Je me souviens de plusieurs cauchemars.
Je décollais au dessus de mon lit (= rêve lucide donc sommeil mauvais) et je me dirigeais vers le mur. En même temps j'avais l'impression que la partie gauche de ma tête était glacée alors qu'un bruit semblable à un vent violent soufflait dans mon oreille droite. Je me prenais régulièrement des sortes de décharges électriques. Semblables à celle qu'on se prend lorsqu'on s'endort, qui donne parfois l'impression de chuter. Mais comme j'en prenais en gros une toutes les 2 secondes de manière aléatoire, je ne sais pas pourquoi, j'avais à l'esprit que c'étaient mes neurones qui claquaient. Agréable comme sensation...
Je me souviens d'une fille qui a fait une crise d'hystérie et qui s'est changée en bouteille d'eau (ça, ça m'a fait vraiment peur parce que c'était pas habituel). Je me suis dit "merde, si les gens se changent vraiment en objets ça ne va pas être possible de revenir en arrière."
Il s'en est suivi un rêve assez classique où je devais échapper à des flics qui m'en voulaient d'être encore en liberté.
Mais le plus prenant, ça a été un rêve avec mes parents. Plus ou moins accompagné par le Dr. Cox de scrubs et l'idée d'une rachi anesthésie sur un enfant habillé d'un improbable slip à rayures oranges et jaunes.
Je me souviens que je marchais avec mon père pas loin de chez nous alors qu'il me montrait les voitures de James Bond. L'une des rares passions vestiges de son enfance. Ma mère débarquait en disant qu'elle voulait avoir l'une de ces voitures, totalement inconfortable et hors de prix, qu'elle ne saurait probablement pas conduire ni apprécier. Mon père trouvait ça stupide et elle en profitait pour se plaindre de son intolérance et de son machisme.
Une fois ce dernier parti, elle m'a dit fière de son coup: "Je fais ça pour lui montrer que je ne supporte pas de vivre avec lui, et je le lui montre chaque jour, pas mal non?".
Du coup je crisais et je lui disais "j'ai une meilleure idée tiens, je vais lui dire ce que tu m'as dit, comme ça ce sera fait une bonne fois pour toutes et ça t'évitera d'avoir à le torturer pendant toute sa pauvre vie!"
Bien sûr je devenais tout à coup pire que lui et mieux: mon père lui même, qui avait tout entendu s'en prenait à moi en me disant d'arrêter d'emmerder ma mère.
Du coup je réalisais l'horreur de leur situation. Sa tristesse. Mon père qui n'a déjà jamais eu aucun amour de sa mère. Probablement pas non plus de son père, se retrouvant avec une femme qui le torture alors qu'il prend son fils, le seul qui cherche à être vrai avec lui, pour un ennemi. Je pleurais et j'hurlais, je criais ce que je ressentais. Et ils faisaient comme si j'étais fou. Mais ce n'était pas ça qui me dérangeait. C'était toujours la tristesse de leur situation. Devant mes cris, ils se mettaient à monter le son de la télévision, semblant tout à coup réconciliés sur le point que j'étais le principal empêcheur de tourner en rond de leur vie.
Et là j'ai compris que la rachi anesthésie, c'était pour moi.
Si les rêves permettent d'évacuer les mauvaises pensées de l'inconscient pour éviter qu'elle ne nous hantent le reste de la journée, cette nuit a été sacrément purificatrice!

