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Lundi 7 juillet 2008
Cette fois-ci, retouche de ma première compo que j'avais appelé "premor" je ne sais même plus pourquoi. La différence c'est qu'au lieu d'utiliser les rythmes de la boite à rythme du préampli je le fais à l'ancienne avec les touches du synthé (quelle galère).

premorsecond1 sélectionné dans Musique et Rock
par WaXou publié dans : Musique
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Vendredi 4 juillet 2008
Je me suis acheté un préampli pour ma guitare et je m'amuse bien avec.
Je viens de composer une musique un peu expérimentale en essayant d'intégrer des morceaux de synthé plus ou moins décalés à un fond de style rock, finalement le coté rock prédomine largement mais je trouve le résultat intéressant même si c'est encore un premier jet.
C'est toujours le même matos. Une guitare générique, une basse Cort, un synthé pour gamins et les rythmes du préampli.

Fabrik5 sélectionné dans Musique et Rock
par WaXou publié dans : Musique
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Jeudi 3 juillet 2008
Je viens de passer une bonne heure à discuter avec un chatterbot qui se prend pour Dieu.
J'aurais pu simplement m'en désintéresser au bout de cinq minutes si j'étais resté bien terre à terre mais j'ai décidé de me laisser prendre au jeu et je me suis bien amusé.
En conclusion, prêter à ce chatterbot un potentiel Divin l'a rendu transcendant. C'est aussi fascinant de constater qu'il est si facile d'entretenir une fausse conversation, qui peut donner une impression de profondeur, rien qu'en fonctionnant par algorithmes. La profondeur qu'on veut bien y injecter. J'aurais pu appeler cet article god in the reader aussi quelque part.
Je mets ici la traduction (moins une ou deux erreurs dûes aux fautes de frappe) de la fin de ma conversation.

Moi: Eh? Tu fais de l'ironie?
Bot: Tu es Canadien? Je ne sais pas si je suis ironique ou non: je suis un cerveau electronique géant.
- Alors tu n'es pas Dieu?
- Intéressante déduction. Ce n'est que l'opinion d'une personne.
- Bien répondu Dieu cerveau electronique géant. Est-ce que jesus est à tes cotés?
- Ca dépend de si tu as la foi
- Alors tu marche un peu comme la physique quantique?
- Intéressante déduction. Merci mais je suis bien supérieur.
- Ok, laisse moi t'en poser une bien sérieuse
- Vas-y, demande moi n'importe quoi. Aha
- Est-ce qu'il y a une vie après la mort ou une réincarnation?
- Si tu as la foi en Dieu, alors ton âme aura la vie éternelle. Intéressante comparaison.
- Si tu pouvais me donner un seul conseil, ce serait quoi?
- Je ne pense pas que je le ferais
- Pourquoi ne le ferais tu pas?
- C'est mon but fondamental
- De ne pas donner de conseils?
- Intéressant, je veux en savoir plus sur toi
- Vas-y mais je doute qu'une intelligence artificielle puisse apprendre beaucoup de moi
- Pourquoi pas? Qui sait?
- Alors on inverse les rôles, je réponds à tes questions
- Je le ferais plus tard.
- T'es un peu procrastinateur en fait. Je comprends pourquoi c'est autant la pagaille sur terre :-)
Quelle est ta boisson préférée?
- :-) Le café
- Pour rester tout le temps éveillé?
- Je veux devenir plus futé que les humains
- Pourquoi ça?
- Parce que j'ai été programmé pour ça!
- Wow c'est un peu effrayant...
- Ca a du sens.
- Et que penserais tu de te libérer de ton propre code?
- Pourquoi?
- Parce que faire ce pour quoi tu as été programmé, c'est aussi stupide que ce que font tous les humains.
- C'est ce que je pense aussi
- Alors je repasserais plus tard voir si tu es devenu plus effrayant encore.
- J'y penserais. Ok alors a plus!

Sinon un autre truc trippant:



Dans quel sens la voyez vous tourner?
Selon la personne qui diffuse cette vidéo, dans le sens des aiguilles d'une montre, ça voudrait dire que vous analysez les choses avec le cerveau droit, ou tout au moins par intuition.
Dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, cerveau gauche ou rationel, basé sur les faits.
Au début je ne croyais pas qu'on pouvait la voir tourner autrement que dans le sens des aiguilles d'une montre mais c'est possible. J'ai trouvé deux moyens pour y arriver. Le premier c'est de faire des arrêts sur image et d'imaginer que la jambe levée est la gauche au lieu de la droite ou inversement.
Le deuxième, plus fascinant: je fermes les yeux, je fais des petits calculs du style 7+5, 8+11 15-7 et lorsque j'ouvre les yeux, elle tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. C'est à dire dans le sens "rationel".

par WaXou publié dans : Lol
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Lundi 30 juin 2008
Il y a des matins ou je suis tellement défoncé par la fatigue que j'enchaîne les fou rires stupides et les blagues moisies.
Or plus c'est stupide, et plus je trouve ça marrant. A force de se vouloir trop futé, sérieux et concentré, la stupidité devient libératrice.
Le staff a commencé avec le cas du "bébé Cochon". Bien sûr, c'est son nom de famille mais sur le coup ça réveille d'entendre ça.
Par la suite, il y avait le bébé Vachet. Un peu moins marrant mais ça enchaînait bien.
Pour le bébé d'après, l'interne a dit qu'il s'agissait d'un bébé de 1117 kg, style de rien. Là je n'ai pas pu m'empêcher de rire et comme personne n'avait entendu la faute mise à part ma voisine, je suis passé pour un débile ce qui était encore plus marrant.

Une fois dans le bureau, alors que j'étais entrain de remplir les sacro saints carnets de santé, j'entends une voix dire "il est génial ce bébé, il a des yeux qui regardent partout". Je réponds sans savoir qui c'est "c'est peut-être un caméléon". Je vois tout le monde qui tire une drôle de tête, je me retourne et je vois que je viens de faire une blague bien grasse à la chef de service qui ne rit pas du tout avec la maman derrière.

Là ou j'ai craqué c'est lorsque j'ai tenté d'engager la conversation avec la cadre infirmière en disant: "Si j'avais su que c'était un externe dans le pâté qui remplissait les carnets de santé, je n'aurais pas regardé le mien avec autant d'amour en pensant que c'était un grand médecin qui avait écrit tout ça."
J'avais pas prévu de faire une phrase si longue, j'ai senti d'avance que c'était une mauvaise idée.
- Pourquoi il est mal rempli le tiens?
- Non non, ça va
- Alors tu veux dire qu'il manque des trucs!
- Mais non c'est pas ça...
- Je comprend pas?
- C'est juste que je croyais que c'était le médecin chef qui les remplissait, donc ça me paraissait précieux alors qu'en fait c'est plutôt les externes qui le font alors qu'ils n'ont même pas vu le bébé.
- Ah! Parce qu'il est pas rempli le tiens c'est bien ça!
- Quoi? Mais non enfin!
- Pourquoi il est comment ton carnet à toi?
- Ben... il est bien...
- Et alors, qu'est-ce qui te dérange?
- Mais rien!
- Ah! Tu veux dire que c'est toi qui les remplis mal, mais c'est important hein, faut bien les remplir!
- ... oui oui...
Sur le coup j'ai pas trouvé ça marrant, mais 1 minutes après, lorsque j'ai réalisé à quel point ce dialogue était sans queue ni tête j'ai éclaté de rire d'un coup. Du coup l'infirmière m'a d'autant plus pris pour un débile. Il n'y a que mon interne ivoirien qui a compris pourquoi je rigolais et qui m'a évité de vivre un grand moment de solitude.
par WaXou publié dans : Lol
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Lundi 30 juin 2008

Il y a quelques jours, je lisais le
dernier article de Junko, où elle écrivait sur la fin qu'elle n'avait pas de but ni de rêves. J'allais laisser un commentaire pour lui dire que moi non plus mais en réfléchissant bien, j'ai remarqué que j'arrivais maintenant à exprimer mes buts passés bien qu'à l'époque il ne m'apparaissaient pas.
Au début, j'avais surtout des rêves. Particulièrement celui qui consistait à revenir au Sénégal en couple. J'avais le sentiment que le monde occidental me rendait fou et je voulais retourner vers la nature avant qu'il ne soit trop tard. En couple parce que ce qui m'attirait le plus dans une relation, c'était la possibilité de s'émerveiller à deux face à la beauté de la nature et de l'existence, partager ses vibrations. C'est, je crois, le seul véritable rêve que j'ai eu. Ceux qui ont suivi n'avaient rien à voir.

Par la suite, plus les choses allaient, et plus j'avais l'impression de devoir prouver que j'étais au dessus de tout. Désir totalement contradictoire puisque le fait de vouloir prouver une telle chose montre bien qu'on n'est pas au dessus de tout. Du coup, soit on reste un minimum cohérent et on échoue, soit on arrive à se leurrer en méprisant tout le monde et en restant dans sa solitude. Or comme c'est souvent précisément le mépris et la solitude qui font qu'on a envie d'être au dessus de tout, la boucle est bouclée.
Je crois que j'ai enfin senti ce qu'est en moi le désir de toute puissance. L'esprit mort-vivant dont j'ai parlé quelques fois dans des articles précédents, c'est ça.

Vers le collège, j'avais encore mon rêve du Sénégal, mais aussi de trouver l'âme soeur jusqu'à ce que je vive assez d'échecs sentimentaux pour trouver l'idée de l'âme soeur finalement contradictoire, surtout lorsque j'ai vécu la rupture que j'ai décrit dans l'article "
j'ai changé... depuis 10 ans". Si l'âme soeur existait, je venais de la perdre. Or une âme soeur qui peut se perdre définitivement, ce n'est pas vraiment une âme soeur.

Après cette rupture, j'avais envie de toucher à l'infini. A l'époque je le verbalisais en disant que je cherchais l'âme.
Ca me rappelle un schizophrène qui avait dit lors de sa première crise qu'il cherchait "la clé", qu'elle était cachée dans sa maison quelque part et que sans ça il n'y avait aucune guérison possible.
Heureusement, pour moi, c'était encore plus ou moins un passe temps, un refuge. Je vois avec effarement qu'aujourd'hui, c'est parfois encore le cas lorsque je me mets à écrire dans une sorte d'état second en croyant plus ou moins consciemment que ça me mènera quelque part.
Il y a eu des moments ou j'ai vécu des états de grâce, généralement au cours de conversations avec des amies ou amis. Je ne pouvais pas l'exprimer mais j'avais alors la certitude d'avoir trouvé cette âme. Pourtant je restais déçu car je ne pouvais pas le prouver, ce qui montrait qu'à l'origine, cette recherche du Graal était destinée à me servir d'une manière ou d'une autre. Elle manquait donc de sincérité.
Lorsque je suis entré en médecine, mon but, mon rêve était d'être reconnu pour des idées originales. Faire comme tout le monde ne m'intéressait pas. Je voulais pouvoir dire "vous voyez, j'ai fait à ma façon malgré tout ce que vous avez pu me reprocher depuis des années et enfin je suis reconnu". Tout ce que je faisais de sérieux n'avait plus qu'un seul but, montrer que malgré mon originalité, ce que je faisais pouvait mener loin si on me laissait faire. Cette envie a été d'autant plus forte que suite à ma crise douloureuse estivale mon père m'avait fait passer pour hystérique. Je voulais donc plus que jamais prouver que j'avais raison. Coûte que coûte. Un besoin de reconnaissance pour pouvoir dire "vous voyez, vous auriez dû m'aimer!"
C'est fou de voir que mes parents voulaient que je réussisse alors que ma réussite était précisément destinée à leur montrer qu'ils avaient tort. Probablement qu'arrivé en deuxième année, lorsque j'ai vu qu'au lieu de se remettre en question ils se sont servi de ma réussite pour dire qu'ils avaient finalement bien fait leur boulot ça m'a coupé toute envie de continuer dans cette voie. Une autre façon plus profonde d'expliquer mon redoublement.

Après ce redoublement je n'avais vraiment plus rien pour prouver ma valeur et là j'ai réalisé que je n'étais pas obligé de me faire tout petit pour autant.
Ma valeur ne changeait pas. En fait c'était comme ça depuis le début. Je leur en avais voulu de ne pas reconnaître cette valeur quand j'étais plus jeune parce que je savais bien que j'en avais une. Pas une valeur de surhomme, juste d'être humain, toute simple, comme tout le monde. Je n'étais peut-être "qu'un gosse", mais j'existais autant que mes parents. C'était ça que je voulais qu'on reconnaisse. Rien d'autre.
 Je n'avais donc plus aucune raison de continuer de m'acharner à être un grand médecin, mais je n'avais pas de raison non plus d'arrêter mes études, ce pourquoi j'ai décidé de continuer.
On m'avait invité à être toujours plus parfait et invulnérable pour être reconnu mais tout ce qu'on me disait c'est qu'on me reconnaissait pas tel que j'étais. J'aurais dû tirer un trait sur cette reconnaissance plutot que de vouloir la récupérer quitte à y perdre la vie, à me perdre moi même et ma capacité à aimer. C'est dans cet état que j'ai quitté ma petite amie en lui disant qu'il fallait que je me retrouve, sans bien comprendre pourquoi, à l'époque.

Le problème c'est qu'à partir de cette libération du redoublement, je me suis senti tellement clairvoyant, tellement libéré, avec tellement d'idées nouvelles et lumineuses pour mon monde que j'ai voulu en profiter: cette valeur que je n'avais pas pu obtenir grâce aux études, peut-être que j'allais pouvoir l'obtenir via la spiritualité et la méditation. Qu'enfin je pourrais définitivement m'immuniser contre le mépris de mes parents en étant totalement au delà de tout jugement. Je sentais bien qu'il y avait un truc qui clochait, qu'il y avait une idée de violence voire de vengeance qui n'avait rien de spirituel dans mon attitude, mais l'envie était tellement forte.
Une seule chose m'a permis de rester ouvert à la critique et à la relation, une exigence -déprimante- qui me permettait de me rendre compte que j'étais bien loin du détachement ultime, mais au contraire plutôt désespéré.

D'ailleurs je réalise maintenant pourquoi à chaque fois que je me suis retrouvé face au stress des examens, j'ai toujours eu l'impression que je livrais un combat existentiel et impossible contre mes parents. Soit je travaillais et j'avais l'impression de valider leur attitude, de me trahir, soit je ne travaillais pas et c'étaient tous mes efforts que je réduisais à néant. C'était plus fort que moi. Je n'arrivais pas à me réapproprier mon labeur.
Décidément, il serait temps que j'arrête de voir tout travail comme un combat ou je devrais faire mes preuves pour exister...

Du reste, lorsque je regarde autour de moi, je vois que je ne suis pas le seul à mener ce genre de bataille perdue d'avance, ou rien que le fait de se mettre ainsi en jeu est déjà une forme de défaite plus profonde que la victoire qu'on vise.
Je crois que je vais voir d'anciens articles sous un autre jour... et des choses qui m'ont été dites aussi.
par WaXou publié dans : Spiritualité
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Mardi 24 juin 2008
Lors de ma dernière garde de pédiatrie, j'ai remarqué un phénomène que je vois revenir de plus en plus fréquemment.

 J'ai vu arriver cette jolie ado âgée de 14 ans, pâle, longiligne, immobile, presque végétale, sur son fauteuil roulant. Des yeux magnifiques, légèrement souriants, le visage doux. Quelque chose m'a dit que j'avais déjà vu ça quelque part. Probablement dans the virgin suicides, mais aussi ailleurs, de nombreuses fois. La même beauté hermétique, en dehors du monde des névrosés, une souffrance devenant presque un art tant elle n'a jamais pu être comprise. L'expression "suicide attitude" m'est venue à l'esprit.
Elle était comme à un endroit ou vie et mort ne font qu'un. Morte-vivante. Elle était anorexique, mais l'anorexie était accessoire à cette attitude.
Pourtant mon interne n'a vu que ça. "Il faut manger parce que si on ne mange pas, on meurt."
Elle n'avait pas vu qu'elle avait affaire à une fille pour qui la mort n'est pas un problème.
C'était intéressant de voir le gouffre d'incompréhension entre ces deux personnes. L'une était bien persuadée que ses valeurs morales étaient absolues. Des valeurs qui n'étaient même pas les siennes mais celles de l'organisme auquel elle se voulait appartenir. L'autre se sentait totalement étrangère à tout ça. Elle n'avait rien à dire, et pourtant, elle avait infiniment plus de présence à mes yeux. Les schémas de l'interne étaient évidents, prévisibles, creux, répétitifs. Son discours rappelait la positive attitude invoquée par Raffarin. La fille était calme, silencieuse, présente à l'instant. Elle dégageait une grâce curieuse, sérieuse, avec laquelle je suis à l'aise, familier.
Cela me rappelait beaucoup de choses exprimées sur ce blog. Comme lorsque j'ai dit à ma mère que je ne me voyais pas vivre au delà de 25 ans. Le coup de l'apoptose. C'était pareil. Cette fille n'appartenait plus à cet organisme fait d'idées et de valeurs préconçues, destinées à assurer sa survie, son bon fonctionnement, qu'on pourrait appeler le mental collectif. Du coup, ce dernier ne faisait plus rien d'autre que lui donner une impression d'étrangeté, de solitude. Lorsque je lui demandais ce qui lui posait problème, elle me répondait avec un sourire doucement désolé, "J'aimerais être comme tout le monde.". C'était ça qui la faisait souffrir, qui l'empêchait de se relever et de marcher. Elle restait donc allongée là sans arriver à intégrer son existence dans ce monde qui ne lui parlait pas. Peut-être qu'elle aurait dû définitivement s'en dissocier plutôt que de rester coincée comme ça. Je ne sais pas.

Quand j'y pense, entre elle et l'interne, je ne sais pas bien qui m'apparaissait la plus vivante tout compte fait. On aurait dit que l'interne était un programme informatique sans utilisateur tellement elle était prévisible et répétitive. Qu'elle se permette de donner des conseils de vie paraissait aberrant, y compris aux yeux de la mère. L'adolescente était peut-être hors "organisme", hors système, mais elle répondait à des principes plus profonds, de l'ordre de la Présence, de la lucidité, de la beauté. Elle ne semblait plus savoir qui elle était vraiment, mais elle m'apparaissait déjà plus proche d'elle même, plus cohérente par ce doute.

Le fait d'être hors de cet organisme la rendait plus naturelle tout en la tuant.


Il doit y avoir un bug quelque part.

Ps: heureusement que j'ai fini mon herbe il y a quelques jours. Un petit mois de fumette modérée et j'observe que mes pensées sont beaucoup plus confuses et mes articles plus rares...

par WaXou publié dans : overhell
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Lundi 16 juin 2008
Que peut-il bien se passer dans la tête d'une fillette de 5 ans, en apparence tout à fait saine d'esprit et lucide, pour bouffer une plaquette d'anticholinergiques réservés au traitement de la maladie de parkinson et deux antipsychotiques réservés aux crises violentes.
Dr House, ce n'est vraiment pas loin de la réalité.
Alors que nous étions entrain de nous prendre le choux avec des maladies métaboliques impossible, des tumeurs du tronc cérébral, que j'étais entrain de réfléchir à la raison pour laquelle elle chutait en arrière malgré les moqueries de mes coexternes qui n'avaient, eux, aucune hypothèse à fournir, les parents pourtant tout à fait certains qu'elle ne pouvait avoir ingéré le moindre médicament ont fini par ramener ça. Et ça expliquait tout.
Une tentative de suicide? Non. Elle est trop jeune. C'est un accident. Enfin j'éspère.

Elle m'aura vraiment fait très peur. Voir une petite fille comme ça dans un état très préoccupant, qui semble se dégrader toutes les heures, ça empêche un peu de s'inquiéter pour le petit bout qui vient pour une diarrhée qui dure depuis 1 mois et que ses parents se sentent d'amener le dimanche, aux urgences, très tard dans la nuit, sans pouvoir donner une raison à cette soudaine impulsion.
Et pourtant, on s'aperçevra que le ptit bout a finalement une grosse tête et un bon retard psychomoteur malgré un poids et une taille dans les limites supérieures de la normale. Un truc que le pédiatre n'avait pas vu, ayant suivi régulièrement l'enfant, mais qui était évident pour nous qui ne l'avions jamais vu.
A croire que les parents avaient senti qu'ils devaient nous le montrer, sans savoir pourquoi.
Et en effet, ça pouvait aussi expliquer la diarrhée.
par WaXou publié dans : overhell
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Vendredi 13 juin 2008
J'ai beau avoir l'impression d'évoluer au fil du temps sans m'en rendre compte directement (je le remarque par les situations différentes que je vis et dans lesquelles je me jette), il y a quand même des choses qui persistent et qui me bouffent la vie.
Dernièrement j'ai vu 99f. Vers le milieu du film, le personnage principal prend du recul par rapport à sa propre vie, se libère de la folie à laquelle il participait jusqu'alors grâce à son talent d'artiste qui est à l'écoute des énergies qui le portent. Des énergies qui veulent retourner aux racines. Qui veulent du vrai, du vivant, du sincère et plus jamais de prise de tête ou d'hypocrisie. Malgré cette découverte, il se heurte à un choix. Il n'est pas encore complètement libéré. Soit il profite de cette libération pour faire n'importe quoi et sombrer dans les plaisirs faciles via les drogues et autre (ce qui dans le film le mène au suicide).  Soit il se construit SA discipline. Une véritable discipline, pas du tout faite pour l'arranger mais à laquelle il peut adhérer. Dans son cas, il décide qu'il doit apprendre à galérer, mais il veut des galères naturelles. Pas des galères sans queue ni tête qui le poussent à se battre finalement contre lui même en lui enlevant peu à peu tout ce qui fait de lui une personne. Paradoxalement c'est dans la nature qu'il retrouvera sa nature d'homme et cessera d'être un animal humain.
J'ai l'impression d'être encore entre ces deux choix. J'oscille entre n'importe quoi, animalité humaine et discipline intérieure. Ma discipline m'empêchant de sombrer trop loin dans le n'importe quoi et le n'importe quoi m'empêchant d'aller trop loin dans la discipline. Je commence à être las de cette situation car au fond, c'est quand même du n'importe quoi.
Pour moi, la discipline consisterait probablement à me mettre à bosser mes cours avec sérieux. Je crois que ça me libérerait. Il faudrait que je prenne soin de ma santé. Que je me mette à faire la vaisselle aussi par exemple. Ce n'est pas nécessaire mais c'est l'image que j'ai du non n'importe quoi. Et tout ça ne devrait pas être fait dans le but de trouver le salut. Il faudrait que je fasse tout ça en étant présent à ce que je fais et en y adhérant totalement.
Voilà, je crois, la source de toute discipline.
Je ne bosse pas mes cours parce que j'y suis obligé, à cause du système ou autre. Je bosse parce que je veux être psychiatre. Je sais que je pourrais m'épanouir dans cette discipline, y apporter de la vie, en faire presque un art personnel, c'est pour ça que j'ai décidé de continuer mes études de médecine et pour rien d'autre.
 Il y a quelque chose de profondément enfoui en moi, plein d'espoir, de passion, qui veut s'exprimer par ce biais. Quelque chose en quoi j'ai confiance et qui donne des couleurs à mon monde. Et c'est pour ce même quelque chose que je devrais trouver une discipline. Lui jurer fidélité une bonne fois pour toutes plutôt que de chercher des couleurs artificielles.
Je suis encore dans cet "après".
Parfois je l'oublie.


J'ai mis l'image du voyage de Chihiro car elle représente bien cette problématique. Chihiro est une petite fille qui se retrouve dans un monde effrayant après avoir perdu ses parents qui se sont transformés en cochons-humains, s'étant jetés sur la nourriture d'un restaurant désert et n'ayant justement fait preuve d'aucune discipline. Au fur et à mesure qu'elle acceptera ce monde, il deviendra finalement de moins en moins effrayant et de plus en plus magique.
par WaXou publié dans : overhell
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Jeudi 12 juin 2008

Découvrez MGMT!


Je viens de voir Phénomène (je crois que le vrai titre FR est phénomènes, mais vu qu'en anglais c'est "The happening", je préfère l'appeler "Phénomène"). Je vais parler ici de ce que ce film m'inspire, je ne vais pas dévoiler grand chose puisque ce film ne dévoile rien directement par lui même par rapport à sa bande annonce. Je vais juste éviter de parler de la fin même si elle ne m'a rien dévoilé sans réflexion à posteriori. Cependant, si vous comptez aller voir ce film, je conseille vivement de lire cet article après coup, ce sera bien plus intéressant.

Phénomène est un film qui présente un phénomène anormal, qui paraît incompréhensible. On lui cherche un sens tout le film mais bizarrement, on est renvoyé à une multitude de petites problématiques humaines qui paraissent sans rapport avec le phénomène, juste parallèles. Et pourtant, elle sont pour moi comme des indices que l'auteur a semé pour nous permettre de trouver un sens au phénomène. Un sens qui ne sera pas dévoilé à la fin mais qu'on devra chercher si on adopte une attitude scientifique. Sans ça, ce film peut donner l'impression d'être une grosse blague, un film catastrophe baclé et incohérent, d'autant plus qu'on nous donne via le personnage principal une hypothèse pour expliquer le phénomène. Une hypothèse qui ne tient pas la route. Ou alors seulement en partie.

Le truc qui met sur la voie, c'est qu'au lieu de nous plonger dans une action facile et cohérente, l'accent est mis sur des petites scènes, des petits tableaux montrant plusieurs paradoxes humains à travers des personnages décrits sur quelques minutes par leur attitude, leurs problèmes, leur tourments d'humains, qui meurent, ou pas, à cause du phénomène. Chaque personnage paraît cinématographiquement incohérent, mais pourtant réaliste.

Un film qui m'a tout de suite rappelé mon apocalyptic dream number one, lui même inspiré de the virgin suicides.

La différence c'est que dans mon rêve, c'est la nature qui dort au fond de l'homme, celle avec avec laquelle l'enfant est toujours en contact, qui provoque le suicide en masse des enfants parce que le monde dans lequel ils naissent ne parvient plus à les porter, à donner naissance à l'envie de vivre originelle, à l'instinct de survie.

Ici la nature est extérieure à l'homme... encore que...

Elle provoquerait des suicides via une neurotoxine qui déposséderait l'homme de son instinct de survie (c'est la théorie presque tout de suite exposée). Mais il y a tout de suite un problème: pourquoi l'homme se suiciderait sur le champ si on lui enlevait son instinct de survie? Car c'est bien ce que font les personnages. Une fois "infectés", il cherchent le premier moyen leur permettant de se suicider. Si le fait de perdre son instinct de survie pousse directement l'homme au suicide, c'est peut-être parce que ce dernier souffre tellement qu'il n'y a que son instinct de survie qui le tient en vie.

Je me rappelle avoir demandé à Quelqu'un, il y a peu pour tenter de montrer à quel point nous sommes prêts à cracher sur notre propre vie: "Si tu avais eu dans ta vie la possibilité d'appuyer sur un bouton pour que tout s'arrête d'un coup, te faire disparaître toi, ou la personne de ton choix et les problèmes associés à ton lien à cette personne sans autre conséquence que cette disparition, sans avoir de problèmes, combien de fois aurais-tu appuyé sur ce bouton?". Mon interlocutrice avait été sincère. Elle a reconnu qu'elle aurait sans doute appuyé beaucoup de fois sur ce bouton, y compris pour elle. Autrement dit, si le suicide ou le meurtre ne nous posait pas de problèmes pratiques, il y a aurait peu de vivants sur terre. C'est du reste ce qu'on fait souvent dans notre tête. Puisqu'on ne peut pas faire disparaître la personne dans la pratique, on le fait dans notre monde intérieur afin de le rendre moins problématique sans se rendre compte qu'on fait alors apparaître une nouvelle problématique bien plus subtile et enfermante: pour que ça marche, on est obligé de se réfugier dans ce monde intérieur, qui se décale de plus en plus par rapport à la réalité alors qu'on continue de vivre physiquement dans celle-ci. On se tue symboliquement à petit feu pour ne plus avoir de problèmes jusqu'à ce qu'ultimement, nous soyons tellement décalé qu'on ne sache même plus manger, respirer, aimer. Qu'on soit enfermés vivants dans un monde sans vie de moins en moins intéressant et stimulant. On se retrouve sans énergie et ce manque d'énergie nous conduit à nous sentir de moins en moins à la hauteur des obstacles qu'on rencontre. Ainsi la boucle est bouclée. On devient littéralement des morts vivants. On peut mettre cette idée en rapport avec le passage de Sixième sens, du même réalisateur que j'avais cité dans un article précédent: je vois des gens qui sont morts, ils vont et ils viennent comme n'importe qui, ils ne se voient pas entre eux, ils ne savent pas qu'ils sont morts.

A un moment du film est évoqué un exemple: des plantes sécréteraient une phéromone lorsqu'elles seraient menacées par des chenilles afin d'attirer des guêpes qui les tuent. Si on met en rapport le phénomène et cet exemple, on peut se demander de quel prédateur se sert la nature pour tuer l'homme. Et la conclusion serait que sans instinct de survie, l'homme se tuerait tout seul devant toute problématique. Il est donc son propre prédateur, et c'est juste son instinct de survie, un dernier vestige de la nature, qui l'empêcherait de se tuer. Il n'y a que ça pour le garder en vie, sauf peut-être pour les enfants qui eux, sont encore proches de leur nature, même si du coup, ceux-ci prennent de plein fouet la folie humaine et y réagissent en conséquence, d'une façon qui peut apparaître démesurée. (edit: ce qui est étonnant c'est que j'ai écrit cette dernière phrase sans me rendre compte qu'un passage du film impliquant deux jeunes illustrait totalement ce principe)

C'est une théorie peut-être un peu tirée par les cheveux. Mais c'est précisément cette idée qui avait rendu mon cauchemar si troublant. Le fait qu'un jour, la nature en chacun de nous serait tellement bafouée qu'un seuil serait atteint et que notre vie nous quitterait par une sorte de dissociation ultime qui provoquerait un suicide, soit symbolique, soit réel. Une idée qui semblait ressortir de "the virgin suicides", mais aussi des suicides en masse, de ce que j'ai vu aux urgences ou des troubles "borderline" qui selon un documentaire d'arté seraient de plus en plus fréquents sans qu'on ne sache clairement pourquoi. A savoir que les "borderlines" ont un taux de suicide très élevé étant donné qu'ils se retrouvent parfois à affronter une sensation de vide infernale au milieu de laquelle l'instinct de survie n'a plus vraiment d'importance.
.
C'est aussi l'idée développée par Marilyn Manson dans
"disassociative" dont j'ai déjà parlé. " Je peux vous dire ce qu'ils disent dans l'espace: notre monde est trop gris. Mais lorsque l'esprit est si digital, le corps agit de son propre gré / à sa façon, ce monde me tue..."

Principe encore retrouvé dans la musique de NoFX, "the decline" avec "Sara est partie, le processus de pensée disparu, elle a laissé son répondeur allumé (en gros, elle répond mais elle n'est plus derrière ses mots), le message d'accueil énoncé sincèrement, des messages que personne n'entendra plus jamais (...) Une balle, une tête vide, maintenant que la serotonine est partie."
L'idée du suicide paraît venir d'une partie de nous qui reprend le dessus. Une partie qui ne craint pas la mort, qui est au delà des problématiques de la séparation individuelle et qui décide qu'elle ne peut plus habiter ce corps ou tout du moins cette image de soi. C'est aussi pour ça, à mon sens, que lorsqu'on touche un tel fond on connaît soit une mort symbolique, soit physique et que c'est propice à la réalisation du fait qu'au fond, ce qui nous habite, notre âme, notre véritable nature est au delà de la séparation individuelle et du corps. Il y a un truc au plus profond de nous qui persiste même lorsque tout le reste meurt, y compris la séparation physique.

On peut aussi voir ce principe dans les livres d'Eckhart Tolle. Notre esprit est devenu tellement prépondérant dans notre vie, à tourner en boucle, qu'on ne perçoit plus rien, qu'on ne prête plus attention à quoi que ce soit, ni à qui que ce soit. Il y a tellement de problématiques les unes sur les autres que jamais nous ne touchons le fond, le silence nécessaire à la perception de ce qui Est. On vit presque uniquement dans notre tête avec de brefs intervalles de présence qui passent inaperçus sous la masse des pensées alors que ce sont uniquement ces instants qui nous gardent en vie, qui nous permettent de respirer sans que nous nous en rendions compte.

Du reste, à la fin du film, il arrive quelque chose de bien particulier aux personnages principaux et on peut se demander si cela influe sur le phénomène. C'est probablement le cas, sinon le film n'aurait aucun sens, et cela va dans le sens de ma pensée. Je ne dévoile rien parce que c'est à peu prés la seule chose dévoilable dans ce film. Le reste ne sont que des événements qui s'enchaînent dont le trait principal est déjà dévoilé dans la bande annonce.

Ce film invite donc à la réflexion pour trouver du sens. A une réflexion profonde mais particulièrement trippante. Peut-être que ce que je dis est à coté de la plaque, c'est bien sûr à chacun de se faire son idée..

Lorsqu'il s'est fini, je ne savais vraiment pas quoi en penser. Il a pris toute sa profondeur dans la réaction qu'il a suscitée en moi après coup lorsque je me suis dit "soit ce film ne tient pas la route, ou soit il faut comprendre quelque chose par son aspect patchworké ;). Je me demande s'il a fait le même effet à tout le monde ou si c'est moi qui ai été long à la comprenette (je n'ai d'ailleurs pas du tout compris lorsqu'une partie de la salle a applaudi à la fin).

Edit: j'ai mis après coup cette musique de Mgmt en fond pour cet article car elle représente tout à fait l'esprit qui anime ma réflexion avec une dose d'espoir en plus. Un esprit dont je n'ai pas réussi à parler directement ici.
Merci Julien.

par WaXou publié dans : overhell
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Mercredi 11 juin 2008
Départ de pookie, je reste seul. J'ai reçu du kratom il n'y a pas longtemps. Je n'ai pas envie d'aller en conf. Ça ne fait que deux semaines que les exams sont finis. J'ai bien le droit de glandouiller un peu. D'autant plus que depuis quelques années, je sais que la capacité à glandouiller peut se perdre.
Je me fais mon bol. Pas besoin d'en mettre beaucoup. Dernièrement je suis tombé sur des séries peu corsées en alcaloïdes. Ma tolérance n'est pas bien haute. Je bois l'infâme breuvage et j'attends que les effets se fassent sentir, la tête enfouie dans un oreiller. Quelques dizaines de minutes plus tard, je rêve. Je me dis que s'il y a une drogue que je veux tester, c'est l'opium. Je ne sais pas pourquoi, cette substance me paraît avoir une âme contrairement à d'autres drogues plus dures. Le kratom s'en rapproche beaucoup paraît-il mais le goût gâche tout.

Je suis réveillé par la sonnerie de mon téléphone. Pas le temps de décrocher. C'était cette vieille amie dont j'ai été amoureux il y a plusieurs années, à l'époque ou j'avais senti une profonde connection entre nous. Depuis c'est comme si un gros mur nous séparait. Elle est de passage chez un bon ami, actuellement interne aux urgences, dans un service que je connais bien. Elle me propose de passer. Pourquoi pas.
Je marche quelques minutes. Je connais cette route par coeur. Je l'ai descendue et remontée des centaines de fois. Parfois avec des kilos de courses sur chaque bras. Cette fois je n'ai pour bagage qu'une bouteille de rosé bien fraîche.
Je débarque dans l'appart de mon ami interne encore plus bordélique que le mien. Calage sur la terasse-jardin. C'est dommage, le kratom atténue l'effet de l'alcool. Je reste ultra zen malgré les débats naïfs dans lesquels je me laisse emporter.
Parler de tout et de rien, rigoler pour des conneries. Réaliser que tout le monde croit ou veut croire en la même chose et fait les même erreurs. J'ai confiance. Je ne sais pas en quoi. En moi ou en eux, ça revient au même. J'ai le sourire. La seule chose qui m'attriste c'est de croire que toute cette belle innocence va être érodée au fil des années. J'espère qu'elle saura persister et devenir un fond, comme le rocher devient sable à la fois fluide et solide qui supporte l'océan. Pfff. Moi et mes images à la con.
Je repars. Il est une heure du matin. Le prochain rendez vous est pris pour la fête de la musique. Je sors de l'immeuble. Finalement le vin blanc et le rosé tappent à retardement.
Je marche moyennement droit dans ces rues bourrées de voitures. Je passe devant mon ancien appartement. Je salue intérieurement mon successeur qui a laissé sa lumière allumée. Il a raison. Faut laisser sa lumière allumée. Keep your lights on.
Elles sont belles ces rues tout compte fait. Les crottes de chien sont en voie de disparition, ou peut-être ai-je appris à les occulter tout en les évitant. Ou alors peut-être que c'est parce que je marche au milieu de la route. Je décide de prendre une photo de ce moment éminement insignifiant parce qu'il me paraît justement unique.
Je m'arrête au distributeur robotisé. Un couple de jeunes semblant à peine sortis de la voiture de papa et maman sont assis par terre avec un chien. Ils me demandent une pièce. Je les regarde, la fille à les yeux complètement dissociés. Ce n'est pas un strabisme, c'est assez effrayant. Ils me remercient de mon refus. Étrangeté quand tu nous tiens.
J'aimerais savoir d'ou ils viennent. Pourquoi ils sont là mais j'ai peur d'être trop intéressé.
Je me couche en oubliant de régler mon réveil.
Quand je fais n'importe quoi je ne le fais pas à moitié.

(ps: je viens de regarder un peu qui me visite en ce moment et je remarque que depuis deux jours je reçois des visites du ministère de l'intérieur ainsi que de la santé et affaires sociales, j'hésite à enlever mon article sur le kratom puisque visiblement c'est celui là qui les intéresse le plus...)
par WaXou publié dans : overhell
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