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Vendredi 2 mai 2008

C'est ma vidéo préférée du moment. Hugh Laurie, alias Dr. House qui montre avec un style rare que parfois on a beau observer un problème avec lucidité, lorsqu'on essaie de trouver une solution avec peut-être trop de sincérité, ça ne sort pas. On peut essayer de faire comme si rien ne semblait, éspérant tromper le destin afin que cette solution surgisse au dernier moment, oser croire jusqu'à la dernière seconde que la réponse que nous cherchons va tout à coup devenir évidente si nous la considérons comme telle avant même de la connaître, mais rien à faire. Même les techniques Jedi ne permettent pas d'influencer la Force. 
La raison pour laquelle ça arrive est simple: c'est toujours parce que les fertrété sem ferterzb  et qu'on ne le réalise pas.
Ni plus ni moins.
Accepter son impuissance, c'est au fond une sorte de force.

par WaXou publié dans : Lol
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Vendredi 2 mai 2008

Hier j'ai voulu écrire un article qui commençait par "Je n'ai pas grand chose à écrire d'intéressant en ce moment". Forcément, l'article est devenu tellement long qu'il reste in-postable.
Typique de waxou.
Quand je me laisse aller à l'écriture sans but précis je suis souvent surpris par ce qui arrive. J'avais déjà remarqué ça lorsque je m'amusais il y a longtemps à faire de l'écriture spontanée. Certains pensent communiquer avec les esprits de cette manière. Ce n'est pas mon cas, mais cela n'empêche pas que l'on puisse avoir l'impression que ces phrases ne sont pas vraiment les notres. Leur imprévisibilité et leur absence de but nous réduisent presque à un simple rôle de transmetteur.
 J'ai déjà réussi dans des conditions propices à me mettre dans cet état d'ouverture à l'inconnu lors de conversations directes et j'ai été très surpris du résultat. Je pouvais trouver des réponses complètement inattendues, plus simples, plus ouvertes et libérées aux questions qu'on me posait. Beaucoup plus satisfaisantes et lumineuses. Je me souviens que je ressentais beaucoup de joie à voir que la vérité ne m'appartenait pas. C'est con, mais ça soulage d'un poids parce qu'il n'y a plus de raison de la défendre.
 La seule chose qu'on puisse faire c'est se faire assez accueillant pour la sentir. Assez léger pour ne pas trop la déformer, assez patient pour ne pas la tronquer, assez bienveillant pour ne pas y voir que ce qui nous arrange. Avoir foi en elle quoi. Et cela implique forcément de sortir du cadre de ses problèmes. Et curieusement, pour la vérité, pour ce vrai, je le fais plus facilement que pour "moi".
Ça me rappelle un peu ce sujet à propos de Bruce Tout Puissant où la question de savoir si les réalisateurs avaient vraiment voulu faire passer un message profond avait été posée dans un commentaire de "zoé". Et justement, je crois qu'il s'agit de la même chose. Je ne pense pas qu'il l'ont voulu, mais que c'est justement par cette absence de volonté de convaincre qu'un message plus profond avait pu passer. Il reste tout comme la vérité: caché derrière les images et les jeux de rôles. Mais néanmoins présent.

Seulement, il y a tout de même un problème lorsque j'écris dans cet état "sans but", surtout seul devant mon écran: j'ai du mal à rester focalisé et ça part dans tous les sens. Je n'arrive pas encore à me ré-approprier ce que je perçois et à le manifester par la forme, ce qui donnerait un fil conducteur.
 Lorsque je dis qu'on a l'impression que ça vient d'ailleurs, j'insiste sur le mot "impression", car au fond, je suis persuadé que ça vient d'une partie profonde de soi à laquelle on n'est pas habitué où à laquelle on n'ose croire, qui nous paraît étrangère, et qu'il n'y a qu'en l'incarnant que cette manifestation par la forme peut se faire. Qu'on le fasse consciemment ou non. 
Et c'était justement ça le sujet de ce que je me voyais écrire. Cette partie de soi qui semble nous pousser mais qu'on ne voit pas. A laquelle on finit parfois par s'opposer.

Pour résumer ce texte, je partais du principe qu'on s'éloigne de son coeur pour se protéger de la souffrance jusqu'à ce qu'on ne ressente plus grand chose et que les pensées soient desséchées, n'ayant plus aucune portée.
 On se retrouve alors dénaturé. Manquant d'énergie. Dans un monde intérieur auquel il manque une dimension. Peut-être même celle qui nous était la plus intime.
Je faisais une comparaison avec un oiseau qui par peur volerait toujours de plus en plus bas pour se cacher dans la canopée. Mais comme cette canopée n'est pas pratique pour le vol, il descendrait encore et encore pour finir tout simplement par se poser et oublier sa nature d'oiseau. Cette nature qui est dans son dos, là ou il ne peut pas voir: ses ailes. Des ailes autrefois capables de le soustraire à la gravité et qui ne lui apporteraient au sol plus rien d'autre qu'une sensation de lourdeur, de malaise, un fardeau étrange. Des ailes dont il se débarrasserait, s'il le pouvait. Je pensais aussi à un autre type d'oiseau élevé au sol par des parents qui n'ont jamais appris à voler non plus, ou qui ont oublié.
 Je me disais que l'une de ses seules chances pour retrouver réaliser sa nature, ce serait de voir d'autres oiseaux entrain de lutter entre ciel et terre, et de sentir une folle envie de leur dire de ne surtout pas descendre. Alors peut-être se souviendrait-il d'où il vient. Et de la raison pour laquelle il est aussi sûr de lui sur ce coup là.
C'est un peu ce qu'il s'est passé avec "ma douce interne" lorsque je l'ai vue pleurer, s'en vouloir, et dire que ça n'avait pas d'importance, que son véritable problème était le fait qu'elle n'aie pas réussi à refouler tout ça, à rester insensible. Je voyais cette erreur que j'ai trop souvent faite et en même temps je réalisais que ma place n'était pas dans ce monde sans profondeur, sans vie, sans amour et sans attention qui la mettait en guerre contre elle même. Que pour retrouver mon monde, il me suffisait de faire confiance à ce truc étrange dans mon dos que je ne vois pas plutôt que d'en faire un problème de plus. Et alors je me retrouverais "over hell".
 
Et au moment ou je finis cette comparaison, je me suis souvenu du sketch de Gad Elmaleh avec sa première partie musicale ou il y avait cette musique dont les paroles étaient en gros: "Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes... tu peux pas voler. Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes, tu peux marcher. Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes, tu peux rien faire en tant qu'oiseau. (J'ai mis la vidéo à la fin de l'article)
Je suis resté assez scotché. Encore une fois, on peut se poser la question de savoir si Gad a pondu cette musique avec un message caché conscient ou inconscient voire même ni l'un ni l'autre.
Bien entendu, cette musique est d'abord faite pour faire rire et ça marche bien. Néanmoins elle a aussi un curieux coté touchant. Le symbole de l'oiseau sans ailes assez frappant, tandis que l'humour, la légéreté de Gad donne justement, en quelque sorte des ailes.
 Je retrouve donc ici aussi cette notion dont j'ai parlé au début de mon article, d'une partie de soi inconnue qui Sait mieux que "nous", qui s'exprime sans qu'on ne s'en aperçoive, et qui touche sans que l'on ne comprenne vraiment pourquoi.

Mais vu qu'une coïncidence ne suffisait pas, à ce moment là passait sur ma playlist une musique que je trouve trippante (comprendre "étrangement touchante"): Fade to grey de Visage. Et d'un coup, je réalise que "devenir gris", c'est un autre symbole pour exprimer cette distance, ce calfeutrage que l'on met entre nous et notre coeur, dont j'étais justement entrain de parler. Le coeur, tout comme les ailes, devient alors plus gênant qu'autre chose (comme pour mon interne). Et comme il devient d'autant plus gênant qu'on s'en sépare, la boucle est bouclée.
J'ai écouté les paroles qui me paraissaient jusqu'alors hermétiques:
Un homme dans une gare, isolée, une valise à ses côtés, deux yeux fixes et froids montrent de la peur lorsqu'il se tourne pour se cacher. Sens la pluie comme un été anglais. Entends les notes d'une chanson lointaine. Sortant de derrière un poster, espérant que la vie ne fût si longue.
Si ça se trouve, mon interprétation est complètement foireuse mais je l'ai trouvée intéressante:
Pour l'homme dans la gare, c'est la représentation de celui qui est devenu gris, enfermé dans le malaise et la peur. Ca, je l'avais compris.
Sentir la pluie comme un été anglais, cela revient à redonner une âme à la souffrance en l'incluant dans un monde plus vaste dans lequel elle n'est plus un problème. Passer du monde de la note à celui de la musique, en ajoutant une dimension. Pour la musique, le temps, pour les ailes de l'oiseau, le ciel, pour le coeur...
Et justement: "les notes de la chanson lointaine," c'est le coeur duquel on s'est éloigné. Sortant de derrière un poster: l'image, la barrière qu'on a mise entre nous et ce coeur.
Le tout rapporté au titre "Fade to grey", j'ai trouvé la coïncidence assez magique.
Tout mon texte se trouvait résumé en quelques phrases... et une mélodie.
J'aimerais bien savoir faire ça.
par WaXou publié dans : overhell communauté : Ce que je pense, Ce que je vis
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