" dans le rêve.

  J'imagine que c'est pour ça que je n'arrive pas à lui écrire. Je m'en veux de l'avoir traité comme s'il avait une confiance à toute épreuve.  Y compris lorsqu'il était en cavale alors que je voyais très bien qu'il ne faisait qu'aggraver son cas.  Savoir ce qu'il faisait c'est l'impression qu'il essayait de donner, mais ce n'était manifestement pas le cas. J'y suis resté aveugle et nos derniers échanges ont été explosifs car je n'ai pas su croire en moi. Comment tenir compte d'une chose essentielle qu'il manque chez l'autre lorsqu'on en manque soi même?
Je crois que ce cauchemar représentait cette problématique.

par WaXou publié dans : Rêves et rêveries
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 20 avril 2008



Je ne me suis pas senti de faire nuit blanche à Montpellier ce soir.
Je ne me suis pas senti une descente d'une semaine juste pour dire que je n'avais pas foiré mon week-end.
Lui, j'irais le voir un jour plus propice...
Strange love de depeche mode en fond.
Un appartement en deux pièces, dans le noir. J'ai baissé le son de la télé pour pouvoir composer mais mon ampli a rendu l'âme.
Cette ambiance convient aussi bien pour laisser mes pensées filer.
J'ai fait un tour de voiture au coucher du soleil. C'était presque la pleine lune.
Elle était basse. Majestueuse.
J'ai vu des paysages magnifiques. Trop riches en émotion pour que je les fige en photo.
Plus ça allait, plus c'était beau, de voir cette lune entre les pins, alors que le ciel devenait de plus en plus noir. J'ai vu des chemins déserts éclairés par la lumière jaunâtre des lampadaires ruraux. Des ruines révélées sous cette lueur stellaire gris-bleu. J'ai senti un truc. Je l'appelle l'Eerie. J'aurais voulu m'arrêter mais il n'y avait pas de place. Des phares en face m'ont aveuglé.
J'ai repensé à mes anciens (?) idéaux. Tenir une main dans la mienne et marcher sur ces chemins. Pas besoin de se dire grand chose. Sentir l'atmosphère. L'univers. A deux.  Nous allonger, regarder ce ciel. J'ai envie de m'allier à cette brise nocturne, invisible, pour caresser ton visage. J'ai envie de parler avec les yeux. Ils ne savent pas dire de conneries eux.
Ils ne savent que s'Ouvrir, ou alors ils ne savent pas.
Ils ont toujours raison.
  Et cette dent pétée, Quand est-ce que je vais la faire réparer? Elle me fait un peu mal. Elle a comme un goût acidulé lorsque je passe ma langue dessus.
In your room. Elle est belle celle là aussi. Vraiment planante.
Un fond de vin rouge dans mon verre pour bière Guinness. Un bon gros verre pour aller avec mon reste de KFC de midi (je devrais m'inscrire au dîner presque parfait). C'est presque une soirée sobre.

Sur le retour j'ai vu des couples en moto. A chaque fois je ne peux m'empêcher de regarder voir si ce n'est pas elle.
Je pourrais penser à tellement de choses qui me rendraient plus amer, mais j'ai pile la dose qu'il me faut pour épicer ces pensées.
C'est marrant comme elles sont douces et un peu lointaines. Elles n'ont pas vraiment d' influence sur moi en ce moment.
Je les vois comme des ombres.
Je suis comme dans le ciel.
Elles sont comme des passants sans nom. Pressées. Inaccessibles. A la fois présentes et absentes.
Pas vraiment intéressantes.
"Arrête d'être comme ça!"
C'est une journée sans pour elle.
Sans rien pour moi.
On vit un peu dans le même monde il faut croire.
Will I always be here...


par WaXou publié dans : Rêves et rêveries
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 19 avril 2008
Une vidéo bien parlante que j'ai découverte grâce à Dez. Elle me rapelle ce week end d'intégration à la fac où tout le monde portait le même T-shirt avec marqué dessus "Sortez du troupeau" avec une image de mouton.
Elle ajoute un bémol aussi à l'idée de la légèreté pour la légèreté.
Ou comment faire tout à fait l'inverse de ce qu'on croit faire.
Le site dont elle est tirée vaut aussi le coup d'oeil.

par WaXou publié dans : Spiritualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 18 avril 2008
J'ai fait quelques modifs de style hier soir et surtout, j'ai découvert qu'il existait des codes pour les smileys sur over-blog .
J'ai mis un module avec les codes que je considère les plus utiles tout en bas à gauche.
Seul hic, il y a beau en avoir des centaines, le seul ;) que j'ai trouvé a quelques mois d'avance (jugez par vous même) et je n'ai pas trouvé de :). [edit: viré depuis ils faisaient buguer les flux!!!]
A force de trop vouloir en faire, on en oublie le principal.
C'est assez caractéristique des temps modernes ça [mode grand père /on]. J'ai toujours trouvé hallucinant qu'on sache envoyer des gens sur la lune, ou qu'on envoie des modules sur mars mais qu'on se goure avec une histoire de système métrique.

Mieux, en médecine on a fait des progrès dingues. La liste des médicaments disponibles augmente un peu plus chaque jour, en biologie cellulaire ou en biologie des systèmes, on fait des découvertes complètement folles: on peut voir les petites protéinettes en immunofluorescence sous microscope électronique qui migrent vers le pôle axonal du neurone pour stimuler sa croissance, et on sait comment ça marche.
J'ai passé un certificat ou les professeurs après nous avoir montré de telles vidéos nous expliquaient des phénomènes extrêmement compliqués qui peuvent être modélisés avec beaucoup de précision par des formules mathématiques, des effets de seuil. Et tout cela définit la structure de notre corps, de notre cerveau.
J'ai trouvé ça fabuleux de voir que nous sommes ainsi formés par des interactions moléculaire d'une complexité certes époustouflante, mais néanmoins logique. On plonge dans le détail, et on ne s'arrête jamais de découvrir encore et toujours plus de complexité organisée. Une organisation d'équilibres qui contraste beaucoup avec l'impression que l'on peut avoir de notre vie.
Et lorsqu'on y pense, plus ça va, moins on est doué pour les choses cruciales.
Je viens de lire le best-seller "Guérir" par David Servan-Schrieber que j'ai bien apprécié.
En gros on y explique qu'on a de réels soucis avec nos émotions. On ne sait plus les gérer.
Son message: "Pour vivre en harmonie dans la société des humains, il faut atteindre et maintenir un équilibre entre nos réactions émotionnelles immédiates - instinctives - et les réponses rationnelles qui préservent les liens sociaux au long cours.  (...) Dans cet état, les pensées, les décisions, les gestes, s'agencent et s'écoulent naturellement, sans que nous y prêtions une attention particulière. Dans cet état, nous savons quel choix nous devons faire à chaque instant, et nous poursuivons nos objectifs sans effort, avec une concentration naturelle, parce que nos actions sont alignées sur nos valeurs."
Tout un programme.
Ce qui m'inquiète le plus c'est lorsque je fais le bilan des besoins primaires.
- La respiration: on respire mal
- Le sommeil: les insomnies sont de plus en plus fréquentes. Elles sont même banales.
- La bouffe: on mange des animaux enfermés, torturés, bourré de medocs sous forme de petites galettes toutes mignonnes et très bonnes avec un peu de sauce tomate bourrée de sucre et/ou de la mayo bourrée de graisse.
- La boisson: sans parler de l'alcoolisme, on peut repenser à la canicule. Est-ce seulement le vieillissement qui en est à l'origine. Je n'en suis pas convaincu. Déjà, il m'arrive de passer une journée en ne buvant qu'un café, et un  verre d'eau et demi. Simplement parce que je ne pense pas à boire. Je rappelle qu'on est censé boire en gros plus d'un litre d'eau par jour sans compter celle des aliments. D'autre part, ce sont les personnes âgées restées seules chez elles qui ont été les plus touchées... vivre avec les autres, c'est aussi un besoin que je considère comme essentiel.

La vie en société a son importance. L'idée de ce livre, qui est d'harmoniser, d'équilibrer le corps, le coeur et la raison me paraît ouvrir des perspectives on ne peut plus adaptées pour soigner les maladies de notre ère.
Lorsqu'on va aux urgences, on entrevoit pendant sa garde environ 150 patients. On s'occupe à peu près de la moitié d'entre eux. Parmis ces patients, beaucoup de dépressifs qui font des tentatives de suicide. Usés par l'alcoolisme, la solitude, le manque d'activité, la honte de soi, ou parce qu'ils travaillent toute la journée pour manger... mal. Ensuite, ce sont surtout les maminettes seules qui font des chutes. Mises à part celles qui sont démentes, les personnes âgées sont particulièrement agréables, ils ont une sérénité qui manque souvent aux patients pris dans le tourbillon du système. Que seuls certains jeunes, ceux qui viennent pour des petites chutes, ont encore, bien qu'on puisse ressentir chez eux une sorte de désorientation de fond. C'est le début du tourbillon.
Pour le reste, il y a beaucoup de troubles psychiatriques, de SDF en coma éthylique, de pathologies cardio-vasculaires dues à l'hypertension, à l'hypercholesterolémie, à l'obésité. Et encore, ce qui me trouble le plus, c'est le mépris des seniors les plus actifs envers ces patients. Ces seniors qui n'ont pour la plupart pas de vie en dehors de l'hôpital et dont les plus virulents sont souvent eux aussi malades, sauf que c'est un grand secret, ils en ont honte.
Ce que je veux dire par là, c'est que dans l'ensemble des personnes malades, seule une minorité d'entre elles sont d'abord malades à cause de la pathologie pour laquelle il se présentent aux urgences.
Le reste vient souvent de cet essentiel qui ne l'est plus assez aujourd'hui.
Solitude, mal être, désorientation, honte de soi, stress, manque de vie sous toutes ses formes.
Un essentiel qu'on oublie sous la masse des pensées parasites.
Et que l'horreur de cette situation ne nous aide pas à retrouver.
Tourbillon infernal.
Le sujet de la légèreté face à la lourdeur porte finalement beaucoup plus loin que ce que j'aurais pensé.

par WaXou publié dans : overhell
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Mardi 15 avril 2008
Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que plus mon blog avance, et plus il devient prise de tête.
Bon, faut dire que je suis prise de tête à la base, mais là si je le remarque c'est que vraiment ça craint...
La légèreté semble y être de plus en plus rare. Pourtant c'est précieux la légèreté quand c'est bien dosé et lorsqu'il y a de la noirceur à évacuer. Sans ça, c'est la constipation... ou la grosse diarrhée.
Car moins il y a de légèreté, plus on se prend la tête, et plus c'est lourd, et moins il y a de légèreté et plus on se prend la tête et... CQFD
Il faut que j'y remédie.

Il y a peu, j'ai trouvé cette variante de la loi de Murphy: la facilité pour s'endormir est inversement proportionelle au temps qui nous sépare de la sonnerie du réveil. Conséquence: le meilleur moment pour s'endormir est précisément lorsque le réveil sonne.
Je vais donc mettre mon réveil à minuit. (oui bon ok, c'est de la légèreté, pas la blague du siècle)
Voilà, je viens à la fois de trouver la solution aux insomnies et au manque de légèreté.
C'était pas si difficile.

ps: ya quand même un truc qui me titille depuis quelques jours. Il y a un mystérieux visiteur provenant de Villeneuve Loubet qui passe de temps en temps et je me demande sérieusement qui ça peut bien être vu que j'ai un trés bon ami qui est dans le coin mais qui n'est pas censé avoir acces au net...
Fais moi un signe, étrange visiteur, si tu te sens assez audacieux ^^
par WaXou publié dans : overhell
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus