Voilà l'une de mes musiques préférées. Les paroles y sont pour beaucoup, mais la musique, elle me met carrément en trance.
La dissociation, c'est le trait principal de la schizophrénie. C'est une notion difficile à comprendre. L'exemple de base, c'est le type qui dit en rigolant qu'il va se tuer parce qu'il n'y
a plus que ça à faire. Ca devrait le rendre anxieux, triste, ou le faire réfléchir, mais non, ça le fait marrer. Il y a une incohérence entre le fond et la forme.
Lorsqu'on plonge dans cette attitude, on se rend compte qu'on a tous un coté dissocié. Le second degré a un coté dissocié, mais c'est de l'humour. Peut-être même que le second degré permet
d'échapper à la schizophrénie, tant qu'on a conscience que c'est du second degré. Ce n'est pas toujours évident lorsqu'on en abuse.
La dissociation, c'est quelque chose d'horrible lorsqu'elle nous envahit. On a l'impression d'être étranger à ses propres pensées, émotions. On perd le feeling. Tout devient étrange. C'est
quelque chose d'infernal lorsqu'on en est conscient. Et lorsqu'on en est conscient, c'est bon signe.
Ce que m'inspire cette musique, c'est que la dissociation vient de la désorientation, de l'hypocrisie, de l'incohérence, des doubles contraintes du genre il faut s'aimer les un les autres, et en
même temps écraser les autres si on veut ne pas être écrasé. Je t'aime mais je te rejette. A force de contradictions, l'esprit se dissocie du corps, de l'extérieur, de la réalité, ce n'est plus
que du numérique, 0 ou 1. Et le corps aussi, réagit n'importe comment. L'esprit ne le comprend plus. Or l'union d'un corps et d'un esprit, c'est ce qui fait un être humain. Lorsque les deux sont
dissociés à cause d'un monde d'incohérence, on peut dire que le monde nous tue.
On nage dans l'espace tel un astronaute mort, sans repères, sans avenir, dans le néant, le vide, la mort de l'âme.
Mais dans le refrain, Marilyn hurle, il pousse un dernier cri, et rien que ce cri est libérateur, c'est une colère qui nous réconcilie. Ce cri de douleur réconcilie corps et esprit. Pas question
de rester dans cet état. Pas besoin de savoir comment faire, il suffit de crier, car lorsqu'on crie, on n'est plus cet astronaute mort qui flotte dans le néant. On reprend sa place dans la vie,
même si c'est dans la douleur.
A la fin de la musique, il y a une explosion d'harmonie, de vibration avec la répétition du refrain. Comme si toute l'énergie qui ne passait plus entre le corps et l'esprit, accumulée, et
responsable de la dissociation recirculait à nouveau. Comme si des vannes s'ouvraient. Comme si le refrain, au début constatation devenait la réponse au problème de la dissociation. Comme si la
vie reprenait le dessus. Si Marilyn Manson n'en parle pas, les vibrations qui ressortent de cette explosion en témoignent.
I can tell you what they say in space
That our earth is too grey
But when the spirit is so digital
The body acts his way
that world was killing me
World was killing me
Disassociative
all nervous systems down
all nervous systems down
I know
I can never get outta here
I don't wanna just float in fear
Dead astronaut in space
sometimes we work like we were shot
Through our heads my love
we write our songs like we're
already dead and gone
your wold was killing me,
World was killing me
Disassociative
I can never get outta here
I don't wanna just float in fear
Dead astronaut in space
All nervous systems down
All nervous systems down
4, 3 ,2 , 1...
I can never get outta here
I don't wanna just float in fear
Dead astronaut in space.
Sur la photo, on voit Marilyn dans sa période la plus controversée. Le sang qui coule sur son, thorax vient d'une automutilation. Il avait vu une bouteille de verre éclater à coté de lui, il a
décidé d'en prendre les restes et de se faire une belle entaille avec histoire de consoler le con qui l'avait visé.