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Mercredi 13 février 2008

...qui quelque part, me ressemble un peu.

 En ce moment j'ai plusieurs problèmes dont j'aimerais parler en profondeur, mais en poser les bases prendrait déjà des pages...

Pour résumer mon week end aprés l'article précédent, une amie qui devait venir me voir m'a posé un lapin, j'ai mal vécu le fait que je doive le sentir à l'avance par des techniques jedi et d'avoir à venir lui parler pour qu'elle me l'avoue le samedi soir à 20h, mais vu que je n'avais rien de prévu, quelle importance, me dit-elle?
Et bien peut-être que si j'avais su que j'avais tout le week end de libre, je ne l'aurais pas passé à ranger mon appartement, à faire les courses, le ménage, la machine et le repassage, sans compter récupérer mon sommeil. Alors d'un point de vue "pratique", c'est plutôt une bonne chose. Seulement je crois bien que ma déception n'est pas sur le plan "pratique". Comme s'il n'y avait que ça qui comptait.
A la fin on finit par se le demander.

Une fille avec qui j'ai fait un stage il y a 3 ans et avec qui j'avais été gentil avant de la connaître pendant la durée de ce pré-stage (cad 1 mois 3 matinées par semaine) me harcèle malgré mon indifférence grandissante affichée quant à un quelconque désir de rapprochement. En bref, on a aucun lien, depuis 3 ans, au pire lui ai-je dit bonjour deux ou trois fois. Je me sentais un peu traqué, mais je me pensais parano.
Le problème c'est qu'elle a eu ces dernieres semaines et particulièrement ce week end une attitude pour le moins inquiêtante alors que je croyais le problème réglé. J'ai fait l'erreur de répondre à un appel sur mon portable alors que je ne connaissais pas le numéro, et de discuter avec elle vu qu'elle me demandait des conseils. Or depuis, c'est la folie.
 Du genre à m'envoyer 7  textos en 2h pour me parler de tout et n'importe quoi. A m'appeler à 2h du mat, passer chez moi sans me prévenir alors qu'elle n'est pas censée savoir ou j'habite, squatter le couloir pendant 1h ou bien faire des malaises avec cris, pleurs, hurlements, et gesticulations anarchiques lorsqu'elle voit une fille me faire la bise et discuter avec moi. Ou alors juste  parce que je lui dis que je ne peux pas la raccompagner chez elle à 1h de route. D'ailleurs voilà bien le problème, j'invoque les 1h de route. Mais c'est tout simplement que je n'en ai pas envie.
Le problème est difficile. Le quantité de mal être qui est en jeu est tellement grande que j'ai l'impression d'avoir sa vie entre mes mains et ça, c'est pas une position acceptable pour poser une quelconque action. Peut-être qu'un petit texto disant "Désolé mais je me sens harcelé et je ne peux pas t'aider" pourrait arranger les choses me dira t'on, mais j'ai déjà tenté, et c'est tout de suite 5 textos d'excuses, et rebelote 1 mois aprés.
 Mais grace à une blonde bien décidée à faire valoir mes droits, j'ai une échappatoire plus fine. M'enfin aprés avoir ignoré 10 textos et 5 appels en deux jours, +2 ou 3 sonneries chez moi, je crois que ça devrait suffir non?
C'est sur, d'un coté je me dis que j'aurais dû ouvrir, et lui dire un truc du genre qu'elle se trompe de personne, que je n'ai pas la tête à discuter avec elle et que son comportement abusif n'arrange pas les choses. Que je ne peux rien faire pour elle même si elle sollicite mon aide parce que je suis manifestement mal placé.
Mais quand je la vois, je suis tout de suite comme transpercé par la sensation de mal être qu'elle dégage. On la sent comme capable de faire n'importe quoi. On est plus dans le domaine de la logique, du respect ou même de la compréhension de l'autre.
Des amis qui la connaissent et à qui j'ai montré les textos pensent sérieusement que je suis en danger. Mais la  seule solution proposée par l'un d'eux n'est pas vraiment constructive: lui envoyer des textos par le net en lui faisant croire qu'elle a un bel admirateur mystérieux pour la détourner. C'est original, mais je crois que c'est la meilleure solution pour achever de la rendre folle. Il sait jouer avec les sentiments le salaud, je comprend pourquoi il est si fort pour draguer.

Je me souviens aprés coup que lorsque j'étais petit, il m'était arrivé la même chose avec une fille. Et je m'en étais beaucoup voulu par la suite. Je devais avoir 6 ou 7 ans, elle s'appelait Jennifer. On ne s'était jamais parlé, tout ce dont je me souviens d'elle, c'est de mon indifférence à son sujet. Or elle venait à pied chez moi toute seule - ce qui a cet âge était impressionnant - et venait sonner. La première fois je lui ai demandé ce qu'elle voulait, elle m'a dit qu'elle voulait juste me voir. J'ai refusé. Les autres fois, au nombre de 4 ou 5, je lui ai refermé la porte au nez. Peut-être étais-je cruel, mais au moins le problème était plus vite réglé ce qui au final était autant profitable pour elle que pour moi... troublant paradoxe.

Sinon à part ça, j'ai composé une ébauche de nouvelle musique [Maintenant mes créations sont indexées à la page "création" accessible dans le menu si tout se passe bien, sinon je ferais un article spécial création]
Mais mon stage de chir, lui est toujours aussi pourri.

Edit du 14/04/08: suite à mon silence, elle a décidé d'arrêter provisoirement ses études de medecine. Je crois que c'est mieux ainsi. Au téléphone j'avais beaucoup insisté sur le fait que son problème pour dormir était accessoire et qu'à sa place, dans de telles conditions, j'aurais été incapable de poursuivre mes études. A vrai dire je suis même rassuré. Je craignais le pire car ça m'est déjà arrivé.

par WaXou publié dans : overhell
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Samedi 9 février 2008

undefinedJ'en ai vraiment marre!!! Je n'aime pas l'idée d'écrire un article de pure râlerie mais là faut que je me défoule.

Quand on passe une commande à l'étranger et qu'on veut qu'elle soit assurée, c' est à dire qu'il y ait une preuve d'envoi, et que si jamais ça n'arrive pas on puisse être remboursé, on est obligé de prendre un service d'expédition haut de gamme, quel que soit le pays. Ca coute un peu cher, mais en bonus, il y a aussi un délai de reception bien plus court.
Or, chez nous, les français, toujours au top, c'est Chronocrotte qui gère le colis une fois son entrée dans le territoire. Jusqu'à présent, il ne m'ont fait que des bouses..

La première fois les livreurs n'ont pas sonné, probablement que l'idée d'une machine parlante pleine de boutons appelée digiphone leur a fait peur. Ce n'est qu'en pistant mon colis sur le net que j'ai découvert qu'il y avait eu une tentative de livraison infructueuse, message suivi par une phrase limpidissime  "Envoi mis en instance au point de retrait". En instance? Point de retrait? Chronoloque ou La Poste?
J'ai passé toute l'aprés midi à essayer de résoudre l'énigme. J'ai commencé par les deux postes les plus proches ou sont habituellement déposés mes colis classiques. Nada. J'ai donc téléphoné à un Monsieur trés gentil, qui m'a conseillé d'aller à la poste centrale de Marseille pendant qu'il "ouvrait une enquête"... je n'en demandais pas tant. Surtout que dans mon colis, il y avait des trucs un peu louches... mais passons.
A la poste centrale aprés 1H de queue sans exagérer, la guichetière me renvoit vers une poste en dehors de Marseille. Là je craque et j'apelle la "plateforme centrale", je ne sais pas pourquoi, je ne savais même pas ce que c'était, et curieusement, j'ai une jeune femme au téléphone qui est tout de suite capable de localiser mon colis (alors que je devrais attendre 2 jours pour que l'enquête de la CIA arrive au même résultat) et me renvoit... attention.... vers la première poste ou je suis allé. Ils n'avaient pas bien cherché, Chronoflop n'avait pas bien "signalé" le colis. Mais bien entendu je n'aurais mon colis que le lendemain étant donné que j'arriverais à 18h27 (heure de la pharmacie à coté), et que la poste fermait à 18h30. Réponse de la guichetière "oué mais vous croyez que vous pouvez venir quand vous voulez".
Je n'imagine pas quelle aurait été ma réaction si j'avais été un homme d'affaire qui attendait des documents dont le futur de sa carrière pouvait dépendre, certainement que ça aurait été du genre American Psycho.

La deuxième fois, même tableau, pas de sonnerie, pas de papier, juste le même message obscur sur internet. Sauf que là je suis directement allé à la même poste, et j'ai insisté lourdement. Problème réglé en 5 minutes.

La troisième fois, à ce que j'ai compris,  il n'ont pas su ou déposer le colis, alors ils l'ont directement renvoyé à l'expéditeur. No comment.

Et là, c'est le comble. Hier aprés midi mon colis a quitté Paris pour aller au centre de tri. Ce qui veut dire que Chronophoque devait passer ce matin pour me l'amener. C'est pour cette raison que je suis rentré à Marseille à 3h du matin et que j'ai refusé de dormir dans l'une des plus belles maisons que je n'ai jamais vu ou Coline m'avait gracieusement invité (et qui au passage m'aura bien remonté le moral malgré sa migraine ;) ), et probablement loupé l'une des plus belles vues de lever de soleil sur mer de Carqueirane, voire de la région.
Faut me comprendre, ils m'ont terrorisé Chronopopotte maintenant.
Ce matin, je me lève, regarde sur internet, et là, je reste coit devant leur puissance créative lorsqu'il s'agit de faire des bouses nouvelles.


ven 08/02/2008
16:24
ROISSY INTER CHRONOPROUT
Envoi sorti de l'agence import

 Jusqu'ici, tout va bien

ven 08/02/2008
17:55
ROISSY CHRONOPROUT
Tri agence de départ en cours


sam 09/02/2008
06:38
CHAMBERY CHRONOPROUT
Tri agence d'arrivée effectuée

Kess ki fout à Chambery mon colis? Il s'est senti de faire deux trois rouges avant de venir?

sam 09/02/2008
06:38
CHAMBERY CHRONOPROUT
Envoi mis en instance le samedi au point de retrait

Ah ben non, il m'attend là bas!

sam 09/02/2008
09:04
CHAMBERY CHRONOPROUT
Erreur de tri en agence

Quand même, ils se rendent compte que mon colis n'a rien à faire là. C'est à la fois heureux et désespérant, parce qu'aprés coup de fil, j'apprend que l'adresse était la bonne, tout comme la ville, l'arrondissement et le numéro d'appartement. Mais par contre, c'était pour Mr Thibault. Ok mais pourquoi l'envoyer à Chambery? C'est là ou il y a tous les Mr. Thibault?

Je reste néanmoins fasciné devant cet enchaînement, surtout venant de l'élite du service d'expédition français. :
Attention... on trie... Départ!.... oups! carrément à coté... Désolé Mr. Thibault.
Ils envoient leurs colis avec une catapulte ou quoi?

EDIT du 07/03/08
Nouvelle bouse. Le colis part avec Royal Mail avec un numéro de suivi. Tentative de livraison à une heure ou j'étais chez moi mais comme d'hab, livraison fantôme, pas de récipicé, pas de sonnerie, j'ai même croisé le facteur ce jour là avec ses colis et le mien n'y était pas. Au bureau de poste, le type a cherché sur le net, n'a rien trouvé et en a déduit qu'il serait livré dans une semaine (?!). J'ai insisté pour qu'il aille voir s'il n'était pas là quand même mais il a tout simplement refusé. Or la derniere fois c'est comme ça que j'ai réussi à avoir mon colis mais il en avait rien à faire. Il faut que je fasse quoi pour avoir un récipicé? Une affiche en bas de mon immeuble pour expliquer comment ça marche avec des dessins?

par WaXou publié dans : articles "informatifs"
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Jeudi 7 février 2008

Hier lors d'une conversation MSN, je me suis vu écrire:
"Calcule quand tu as à faire des calculs
Mais vis lorsque tu dois vivre
Dans ta vie il t'arrivera de faire des calculs
Mais ne fais pas de calculs sur ta vie"
Je n'avais dans l'idée de jouer au poète, ni au donneur de leçons, juste dire que la vie était plus importante que les calculs parce que je voyais mon interlocutrice se retrouver bloquée, comme s'il manquait une dimension pour résoudre son problème, pour prendre une décision, et cette dimension, c'était elle. Et j'ai souvent le même problème.

Les matinées sont difficiles en ce moment.
Depuis le début de mon cursus, c'est le premier stage que je prends sur conseil. Et depuis le début de mon cursus, je n'ai jamais eu autant de mal à y aller.
Je me souviens d'Amandine, qui me disait lorsqu'on sortait ensemble que les débuts de stages se passaient toujours mal pour moi. J'avais été assez frappé par sa lucidité parce qu'elle avait tout à fait raison. Mis à part mon dernier stage de psy, et mon premier stage de medecine interne lors de tous mes autres stages, j'ai mal vécu le premier mois.
 Déjà que je n'arrivais pas toujours à l'heure en psy alors qu'il fallait arriver à 9h30. Ici, c'est 8h. 5 minutes de retard, on se fait jeter.
Les chirurgiens, ils ont une façon de parler qui m'a toujours surpris.
La différence entre Dieu et un chirurgien, c'est que Dieu ne se prend pas pour un chirurgien. Je trouvais cette blague facile, mais il y a du vrai.
Je pourrais comprendre le coup des 8h si le service était au top. Mais c'est The Bordel. Nous on veut bien faire notre travail, mais il manque les deux tiers des dossiers, et notre rôle le plus crucial, c'est de ranger un gros tas de dossier en vrac, une heure par jour, ce qui est médicalement trés enrichissant (c'est ce qu'on a essayé de nous faire croire pour ne pas qu'on râle).
Certainement que les chirugiens doivent bien d'amuser au bloc, mais moi pour le moment, lorsque je me lève à 6h30 pour finir le boulot de secrétaire à 11h, je n'ai pas spécialement envie de faire le poteau dans un bloc jusqu'à 13h. Mais quand j'y pense. Si j'étais payé... allez, disons, 4 euros de l'heure, et que je n'avais pas l'internat à bosser à coté, je le vivrais bien mieux.

Qui a bien pu me conseiller un stage pareil. Je ne m'en souviens même plus.

J'ai fait l'erreur à ne pas faire: une décoction de Kratom pour me consoler.
Me consoler.
Hier je disais à O. que seul un coeur ouvert peut consoler un coeur blessé. Parce qu'elle me disait qu'elle se consolait toute seule. Et moi avec mes mots, je n'étais pas d'une grande utilité. Mais c'est tellement triste de se consoler tout seul. Ca ne marche pas. Ca s'accumule. Et son problème me touche. Elle souffre et adopte vis à vis d'elle même la même attitude de discredit que d'autres ont adopté avec elle pendant des années. Elle ne prend pas sa souffrance au sérieux et elle s'étonne que la vie soit si difficile. Non en fait, il n'y a que de rares moments ou elle s'en étonne. Elle y est habituée. Elle n'éspère pas mieux. Est-ce qu'elle n'ose pas, ou est-ce qu'elle le fait exprès. J'en sais rien. Même elle, je ne sais pas si elle le sait.

Mais il y a plus triste, c'est de faire des enfants pour se consoler. Des enfants qui héritent d'une peine qu'ils ne comprennent pas. Il me semble qu'il y ait tout un cercle vicieux qui peut se transmettre de générations en génération. C'est ce que je crois lorsque je lis des livres comme "Le bonheur d'être soi", ou "parents toxiques" ou lorsque je me suis retrouvé à discuter avec des patientes qui avaient tenté de se suicider, aux urgences. C'est toujours plus ou moins le même genre de schéma qui ressort. Des cicactrices qui ne se referment pas et qu'on camoufle. C'est l'image qui m'était venu lorsque j'avais suturé ce SDF alcoolique qui s'était fait une plaie béante sur le crâne. C'était l'une de mes premières sutures et j'étais choqué par toute cette souffrance. Et alors que je suturais la plaie, j'avais l'impression de suturer une bouche ouverte qui criait. Pas de coeur ouvert qui console dans le coin. Juste de la xylocaine et des kits de suture. On referme la plaie parce que ça ne fait pas beau une bouche pleine de sang. Mais la cicatrice intérieure, elle continue de saigner.

Dans mes dernières pensées de ce blog, je me retrouve encore trés proche de Marilyn Manson, par exemple dans "man that you fear"
I was born into this
everything turns to shit
the boy that you loved is the man that you fear
peel off all those eyes and crawl into the dark,
you've poisoned all of your children to camouflage your scars
pray unto the splinters, pray unto your fear
pray your life was just a dream
the cut that never heals
pray now baby, pray your life was just a dream
the world in my hands, there's no one left to hear you scream
there's no one left for you


Ou dans "Coma black"

Her heart's bloodstained egg
we didn't handle with care
it's broken and bleeding
and we can never repair

Ou dans "Great big white world"

But I'm not attached, to your world, nothing heals, nothing grows, cos it's a great big white world, and we are drained of our colours. We used to love ourselves, we used to love one another.



Je croyais pourtant avoir passé ma période Marilyn Manson. Mais décidément... là ou je croyais voir de la haine gratuite, je me rends compte que si beaucoup de ses musiques me plaisaient ce n'était pas pour rien. Il y avait vraiment un cri du coeur derrière. Je me demande si les automutilations, ce n'est pas une manière d'ouvrir des bouches qui expriment la douleur, lorsque la véritable bouche est maintenue fermée. Je me souviens des fois ou je me suis mutilé. Dans ma tête, la souffrance était atroce, et quoi que je dise, ça se retournait contre moi. Alors en rapant mon point contre le crépit des murs, au moins je matérialisais ma souffrance, même si du coup cela achevait de me discrediter. La crédibilité n'avait plus d'importance dans ces moments. Comme O. me disait. Si je le quitte, là au moins, je ne me sentirais pas seule pour rien...


porcus-copie-1.JPG
Mes premières sutures sur un pied de porc. Merci Nathalie.

Décidément cet article part dans tous les sens, c'est affligeant.

par WaXou publié dans : overhell
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Mardi 5 février 2008

bruce.jpgJe n'ai jamais été cinéphile. Pourtant en ce moment, à chaque fois que je regarde un film un peu genre blockbuster, il m'apparaît une deuxième lecture.
La dernière fois, c'était Bruce tout puissant:
 Première lecture: (lire dans sa tête avec une voix off style bande annonce de blockbuster) "Bruce est un type qui en veut à Dieu de ne rien faire pour lui... Mais voilà qu'il se retrouve avec ses pouvoirs sans savoir s'en servir! Et c'est la catastrophe!  Bruce découvre alors que c'est bien d'être un simple mortel." Scénario facile, morale à deux francs, le plus intéressant c'est surtout le jeu d'acteur de Jim Carrey.

Deuxième lecture: Tout compte fait, c'est l'histoire d'un type qui se refuse à être un trou du cul, qui refuse de faire des choses auquelles il n'adhère pas, quand bien même cela l'empêche d'acquérir une place plus confortable, plus respectable. Le problème, c'est qu'il en chie chaque jour et pour un type qui ne veut pas être un trou du cul, c'est crispant (cette phrase seule résume bien des cercles vicieux merdiques). Ainsi, il finit par ne plus savoir à quoi ça sert d'être conforme a "ses" convictions.

 Par exemple lorsqu'il va aider un clochard qui se fait emmerder par des djeunes, il n'est pas obligé de le faire, il vient de se faire virer de son job, pourtant, il va quand même l'aider, sans réfléchir.
  Au début, il manifeste son indignation spontanément. Les jeunes partent. Ensuite, il dit un truc du genre "vous faites bien de partir".
 C'est une toute autre attitude. Il invoque le "bien". Alors qu'il l'incarnait jusqu'alors, c'était ça qui avait donné toute la puissance de son acte, il avait foi en lui et ça a fait partir les jeunes. Mais là, il n'agit plus et les jeunes le voient différemment, assez différemment pour faire demi tour et s'attaquer à lui.
On pourrait dire: c'est juste parce qu'il les provoque, qu'il sous entend: si vous n'étiez pas partis je vous aurais mis une raclée. Et que c'est ça qui énerve les jeunes. Mais pourquoi les provoque t-il alors qu'il sait trés bien qu'il ne leur aurait pas mis de raclée. Il dit ça parce qu'il veut à tout prix invoquer le Bien, la justice. En disant ça, ça lui permet de croire à la Grande Justice. Et les jeunes se font un plaisir de lui montrer que sa grande justice, il peut se la mettre autre part.

Les choses s'aggravent jusqu'à ce qu'il finisse par dire NON. Fini la morale, fini les convictions de bien ou de mal, fini de s'empêcher d'être un trou du cul pour se faire chier dessus, finie la foi. Il a bien voulu essayer, mais tant pis, il préfère encore être foudroyé sur place par ce Dieu qui ne l'aide jamais malgré tous ses efforts que de continuer de croire en des choses qui sont perpétuellement baffouées. Si les choses doivent être à ce point injuste, alors fini de croire en un Dieu pareil. Mais voilà, il ne se fait pas foudroyer. Peut-être que cette notion de justice n'a finalement rien à voir avec Dieu, contrairement à ce qu'il croyait. Peut-être que ce n'était que la sienne...

Et c'est là qu'il obtient un contact avec Dieu qui lui donne ses pouvoirs.
Il n'est plus Bruce, il est Bruce tout puissant. Il obtient ce qu'il veut. Mais ce qui apparaît, c'est qu'il ne veut pas que les choses se passent de manière juste et équitable. Il veut la vengeance. Et c'est pour ça qu'il va utiliser ses pouvoirs la plupart du temps.
Il va descendre son concurrent au boulot, il va faire sortir un singe par le cul de l'un des jeunes qui l'avaient frappé, il va répondre aux attentes des autres, à toutes les attentes pour combler le manque de respect et d'admiration auquel il croit avoir le droit. Et ainsi, il se retrouve dans un merdier fou.
 Le pire étant qu'il en vient à perdre l'amour de sa femme. Il a beau lui faire l'amour comme un Dieu, faire tout pour qu'il ait l'air admirable, parfait. Finalement, ce n'est plus Bruce. Il a vraiment perdu son Humanité.
A la fin, il veut la récupérer. On pourrait se dire que la morale, c'est qu'il vaut mieux accepter son humanité, parce que si on avait les pouvoirs de Dieu, on ne s'en sortirait pas. C'est une morale trop superficielle.

La véritable morale, c'est que ce qui lui pose réellement problème, ce n'est pas de manquer de pouvoirs, ni d'avoir des convictions. C'est qu'il se sent victime de ses convictions. Il ne se rend pas compte qu'elles font partie de lui et que Dieu ne l'empêchera pas d'en avoir d'autres. C'est ça le libre arbitre. S'il veut être un trou du cul, il peut. Dieu ne l'en empêchera pas. Tout comme il n'empêche pas les autres trous du cul d'être des trous du cul et de réussir.
Et là, il se rend compte qu'en effet, si c'est son choix d'agir en suivant ses convictions, alors les obstacles qu'il rencontre ne sont plus perçus comme des punitions, comme des injustices. Ce sont ses convictions qui n'impliquent que lui. Les croyances toutes faites, du genre "en étant bon avec les gens, on est récompensé", ça ne vient pas de lui. L'expérience lui montre bien que ça ne marche pas comme ça. Pourquoi croirait-il une chose pareille.
Paradoxalement, à la fin du film, il est bon avec les gens, et il est récompensé: il est heureux, sa femme l'aime. Mais ce n'est pas simplement parce qu'il est "bon" avec les gens qu'il est récompensé, mais parce que cette bonté lui vient de l'acceptation de ses convictions, et non d'efforts de conformation à des idées toutes faites, sur la justice, Dieu ou le bien qu'au fond, il n'assume pas.
Au début de l'histoire, il a beau penser qu'il faut être bon avec les gens, quand il n'a pas ce qu'il veut, ou quand il lui arrive quelque chose de mauvais, il se venge, donc il fait le mal. Cela prouve bien qu'il n'adhére pas à sa propre conviction. Là, sa bonté est différente. Elle émane de lui.

La réussite qu'on obtient en étant un trou du cul, c'est une réussite finalement trés peu ambitieuse. Elle se limite au pouvoir, à l'argent et à la sécurité. Mais pas d'Amitié, pas de surprises, pas de rêves, pas d'Amour, pas de Relation pour un trou du cul. C'est une réussite de surface, c'est pour ça que le trou du cul est fermé, c'est parce qu'il doit retenir toute cette merde en lui qu'il n'assume pas. Mais au moins, s'il s'ouvrait, ça passerait et ça lui ferait moins mal. Alors peut-être pourrait-il cesser d'être un trou du cul.

Mais bref, Bruce tout puissant, c'est un film qui montre que nos véritables Convictions, celles qui sont conformes avec ce qu'on est, on les agit sans calcul, sans penser au but..
 Celles qui sont préconçues, ou imposées ou auxquelles on n'adhère pas entièrement (parce que c'est pour être conforme à une religion, ou à une doctrine, ou même a une personne dont le regard nous est important), on ne les agit pas ou mal, on essaie plutôt de les invoquer. Et ça se retourne contre nous. Alors forcément on en veut à ce qui nous a imposé la conviction. Ou à ceux qui ne les respectent pas. C'est selon. Le truc, c'est que c'est à nous de lâcher les idées pré-conçues auxquelles on n'adhère pas. Comme celle de l'amour qui demande des comptes duquel rien ne pousse et rien ne soigne, ou celle de la réussite à la Sarko, être président de la république marrié à un top model, pété de tunes et de pouvoir. Est-ce que tout ça, maintenant, ça a vraiment de l'importance... pour nous? Est-ce que c'est vraiment ça notre vision la plus ambitieuse du bonheur? J'éspère que non ou alors c'est que notre capacité à rêver est sur le point de pourrir.


Une petite musique dans l'esprit de cet article: John Lennon - Working Class Hero

As soon as your born they make you feel small,
By giving you no time instead of it all,
Till the pain is so big you feel nothing at all,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
They hurt you at home and they hit you at school,
They hate you if you're clever and they despise a fool,
Till you're so fucking crazy you can't follow their rules,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
When they've tortured and scared you for twenty odd years,
Then they expect you to pick a career,
When you can't really function you're so full of fear,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
Keep you doped with religion and sex and TV,
And you think you're so clever and classless and free,
But you're still fucking peasents as far as I can see,
A working class hero is something to be,
A working class hero is something to be.
There's room at the top they are telling you still,
But first you must learn how to smile as you kill,
If you want to be like the folks on the hill,
A working class hero is something to be.
A working class hero is something to be.
If you want to be a hero well just follow me,
If you want to be a hero well just follow me.

par WaXou publié dans : overhell
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Dimanche 3 février 2008
Je ne sais encore pas trop comment j'arrive à m'en tirer.
J'ai vraiment déconné niveau boulot, ce quadrimestre. Il faut bien que je le garde à l'esprit. Probablement que mes résultats seront bons, mais c'était vraiment trop du freestyle là.
Ensuite vendredi, balade avec FH pour voir un peu les soldes sur les skis, j'ai refusé une soirée karting, sans trop savoir pourquoi. Pourtant j'aime bien le kart, mais j'étais fatigué je pensais me coucher trés tot.

Le soir, je me suis pris une bonne petite despé 65 solo mais je n'ai même pas pu la finir. J'ai eu envie de dormir. Alors je me souviens que pris d'un coup de fatigue foudroyant, je me suis étalé dans mon canapé juste derrière l'ordi.
 Lorsque je me suis réveillé, j'étais complètement déboussolé, ce soir là, j'avais prévu d'écrire, de faire de la musique, bref, de me la couler douce. Et là, tout ce dont j'avais envie c'était d'un jus de fruit frais et j'en avais pas.
 Mon appartement étant sans dessus dessous, je glissais sur les feuilles de cours écornées pleines de ratures, faisais tomber des assiètes en carton avec des restes de nuggets cuits au micro ondes immangeables, un vieux patch à la nicotine collé à la chaussette.
Petit tour à 1h du mat à la station service automatique. Le coin préféré des prostituées. J'achete un Pago A.C.E, je le bois sur place.
Ca me fait marrer cette ambiance. Un robot me sert mon jus de fruit, dans une station service déserte, ça pue l'essence, il fait froid. Je rentre dans mon immeuble, je prend l'ascenseur extérieur duquel on voit ma fac. Je regarde brièvement ma tête dans le mirroir. On dirait un revenant. J'ai des cernes monstrueuses, je suis pâle, mal rasé, les yeux rouges, les levres sèches, les cheveux complètement en pétard. Je rigole.
Ces derniers temps, je rigole beaucoup de l'absurde. Je prends ça pour un bon signe.

Je tente de me coucher mais mes jambes me font mal, je ne sais pas pourquoi. Je n'arrête pas de les bouger parce que ça me soulage mais pas moyen de m'endormir. A 3h, je décide de prendre du dextropropoxyphène aka diantalvic pour calmer les douleurs. 1h aprés, non seulement les douleurs ne sont pas calmées mais en plus je n'ai même pas sommeil. Je décide de prendre un valium que j'ai chouré en psy. Quand même, à 4h du mat aprés la semaine que j'ai passé, je devrais avoir sommeil?
Et d'un coup... vite, le seau et BEUAAAAARG! Je vomis une gerbe orangée qui me sort à moitié par le nez et atterit sur le mur, le seau et le sol. Je me met à trembler, je sens la fievre monter. Ok c'est la gastro. Super.

 Je vois mon pauvre valium au milieu de mon gerbis A.C.E multivitaminé.
 Je n'aurais pas dormi de la nuit. Et je ne savais pas qu'un estomac pouvait contenir autant de substance. J'ai quand même rempli quasiment la motié d'un seau de 12L.
 A 10h du matin, mon père m'apelle, je lui explique la situation, précisant que je n'ai pas de médicaments, et que je ne me sens pas de rentrer dans cet état en voiture.
Il me répond: alors si je comprends bien tu ne rentres pas pour manger?
- Euhh non ça ça risque pas.
Puis rien que l'idée du mot manger me fait vomir une fois de plus. Donc je raccroche alors que je l'entends dire "fais comme tu veux alors". Ok ben là, je vomis pour le moment.

J'ai donc finalement pris la voiture pour retourner à Toulon. Première fois que je vomis tout en conduisant. En fait, c'est plus facile qu'il n'y paraît. A un moment même, j'étais mort de rire tellement la situation était grotesque. Je tremble, je n'ai aucun réflexes, je prie pour pas vomir au moment ou je croise des flics car bien sûr je n'ai pas pensé à prendre mes papiers. 
J'arrive enfin chez moi.
 Ma bonne vieille Milady vient se câler sur moi. J'ai passé le reste de la journée avec un masque pour ne pas contaminer mes parents.
Etrangement, leur présence était sympathique. Ma mère un peu insistante à me proposer absolument à manger malgré mes refus intempestifs. Mais pas un mot plus haut que l'autre.
Parfois, je me demande si ce n'est pas l'ennui qui pourrit les relations humaines.
Là, au moins il se passait quelque chose, on était dans le contexte de la maladie objectivée puisque vomissements et fièvre étaient des symptomes reconnus. La conduite à tenir était simple. Pour moi, dormir, pour ma mère, me demander régulièrement si j'avais besoin de quelque chose, et pour mon père faire une surveillance clinique du genre "t'as encore la nausée, t'as combien de température?"
Ce dernier m'a même fait découvrir un nouveau truc: les supos à l'opium: Lamaline.
Car ce qui me gênait le plus à ce moment là ce n'était plus les vomissement, j'avais vomi tout mon estomac et ma bile. C'étaient plutôt les douleurs aux genoux, au dos et aux tibias qui étaient insuportables et m'empêchaient de dormir.
Je me souviens d'un texto de soutien d'un ami lors de ma garde: "Moonspell Intra rectal et ça ira mieux", or la musique la plus connue de moonspell est "Opium". Si j'avais su que quelques jours aprés j'aurais de l'opium intra rectal...
 Demain je commence mon nouveau stage en chirurgie urologique. Je suis vraiment triste de quitter mes internes de psy... je n'ai pas assez profité d'eux.
par WaXou publié dans : overhell
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Jeudi 31 janvier 2008
trichocereus-peruvianus-dried.JPGJ'avais acheté il y a un certain temps du cactus séché que je savais psychoactif alors que je n'étais pas fan des drogues psychédéliques. Mais attention, ce produit n'était pas destiné à la consommation humaine! C'est moi qui ai pris le risque. "For pot pourri only" qui disaient sur le site ou je l'ai acheté (qui n'existe plus par ailleurs).

Aprés plusieurs essais pas spécialement confortables, j'ai fini par obtenir un trip intéressant, car vraiment renversant.
Je comprend maintenant ceux qui parlent de respect envers les drogues naturelles psychédéliques.
J'avais bouffé le cactus ce soir là parce que je n'avais rien d'autre. J'aurais sans doute choisi une substance plus facile si j'en avais eu l'occasion. Ce soir où je voulais vraiment m'évader un moment. Où je voulais un peu me venger d'une semaine qui m'en avait fait trop chier. Envie que cette soirée soit différente. Ce que je ne savais pas c'est que ça n'allait pas être aussi facile.

Lorsque ça a commencé à monter, je me suis dit que niveau connerie, je ne m'étais pas loupé, que j'aurais mieux fait de rester clean pour m'évader. Que tout compte fait, la sobriété pouvait être agréable, que parfois, la transgression, c'est justement la sobriété volontaire. Peut-être que je trippais déjà.

J'avais dans l'idée de me reposer, et au lieu de ça, je ressentais de la nausée avec une sorte d'énergie au niveau du thorax, le tout sans euphorie aucune. Un effet qu'en plus,  je pouvais bien reconnaître puisque j'avais déjà essayé plusieurs fois quelques années auparavant et j'avais trouvé ça intéressant, mais plutôt désagréable.
J'avais l'impression d'avoir une insomnie depuis 72h et d'avoir pris 10 cafés dans l'idée de dormir.

J'ai accepté ma débilité, je l'avais bien cherchée. J'ai décidé que j'allais attendre tout simplement que l'effet disparaisse en regardant un film. Je me trouvais plutôt pathétique, mais bizarrement, avec une sorte de compassion du genre "pourquoi tu fuis comme ça tout le temps?"

Mais déjà, je devais tripper, parce que j'ai choisi de regarder un film en noir et blanc avec Fernandel et Bourvil: "La cuisine au beurre". Un truc que je n'aurais jamais pensé à faire sobre. Et ce n'était même pas par hasard, c'était un choix tout à fait orienté.
J'ai regardé le film qui m'a semblé durer toute une vie. J'étais souvent frappé par la gentille mauvaise foi du personnage qu'incarnait Fernandel, cependant je trouvais le film bon et innocent. Presque mignon. Et ça me faisait cogiter sur le contraste avec les films d'aujourd'hui.

Lorsque le film est arrivé à sa fin, j'avais oublié que j'avais mangé ce sacré cactus alors qu'en fait c'était pile le moment ou ça montait le plus fort. Je me suis rendu compte que je n'étais toujours pas dans mon état normal. J'ai regardé l'heure et horreur! Ca ne faisait que commencer! C'est à dire à peine 2h aprés la prise!
C'est ce qui s'apelle la distorsion temporelle. J'étais en plein dedans.
J'ai cherché quoi faire d'autre pour m'occuper. Pas question de regarder un autre film qui dure toute une vie, c'est fatiguant. J'ai alors fait un truc qui peut paraître normal, mais que je n'aurais jamais fait habituellement non plus: j'ai cherché toutes les musiques des Pink floyd que j'avais. Je les ai mises sur winamp, je me suis calé sur mon balcon aprés avoir éteint toutes les lumières, l'écran de l'ordinateur, la télévision, je me suis allumé une bougie et je me suis allongé sur un coussin en fumant une clope. La nausée était toujours là mais je m'y étais habitué.

Aprés quelques bouffées... d'un coup, comme un changement de perspective, tout de suite l'idée que je ne peux que me laisser emporter. Que je n'ai plus le choix, mais que c'est un espace de conscience plus grand qui m'attend. Finie l'impression d'être comme crispé sur moi même.

Et whooosh! les couleurs se sont mises à ressortir franchement, même dans le noir, surtout les contrastes. J'étais sur ce balcon dans la nuit, dans le vent frais, une petite odeur de lessive venant des draps étendus chez mes voisins, la fumée qui sortait de ma bouche ressortait sur le ciel étoilé, comme une voie lactée filante. Le tout baignant dans une atmosphère grandiose, profonde, silencieuse, majestueuse...

 A ce moment là arrive une version live de "Us and Them" que je ne savais pas sur mon ordinateur. Magnifique. J'étais comme porté par un courant doux. Je me rappelais du titre d'une autre chanson: go with the flow.
Je réalisais la différence entre le moment ou j'étais devant la télé à tripper sur le jeu d'acteur de Bourvil et Fernandel et ce moment de présence à moi même, tout simple, aucune pensée mais quelle profondeur...
Je ne pouvais même pas me dire que finalement le jeu en valait la chandelle, ramener ce que je vivais à un "bénéfice" était bien trop réducteur. Cette notion n'avait plus aucune pertinence. Seul le moment comptait. C'était tellement evident.

Je notais une chose étrange: il y avait des changements dans ma perception mais je n'arrivais pas à voir en quoi il étaient anormaux, ce que je prenais pour des hallucinations apparaissait secondairement comme des distorsions permanentes, auxquelles j'étais habitué, que je ne voyais plus, qui disparaissaient ou plutôt qui m'apparaissaient par leur disparition. Je remarquais dans mes pensées, dans mes perceptions, des détails à la fois normaux, mais nouveaux.
 Pour cette substance, on parle d'ouverture des "portes de la perception". Je comprenais alors cette expression qui m'avait toujours semblée exagérée, arrangeante.
 Ce qui était  arrangeant, c'était mon idée de me mettre "bien". Je n'arrivais pas à croire que je n'étais pas content à l'origine parce que je n'avais pas atteint cet état "bien" alors qu'il suffisait de m'ouvrir pour avoir quelque chose de bien plus profond et vivant. Qu'en fait, je réduisais l'idée de "bien" à un concept tout petit, tout figé, tout rigide.

A un moment j'ai décidé de méditer. J'ai trés vite touché à une paix profonde, rassurante, qui donne le sourire. Et j'ai réalisé ce qui m'empêchait d'y goûter le reste du temps. Une sensation me retenait, et traduit en mots, ça disait: "cet état n'a pas de valeur tant que je ne suis pas capable de le faire valider par l'autre" ou tant que je ne peux pas faire atteindre cet état à l'autre.
 Cette croyance que je découvrais m'a paru érronnée. Le plus difficile, c'était surtout de comprendre comment je pouvais penser ça. Je n'arrivais pas à comprendre. Mais vraiment, je réalisais que tout le problème était là. Et à cet instant, tout cela était court circuité. J'étais de toutes façons dans un état hors du champ de l'autre, donc pas concerné par le problème.

Aprés quelques heures de dissolution intérieure, allongé, absorbé par le ciel, je me suis endormi. Et lorsque je me suis réveillé, j'ai eu l'impression que j'avais gagné au loto sans rien avoir gagné de palpable. Comme si ma vie n'était plus la même. Comme si j'avais été guéri d'une maladie. Cet état d'enchantement a duré plusieurs jours.
Je me souviens au cours de la nuit que je me réveillais toutes les heures. Et j'observais que les portes de la perception se refermaient. Qu'au bout d'un moment, il ne me resterait que des souvenirs. Mais ça me semblait logique.
C'était il y a bien 6 ou 7 mois. Mais je n'ai jamais rééssayé de prendre une telle dose. Ce n'est pas le genre d'expérience qu'on a forcément envie de recommencer parce qu'elle n'a pas de but contrairment aux drogues faciles qui donnent tout de suite du plaisir (mais qui sont du coup addictives). J'aurais tendance à dire que tout but qui lui serait associé provoquerait une souffrance lors du trip.

Je ne conseille pas de faire comme moi. Le trip au cactus, ça peut être violent. Surtout si on est un peu tendu. Ce qui l'améliore c'est tout ce qui est nature. Le vent, l'air frais, le ciel étoilé, les arbres, tout ce qui sort de la création humaine.
Je le déconseille à ceux qui font des bad trips au cannabis par exemple. Il faut aussi savoir que la pré-montée est toujours beaucoup plus désagréable que le pic, le plateau et la descente. Seulement si on se braque dès la montée ça risque de pourrir le reste du trip. C'est pour ça que je ne trouve pas que ce soit une drogue facile.

Ps: en haut il s'agit de morceaux du cactus "Trichocereus peruvianus" ou "Torche du Pérou" séché. Les autres cacti psychoactifs qui contiennent de la mescaline sont le Trichocereus pachanoi ou "San Pedro", le Trichocereus bridgesii et le Lophophora Williamsii ou "Peyotl". Ce dernier est une espèce en voie de disparition :(
Je n'en dis pas plus, ces cactus, bien qu'en vente dans beaucoup de jardineries, sont considérés comme toxiques, il n'est donc pas conseillé d'en manger, et la mescaline est une substance illégale, toutes les autres infos sont sur Erowid.

[C'était un article non publié que j'ai décidé de sortir maintenant, je viens de passer mon module le plus coté et le plus long de mes exams, ça c'est trés bien passé, only 1 left :) ]

Voici un lien pour quelques passages de Las Vegas Parano ou il est question de mescaline. Quelque part, je trouve que cette description ressemble étrangement à la mienne.
par WaXou publié dans : Psychoactifs
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Jeudi 31 janvier 2008

Ce soir, j'avais écrit un article, aprés m'être levé de ma sieste post exam (fallait voir la cicatrice de l'oreiller sur ma figure) en essayant d'expliquer un principe. Mais quelque part, il y avait un truc qui me gênait.

J'ai voulu le remodeler encore et encore jusqu'à ce qu'il ne veuille plus rien dire.
Mon idée était d'expliquer que lorsqu'on est emporté dans un mouvement qu'on ne voit pas, on a beau avoir l'impression d'aller en sens inverse en le freinant avec nos petits pieds, on va toujours dans la même direction. Quelle ironie.
Car le truc, c'est que j'avais moi même, sans m'en rendre compte, une idée qui m'emportait en voulant expliquer ce phénomène et je ne voulais pas lâcher cette idée.

C'est l'histoire d'un type qui veut jouer au sage en donnant des leçons.
Mais comme le rôle de donneur de leçons lui paraît quand même un peu arrogant pour un sage, il essaie de faire des détours, et des détours pour avoir l'air moins arrogant. Mais à la fin, à force de faire des détours, il ne donne plus de leçon du tout, si ce n'est à lui même.
Et il se rend compte que c'est surtout de vouloir jouer au sage qui est arrogant, et qu'en effet, lorsqu'on est emporté dans un mouvement qu'on ne voit pas, on a beau essayer de freiner, on continue quand même dans la même direction malgré soi.

Quelle leçon!

A force de vouloir rendre cohérent ce qui ne l'était pas, j''ai rendu le truc tellement incohérent qu'overblog a bugué et mon article a disparu! Sérieusement! Faut croire qu'il avait atteint le seuil critique d'incohérence et pfiouuu! Il s'est dématérialisé!
Surréaliste!
 J'ai hésité à le réécrire à partir d'une sauvegarde et puis finalement je me suis dit que c'était une bonne occasion pour justement appliquer le principe à moi même.
Et c'est là que je me suis rendu compte de ce "truc" qui me gênait dans mon article: j'étais mal placé pour donner cette leçon là.

par WaXou publié dans : Spiritualité
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Vendredi 25 janvier 2008
fhfh.JPG
J'adore vraiment South Park.
Ok, c'est souvent trash, mais ce n'est pas du trash pour le trash, les comportements stupides sont amplifiés, parfois à l'extrême, mais toujours dans l'idée de montrer ce qu'on ne voit pas lorsque tout reste terne, ambigu.
Beaucoup de comportements un peu trop faciles sont montrés du doigt. Il y a peut-être quelques abus de second voire de troisième degré mais d'un autre coté, il y a vraiment des perles.
Là j'avais sous la main la caricature du débat évolutionnisme vs créationnisme:


Là, j'attaque la période hard des révisions. Sans doute qu'il y aura moins de mises à jour.
J'annonce une pause d'une semaine comme s'il y avait des centaines de personnes qui fréquentaient mon blog ^^. Dans quelques jours, je crois que je vais parler à un ami imaginaire... ou plutôt une amie, c'est plus cool.
Les exams finissent vendredi.
A+

Edit: J'ai fait aussi un petit montage ou Kyle découvre l'Eveil dans South park.


 
Je trouve le cheminement, le questionnement, trés bien représenté. A savoir aussi, la fée des dents aux states c'est l'équivalent de la petite souris.
par WaXou publié dans : Lol
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Jeudi 24 janvier 2008
J'écoutes Nights in white satin... mais non, je ne suis pas défoncé. Pas de défonce prévue avant la fin des exams et c'est pas pour tout de suite.
D'ailleurs je me suis fait choper par la BAC sur un grop coup de malchance.
Certes j'étais allé toucher un petit morceau de résine. Je m'étais dit que ce serait ma récompense de fin de soirée pour des bonnes révisions (mouais... c'est ce qu'on dit), la BAC ne se fatigue généralement pas pour un pauvre étudiant dans sa petite voiture sortant d'une cité. Sauf que là, j'étais entouré de 2 clios 83 comme moi, qui avaient des immatriculations extrêmement similaires à la mienne. Forcément ça les a intrigués. Du coup, exit la résine du titi. Un petit tour au poste, une discussion sympathique avec les officiers plutôt désolés et surtout une grosse perte de temps.

Je me disais que je planais parce que ma vie de ces derniers temps me semble à la fois passive, et à la fois mouvementée. Et je la trouve agréable néanmoins, même si j'aurais voulu que beaucoup de choses se passent autrement. Lorsque je fais un bilan rapide des derniers mois:
 
 Mon meilleur pote est en taule pour 18 mois.
Tout ça parce que la police ne fait pas la différence entre substances analogues et substances illicites, alors que lui se rendait fou pour rester dans la légalité. Paradoxalement, il n'a jamais eu de liens aussi forts avec ses parents et sa copine depuis cet êvenement. Mais voilà que moi je ne sais pas quoi lui écrire. Comment pouvait-on rire au point de s'étouffer pendant des heures au téléphone en parlant de nos problèmes mutuels si je ne peux pas lui écrire une pauvre lettre. Trop de chose à dire peut-être? Besoin d'avoir un feed back plus rapide. Si j'avais assez de sous j'irais plutôt le voir à Nice.

Puis j'ai redécouvert mon homonyme Thibault, un ami trés proche lui aussi, je ne me souvenais pas que c'était à ce point. J'ai passé de trés bons moments en sa compagnie, et même celle de sa famille. Des échanges enrichissants, innatendus aprés 2 ans de silence. Des convsersatiions ou tout le monde était également actif, adultes et jeunes. Un repas de famille comme je croyais qu'il n'en existait pas. Sauf que ce n'était pas ma famille.

Je suis sorti avec une fille avec qui je n'aurais jamais espéré sortir. Je pensais que c'était ça qu'il me fallait: et j'imaginais que ça allait être magique. Ca ne l'a été qu'au moment ou elle m'a embrassé impulsivement, un peu ensuite, ou je m'impreignais de  l'odeur de sa peau, de son goût, de la subtilité de ses yeux, de ses formes, de ses cheveux et de tout le reste.
Puis le vide.
Pendant un moment j'ai voulu le combler. Puis j'ai abandonné. J'ai considéré que ce n'était pas la peine, qu'il se comblerait tout seul. Ca a été le cas. Mais pas comme je l'espérais: un coup de fil de sa part, le Samedi soir.
 "il manque un truc."
-Oui, je suis d'accord.
(...)
Lorsqu'elle m'a dit bonne soirée, j'ai été pris d'un fou rire. Elle n'a même pas ajouté de "quand même". C'était certainement le souvenir du texto de bonne année avec "Tous mes voeux pour toi et pour nous deux(...)" 3 jours avant qui m'a fait craquer. L'ironie c'est qu'elle avait raison. Il manquait vraiment un truc! Je croyais que c'était un gentil petit vide, mais c'était un méchant gouffre.
Fin de la relation. Sentiment de perplexité. Déprime du lendemain. Et puis hakuna matata. J'attends les regrets, mais ils ne sont pas venu. La perplexité elle est toujours un peu là mais j'ai l'impression de mieux savoir ce que je veux et c'est rare. Au fond, c'était peut-être bien ce qu'il me fallait.

Enfin, j'ai revu Anthony, encore un bon vieux pote revenant de 2 ans de silence. Lui aussi a remarqué "le Thibault d'avant aurait été complètement détruit par une telle rupture, t'as changé". J'ai bien rigolé avec lui. Il m'a rappelé ces années de lycée surréalistes ou je ne prenais aucun cours et ou les profs croyaient que je me droguais ou que j'étais battu alors que c'est juste que je n'adhérais pas du tout au trip réussite. D'ailleurs, ça, ça n'a pas tellement changé. Il y a tellement d'échecs derrière des réussites de surface. Mais est-ce une raison pour cracher sur la réussite, je ne pense pas. Ce serait jeter le bébé avec l'eau du bain.
J'ai passé un trés bon moment avec lui et sa moitié, les conversations étaient aussi intéressantes. Je n'ai pas vu l'heure passer.
 
Puis il y a ces gardes aux urgences qui tout à coup m'aparaissent sous un jour plus clément. On est quelque part au coeur de la souffrance humaine. C'est un endroit ou je me sens bien. Là bas les blessures sont bien visibles et on sait quoi faire avec. On ne se fatigue pas pour rien.

Finalement, je reste presque le seul célibataire parmis mes amis. La plupart d'entre eux sont indépendants, ils vivent leur vie à deux. Et moi je reste là comme un con, je les envie sans être jaloux, je plane et pour le moment ça ne me déplaît pas. Je ne m'y complais même pas.
Seulement un planeur ça ne reste pas indéfiniment en l'air.
What goes up must come down. Erm...

par WaXou publié dans : overhell
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Mardi 22 janvier 2008

Quand on entend dire que le simple fait de croire en une chose peut la rendre réelle, on se dit que c'est de la fantaisie. De l'ordre du conte de fée. Or, c'est pourtant vrai. Et ça n'a rien de magique, ni de miraculeux. Ce phénomène a parfois de bons cotés. Mais la plupart du temps, il enferme dans la négativité.

Le phénomène de la prophétie auto-réalisatrice a été évoqué par le sociologue Robert K. Merton à partir du théorème de Thomas: "Si les hommes considèrent des situations comme réelles, alors elles le deviennent dans leurs conséquences". (
Cf. Wikipdia) en en déduisant: “C’est, au début, une définition fausse de la situation qui provoque un comportement qui fait que cette définition initialement fausse devient vraie”.

Pour faire simple. Si je juge une personne "folle" ou dérangée, inchohérente. Je vais adopter vis à vis d'elle un comportement particulier. Distant, critique, malsain, dénué de confiance, je ne lui donnerais pas de crédibilité, pas de bienveillance. Or, face à un tel comportement, la personne n'aura pas d'autre choix que d'adopter elle aussi un comportement anormal en retour: se mettre en colère, voire de péter les plombs. Je verrais alors ma croyance validée, vérifiée, et mon comportement sera renforcé, le sien aussi, etc.
Et cela crée un système qui s'auto entretient. Une autre personne qui découvre le système une fois qu'il est stable ne pourra pas s'aperçevoir qu'il repose sur des bases eronnées. Elle aura donc tendance à le renforcer elle aussi.
 Le comble, c'est que c'est justement parce que la personne est saine d'esprit qu'elle réagit "mal". C'est bien le fait que la croyance soit eronnée qui la rend vraie parce que cette erreur a des conséquences.

Plus c'est injuste, et mieux ça marche.

Mais l'exemple le plus caractéristique, mentionné dans Wikipédia est l'effet Pygmalion:
"Si un professeur est particulièrement convaincu d'avoir de bons élèves, d'une part cette confiance lui fera mieux apprécier leurs travaux, d'autre part cette confiance peut motiver ses élèves, qui feront des progrès."

Malheureusement, l'inverse est aussi vrai.

J'ai toujours été touché par ce principe. J'ai toujours cru que la plupart des échecs n'étaient pas dûs à un manque de capacité mais à un manque d'air. Un manque d'espace vital.
J'ai toujours cru qu'on ne pouvait être bon que par amour pour ce qu'on fait, par amour pour l'action. Que lorsqu'on aime ce qu'on fait et que par malchance on se plante, on ne souffre pas, on est content d'apprendre. On sait qu'on a fait de notre mieux.
Et la conséquence des critiques répétées fait qu'on perd cet amour pour ce qu'on fait, et donc ses capacités. Tout professeur devrait donner à son élève l'amour pour ce qu'il fait s'il veut vraiment qu'il soit bon. Mais beaucoup de professeurs sont souvent dépossédés de cet amour et ne peuvent le communiquer. Et eux, n'y sont souvent pour pas grand chose non plus...

par WaXou publié dans : articles "informatifs"
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