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Vendredi 24 juillet 2009
J'arrive dans son appart, il fait nuit noire avec une chaleur de dingue. On s'installe et on mange. Je la sens agressive. Je lui dis qu'il faudrait qu'on prenne les billets de train à l'avance pour le choix des postes car ça fait économiser près de 200 euros.
- Non, c'est mon père qui paye.

Quand elle me contredit avec des arguments qui ne tiennent pas debout alors que j'essaie d'être constructif, c'est qu'en général, on ne va pas s'en sortir.
Puis elle commence à envisager toutes les possibilités de sélections des postes en me demandant quelle serait ma décision à chaque fois, froidement, m'attendant à chaque virage, au point que j'ai l'impression d'être au poste de police. Je finis par lui dire que je n'aime pas ça, elle le prend mal, m'assure qu'elle ne me teste pas, qu'elle ne fait que réfléchir toute seule. Pour qui je me prends à deviner l'intention des gens en me fiant à ce qu'ils me disent? C'est interdit ça!
De toutes façons rien à faire. J'ai beau essayer de m'appuyer sur ses mots, elle change d'intention et d'avis juste pour me donner tort. Je suis saoulé.
Puis elle évoque la Réunion. Sujet tendu vu qu'elle m'avait dit qu'elle ne voulait pas partir outre mer et qu'elle se met à m'en parler presque quotidiennement depuis que les résultats sont tombés et que je ne peux plus y aller. Je lui dis que je reste perplexe face à son attitude, mais voilà qu'elle me sort qu'elle n'aurait jamais dit qu'elle ne voulait pas partir outre mer. On se demande pourquoi c'était ma problématique principale pendant les révisions ou pourquoi elle n'a pas réagi lorsqu'elle a lu mon article concernant ma consultation avec le psy ou j'en parlais précisément...
"Tu m'as forcé à le dire, tu m'as dit que ça te saoulait que je te suive comme un chien"
- J'ai jamais dit "chien", j'ai dit comme mon ombre
- C'est pareil
- Ben il n'empêche que tu m'as dit "je n'irais pas outre mer" et que ça m'a posé problème et que j'ai fini par décider de ne pas partir
- Non j'ai dit Guyanne
- Tu as dit "outre mer", c'était important pour moi, je l'ai bien rete...
- Laisse moi finir s'il te plaît
[Je n'ai pas écouté le reste]

Elle pète son cable, se met à boire, je fume ma clope, elle rm'ignore en sirotant son verre et rigole devant les images sans son de la télé. Je commence à comprendre. Elle ne ressent déjà plus rien. Elle est redevenue cet espèce d'ersatz de femme fatale qu'elle me joue parfois. C'est comme la première fois qu'on avait cassé. Elle est odieuse avec moi, moi je n'ose même pas lui reprocher son manque de respect tellement il est évident et que je n'y comprends rien mais j'y réagis sur le même ton, et là elle retourne la situation. La fin est prévisible: comme toute entente est soigneusement évitée de sa part et qu'elle me fait passer pour l'enfoiré de base, tout en se comportant, elle comme la pire garce, je vais finir par partir. Néanmoins, je tente une dernière fois:
- Pourtant je le sors pas de mon cul, ça, t'as bien vu que j'en ai parlé avec le psy, que ça me posait problème que tu ne veuille pas aller outre mer
Elle ne le nie pas, mais je ne sais trop comment, ça s'envenime quand même. Elle me reproche de ne pas lui donner l'impression de vouloir qu'on reste ensemble l'année prochaine alors que je suis entrain de lui dire que son refus de partir outre mer m'avait finalement conduit à écarter cette possibilité à la fin des révisions. Et ce n'est pas comme si je n'avais pas été clair avec elle, malgré ma crainte de m'engager, surtout lorsque ma partenaire fout régulièrement une merde noire dans la relation, je lui ai dit récemment plusieurs fois que j'avais pris la décision de tenter l'aventure avec elle. Ce choix des postes me terrifie et j'ai pas spécialement envie d'envisager toutes les possibilités les unes après les autres pour le moment.  Seulement, je ne sais pas si c'est ce qu'elle insinue, mais c'est pas parce que j'ai pris cette décision que je me dois de ne plus remettre en question son attitude avec moi lorsqu'elle me blesse clairement.

Après qu'elle ait affirmé avec insistance, alors que c'est totalement faux, tout en me le reprochant, que je ne veuille pas partir outre mer parce que j'aurais peur de partir seul (alors que c'est précisément la raison pour laquelle, elle ne part pas, selon ses dires récents), devant mes protestations son ton devient insultant, et je décide de partir à bout de forces. Mon téléphone sonne, c'est F., elle me dit "c'est ça, répond à Am."
- Continue de boire, ça te rend intelligente (dérapage)
- T'en vas pas comme ça s'il te plaît, me dit t-elle sur un ton à la fois agressif et autoritaire qui m'incite d'autant plus à quitter les lieux
Elle continue "Un peu de respect s'il te plaît, t'en vas pas, UN PEU DE RESPECT!"
Je lâche avant de partir "Un peu de respect, oui, tu devrais te le dire à toi même aussi"
Je suis arrvé tremblant à cause d'une sorte de crise d'hypoglycémie, je ressors tremblant d'une colère que j'étouffe... mal.

Arrivé chez moi, j'ai le droit à un texto: Si tu as un souci tu peux m'en parler, ne m'obliges pas à me comporter comme la grosse conne que ça t'arrange que je sois, j'espère que ce n'est pas moi qui t'oblige à prendre des moyens détournés pour dire les choses et me mentir et ne me parle plus comme ça"

Je reste bête, je n'arrive pas à me sentir concerné, ni à trouver de fil conducteur: dire quelles choses? Quels mensonges? C'est quoi cette fameuse vérité qu'elle viendrait de comprendre? Qu'en fait ce serait moi qui la ferais devenir odieuse pour ne pas avoir à partir avec elle plutôt que de simplement lui dire que je ne me sens pas? Est-ce que ce ne serait pas plutôt son cas à elle?
Elle me reproche à peu près ce que je lui ai parfois dit que sa mère faisait avec elle, j'ai même l'impression de reconnaître mes popres mots grossièrement retournés contre moi, dont une phrase que j'ai même écrite sur ce blog: "
Peut-être que c'est d'abord mon attitude qui fait qu'elle utilise de telles techniques de peur de se heurter à un refus." et "j'espère que ce n'est pas moi qui t'oblige à prendre des moyens détournés pour dire les choses et me mentir" . Comme si elle n'arrivait pas à me piéger et qu'elle cherchait à améliorer sa technique à chaque conflit en s'inspirant de mes réactions...
Elle doit finalement vraiment me haïr pour s'acharner autant.

 C'est le monde à l'envers. Quand elle est dans cet état elle passe son temps à se contredire, à s'arranger, à prendre des détours, à flouter chaque échange au point qu'à chaque fois on ne sache plus de quoi on parle, elle n'arrête pas de me provoquer, de me prêter des intentions perverses, comme si je m'amusais à me prendre la tête avec elle pour le plaisir et elle vient me reprocher de... faire exactement ce qu'elle fait. Elle agit comme sa mère le fait avec elle. Me pousse à partir, me reproche de le faire, et ce coup-ci, j'ai même le droit à un équivalent de mail d'insultes.
Je ne le remarque pas sur le coup. Je réagis naturellement à son "et ne me parle plus comme ça": "Mais t'as vu comment tu me parles????"
Réponse: "Restons dans les gamineries: c'est toi qui a commencé. Me joue plus la comédie et fais ce que tu veux de ta vie il paraît qu'on s'en remet"
Et là forcément, je reste tellement sur le cul qu'à part écrire un article descriptif, histoire de m'assurer que je ne rêve pas, je ne vois pas quoi faire. Une rupture par texto et c'est moi qui jouais la comédie? Elle qui me parle de respect?... et encore, je ne sais même pas si c'est tellement ça qui me dérange...

On est retombé un an en arrière. Je me souviens que lors de la rupture, elle s'était comportée de telle façon que j'avais été obligé de partir de chez elle pour la première fois sous les insultes. Elle n'avait pas donné de nouvelles et j'avais fini par faire le premier pas en écrivant un mail parce que je voulais pouvoir dire tout ce que j'avais à dire sans qu'elle me provoque toutes les deux phrases et qu'on change de sujet. Or, la première phrase de sa réponse était: "Deux jours pour pondre un "mail" en plus , sans meme avoir le courage (une fois de plus) de me laisser le droit de repondre directement ......Je vais donc choisir la meme voie, Histoire de rester au même niveau".
Ce qui était plutôt fort étant donné qu'elle ne s'était même pas foulée à me donner le moindre signe de vie, mais c'était surtout ce principe éternel chez elle: ce que tu fais est pourri, mais je fais quand même pareil, c'est pas moi, c'est toi qui a décidé que je devais avoir cette attitude donc c'est à toi qu'il faut en vouloir, pas à moi, moi j'ai pas de volonté.
Dans le mail qui suivait,
elle retournait chaque situation à son avantage sans même se préoccuper de voir si c'était conforme à la réalité, m'insultait sur plusieurs pages, prétendant savoir mieux que moi ce que je ressentais, et parlant de rupture "pour mon bien", parce qu'elle serait trop amoureuse alors qu'en même temps nous n'avions qu'une relation de "très forte amitié". Bref, à y perdre son latin, exactement comme maintenant. Du reste on n'en a presque jamais reparlé puisqu'elle disait ne pas même comprendre ce qu'elle voulait dire et qu'elle était même choquée par sa propre attitude...

Rien n'a changé. Même moi je me remets à analyser à tort et à travers tellement je crois rêver. J'essaie de recoller des morceaux de 8 puzzle différents en même temps qu'elle s'amuse à éparpiller à chaque fois que ça commence à prendre forme, et je recommence pour la nième fois, et je me plains... encore.
Pourtant, j'avais cru que notre couple avait évolué.

Je sais aussi que dans l'état actuel des choses, quoi que je fasse, ça se retournera contre moi. Peut-être que ça m'évitera de perdre de l'énergie pour rien cette fois.

La seule chose qu'elle ne sait pas et que je ne lui ai pas dite ( et encore, pas sûr), c'est que ces choix de postes me terrorisent. Je suis littéralement terrifié à l'idée d'une rupture à ce moment là. Seulement quand elle me fait le coup d'hier soir, m'insulter, nier tout ce que je ressens, et retourner la situation sans chercher à avoir le moindre argument qui tienne debout... je ne la reconnais plus, et je me dis qu'au fond je n'ai peut-être pas envie de passer ma vie avec une fille d'une telle mauvaise foi. Seulement c'est tellement gros que je me dis qu'elle doit faire exprès pour provoquer la rupture. Or, c'est pile ce qu'elle me reproche...
Comment se sortir d'une telle merde?
Ce qui me fout la rage c'est que ce conflit me semble monté de toutes pièces. Il n'a pas de fond. Le lendemain matin, (ce matin), je lui ai dit une fois de plus que je voulais qu'on continue ensemble puisqu'elle continuait de dire que c'était moi qui cherchait à rompre de manière détournée parce que je ne voudrais pas qu'on continue, mais ça ne l'as pas arrangée du tout, elle a continué comme si je n'avais rien dit.
Quelqu'un a une solution, si je veux éviter qu'on continue de se maltraiter pour rien et qu'elle comprenne que je suis sérieux lorsque je parle de continuer notre vie ensemble?
Parce que vraiment, là, je suis preneur.
Par WaXou
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Mercredi 27 mai 2009
Je ne sais pas bien d'où c'est parti.
Elle était partie de chez elle lors d'une engueulade ou elle avait tenté de signaler qu'elle était blessée, mais comme d'habitude, sa mère a nié qu'elle puisse avoir des sentiments, y compris lorsqu'elle a claqué la porte en pleurs.
Habituellement sa mère aurait écrit un mail avec une liste de reproches et d'injonctions paradoxales qu'elle aurait reçu le soir même, mais cette fois-ci elle avait osé prendre la décision de partir et ça lui avait fait du bien. Le mail bourré de reproches n'était donc pas indiqué.
C'est elle qui, au bout d'une semaine, un peu désorientée, a décidé de lui écrire en essayant de garder un maximum son intégrité, mais tout de même en faisant le premier pas. Du coup elle a finalement eu son mail bourré de reproche. Chaque ligne était décortiquée et retournée contre elle. Le ton aberrant. Avec des "mamour adorée" de temps à autre. Elle a tout de suite vu qu'il ne s'agissait pas de communication et n'a pas répondu. A ce moment là, malgré son conflit avec sa mère, ça allait très bien avec elle. J'étais heureux en sa compagnie. La communication était bonne. On se faisait confiance.

Puis, quelques jours plus tard, sa mère a récidivé, en revenant sur tout ce qu'elle avait dit avec un mail qui m'a laissé perplexe, ou elle répétait ce que sa fille lui avait dit dans son premier mail en se l'appropriant. Elle disait qu'elle avait compris que la réaction de sa fille était saine, qu'il fallait couper le cordon, mais poursuivait avec des phrases en gras comme "Aussi, comme tu ne dois pas trop savoir comment faire et bien c'est moi qui vient vers toi les bras grands ouverts, des larmes de bonheur dans les yeux, le coeur gonflé d'amour, te dire JE T'AIME MA FILLE et je t'aime comme tu es". Je ne savais pas que c'était comme ça qu'on coupait le cordon. Le mail était encore bourré de contradictions. Elle n'a pas su quoi répondre et c'est là que notre premier conflit depuis un moment, si je situe bien, a pris naissance.

Je n'étais pas trop dans mon assiette ce jour là. On était allé chercher à bouffer au kfc et je trouvais qu'elle conduisait dangereusement. A un moment, elle a pris un croisement très dangereux beaucoup trop vite à mon goût. Or j'ai déjà vu plusieurs accidents ici et je connais bien cet endroit, je lui ai donc signalé que ce qu'elle avait fait était très dangereux, assez pour que j'aie peur alors que je ne suis pas du genre effrayé en voiture. "Non, j'ai regardé". Du coup j'ai insisté, j'avais bien vu ce qu'elle avait fait, s'il y avait une voiture qui arrivait vite, elle se la payait, mais elle s'est énervée en persistant à dire que ce n'était pas dangereux. Alors je me suis repris, expliquant que c'était simple, j'avais trouvé sa conduite dangereuse, ce croisement l'est particulièrement aussi, je le connais bien puisque je le prends régulièrement. Pas besoin d'en faire un sujet de discussion. "Mais c'est toi qui discute, j'ai regardé".
J'ai reconnu cette sensation de mur invisible. Je n'étais pas entrain de lui dire qu'elle n'avait pas regardé. Je tenais juste à lui signaler que ce qu'elle avait fait était dangereux parce que je n'ai pas envie qu'elle ait un accident aussi bête, et je me retrouvais à me disputer avec elle. Cela m'a rappelé toutes nos discussions lors de notre première rupture. Même impression de dialogue de sourds. J'ai donc arrêté. Ça ne servait à rien de continuer. Je n'imaginais pas que la quasi totalité de nos échanges allaient dégénérer de façon similaire dans les jours suivant, sauf période d'accalmie.

Le reste de la journée a donc été identique. Je ne me souviens plus des détails mais impossible de parler, comme lors de notre première rupture. A chaque fois que je disais un truc, ça se retournait contre moi, l'ambiance était glaciale, ça sentait le mépris, la haine et j'avais beau essayer de conserver mon ouverture, de ne pas me laisser emporter par le mouvement, plus ça allait et plus elle me gonflait. Or je n'avais pas envie de dispute et je suis parti de chez elle avant que ça dégénère, je ne savais même pas quoi lui reprocher alors je n'ai pas fait de reproches. Elle, par contre m'en a fait un à demi mot ("ah tu fais comme pookie, tu te casse à 15h comme ça?").

Je suis resté un moment seul, à essayer de digérer, puis je l'ai eue sur msn et on en est arrivé à la conclusion que le point de départ était le mail de sa mère, comme lors de la quasi totalité de nos conflits, qui prennent toujours cette forme étrange. Je lui ai dit que je ne savais pas pourquoi elle avait été comme ça avec moi, mais que je m'étais senti seul et que j'avais besoin de l'être physiquement.
Alors elle m'a reproché d'oser me plaindre. Je lui ai dit que je n'y pouvais rien si je n'en pouvais plus. Elle a quand même pensé que je la punissais. Je lui ai dit que ce n'était pas le cas, qu'il s'agissait de moi. Du coup elle m'a reproché de ne pas penser à elle. Ca tournait en rond, je lui ai dit que je voulais mettre fin à cette conversation, que je n'en pouvais plus, mais elle continuait de balancer des reproches, j'ai encore tenté une fois sans succès de lui dire stop, elle n'a pas écouté, alors je me suis déconnecté.
Quelques heures plus tard mon téléphone sonne, je la trouve en pleurs. Je ne sais pas comment réagir, je ne comprends rien à ce qu'elle me dit. Je lui demande si elle veut que je passe, elle me dit oui.
J'arrive, j'ouvre la porte, il fait noir, ça pue l'alcool fort au point que j'ai l'impression qu'elle a renversé une bouteille de rhum par terre. Je la cherche, mais elle est demi allongée par terre, j'allais lui marcher dessus. Du coup je la prend dans mes bras, elle pleure encore et encore. On a discuté mais elle n'était pas du tout dans son état normal. On aurait dit qu'elle avait 5 ans. C'était mignon, alors je lui ai un peu tenu compagnie, aussi pour m'assurer qu'elle n'allait pas faire de bêtise. Impossible d'avoir une conversation constructive néanmoins. Elle se remettait en question, je rebondissais sur ce qu'elle disait, essayant de l'apaiser comme je pouvais, et elle me répondait invariablement par des séries de pourquoi, comme une fillette l'aurait fait avec son papa. J'ai attendu qu'elle commence à dessaouler avant de partir faire un tour en voiture.

Entre temps, elle a répondu à sa mère, lui disant qu'elle était désorientée vis à vis de sa situation, entre autres, mais restant modérée (je ne sais que ce qu'elle m'en dit et ce qu'elle m'a montré) et sa mère a répondu (ça par contre, je peux faire un copier/coller de certains parties) "Tu n'as pas à être "désorientée" ni à te sentir mal (surtout pas!!!)par la situation au contraire elle me semble limpide! J'ai compris (enfin lol) ce que tu voulais et je suis en accord avec toi;à moins qu'être devenue adulte vis à vis de moi te désoriente?Mais tu devrais être (enfin) soulagée!".
Encore une fois, elle mme dit qu'elle ne sait pas quoi répondre. Et je la comprends.
Un ou deux jours plus tard, ça recommence. On révise chez elle, et toutes les discussions prennent une tournure qui me met mal à l'aise. Elle me parle froidement, avec un certain mépris. Elle se contredit toutes les 3 phrases. Elle cherche à retourner tout ce que je dis contre moi. Lorsque je pose une question de cours elle le prend mal, me contredit avec un ton professoral alors qu'elle n'en sait pas vraiment plus que moi. Je ne la sens plus du tout. Du coup je ne me plains de rien sur le moment. Vu le ton, ça aurait forcément dégénéré. Alors encore une fois je me prépare à partir.
Elle me signale qu'elle est en manque de coca, j'imagine qu'elle me tend une perche pour crever l'abcès: "c'est pour ça que t'es de mauvaise humeur?". Elle nie. Alors j'insiste. Elle me demande de lui dire en quoi elle est de mauvaise humeur. Je lui explique qu'elle fait sa "mademoiselle je sais tout", une expression qu'on a trouvé pour qualifier son attitude lorsqu'elle parle sur un ton professoral comme si on ne jouait pas dans la même cour alors qu'elle n'en sait pas plus que moi. Elle nie encore. Alors j'y vais.

Le soir, je la contacte sur msn pour lui dire que je préfère passer la soirée seul. Je crois ne pas lui en vouloir ce coup-ci étant donné la répétition de la scène, je le lui dis, mais je me trompe, je voulais lui faire plaisir mais j'ai déconné. Elle me parle du vide qu'elle ressent, me demande conseil. Je me prends encore une fois au jeu. Plus tard dans la soirée, j'essaie de comprendre ce qu'il s'est passé dans l'après midi et je retranscris les dialogues. Alors je me rends compte qu'au fond de moi je n'ai pas digéré le truc, j'ai trop voulu me la jouer spirituel, jouer à l'aidant sans sentiments alors que la situation blesse et épuise vraiment waxou. J'ai des furieuses pulsions toxicomanes alors que j'avais pourtant trouvé un rythme de vie relativement peu malsain ces derniers temps. Bien sûr je ne le lui dis pas, ça ne ferait que la faire culpabiliser voire l'agresser. Par contre elle ne se gêne pas pour me dire qu'elle a envie de combler son vide par n'importe quel moyen, et je sais qu'elle a de la drogue à sa disposition et qu'elle n'est pas du tout expérimentée en la matière. J'essaie juste, dans un dernier effort, de lui rappeler que c'est pas une bonne idée même si elle n'a pas dit clairement qu'elle était tentée. "Ah? Justement j'allais te demander la permission mais tu m'a pris de cours".

Le lendemain, pas de nouvelles. Journée sombre pour moi, je compose une musique. Le soir, je la contacte, inquiet, elle semble aller bien. Elle me propose de passer chez moi. J'imagine qu'on va pouvoir parler de ce qu'il s'est passé alors j'accepte. Seulement elle arrive totalement radieuse, tout va bien, elle a trouvé son calme et a l'air bien désolée, voire limite de m'en vouloir que je ne me sente pas bien. Comment puis-je remettre ce sujet sur la table dans ces conditions.
Alors je mets mon masque, je ne dis rien, je refuse juste ses caresses bizarres sur le haut du mollet, avec un doigt, rapides, que je trouve totalement insupportables malgré mes efforts. Elle part assez tôt.

Plus tard, dans la soirée, je lui parle par msn, je m'explique pour la mauvaise humeur et lui avoue que c'est parce que je n'ai finalement pas digéré la journée de la veille. Elle ne rebondit pas dessus. Elle change de sujet.
Puis pile au moment d'aller se coucher, une heure plus tard, elle me balance: " Et stp la prochaine fois dis moi juste non quand tu veux pas que je vienne, je peux très bien comprendre"
Alors je lui explique que je voulais qu'elle vienne à l'origine, mais que lorsque je l'ai vue tout radieuse alors que je ne m'étais toujours pas remis de cette journée, ça m'a un peu miné.
Elle me répond: "C'est juste que j'étais stressée hier, mais ça allait mieux aujourd'hui du coup je vois pas pourquoi j'aurais pas été dans mon état du moment"
Que répondre à ça... je lui dis juste que stressée ou pas, elle m'a "grave pris la tête quand même".
Mais voilà qu'elle me répond que si elle elle était stressée, moi je n'ai pas été indulgent et que je l'ai provoquée mais qu'elle n'a rien dit parce que j'avais avoué "ne pas être positif".
Je lui dis qu'au contraire je pense que ma connerie a été de jouer au mec parfait et spirituel alors qu'elle me prenait pour un con.
Et bien entendu "pense ce que tu veux et interprète ce que tu veux, j'en ai raz le cul bonne nuit".

"Pris pour un con", la pustule de colère est sortie malgré tous mes efforts. Je ne peux m'en prendre qu'à moi même.

Aujourd'hui, vers 13h, je reçois un coup de fil, elle veut passer chez moi. Elle ne me dit pas pourquoi. Elle est froide. Je me dis que c'est sans doute pour récupérer son linge propre. Elle arrive et me dit qu'elle vient pour comprendre ce qu'il s'est passé. Alors je lui explique, une fois de plus que je n'avais toujours pas digéré l'autre après midi et que je commence à ne physiquement plus en pouvoir, seulement je n'ai pas encore eu le temps de m'expliquer qu'elle me reproche encore de ne pas être plus indulgent avec elle.
Je lui dis que je ressens que mes limites sont dépassées, et elle me reproche de ne pas être plus tolérant. On est dans l'impasse. Je ne peux rien faire et mon ressenti est encore une fois rejeté.
 Je lui réponds que je fais ce que je peux mais que je peux pas jouer sans cesse à l'aidant. Elle me dit qu'elle a le droit d'être stressée. Je lui explique que stress ou pas, je me suis senti méprisé, qu'elle m'a parlé comme si j'étais débile, et qu'elle m'a pris la tête. Reproches balayés, je la ferais toujours se sentir comme ça. J'oublie de dire que c'est surtout la répétition de ce genre de scène et l'impossibilité d'obtenir d'elle des excuse qui fait que le vase déborde et n'est pas loin de se casser.
Du coup elle veut que je lui explique en quoi j'ai été blessé l'autre après midi. Mission difficile vu qu'il s'agissait du ton, du contexte, des sous entendus perpétuels et de l'impossibilité de communiquer. J'essaie de prendre un exemple dont je me souviens bien pour donner une base à la discussion mais ça ne marche pas. Les reproches fusent de son coté. Je m'énerve, je tremble, mon coeur palpite, j'ai peur de dire des choses que je regretterais, je lui montre mes mains qui tremblent et l'invite à prendre son linge pour rentrer chez elle.
Elle déclare que c'est fini, qu'elle en a "raz le cul" et qu'on verra peut-être après l'internat. Vu que c'était moi qui en avais raz le cul à l'origine alors qu'elle allait si bien hier soir, je ne sais pas quoi en penser. J'ai envie de lui dire qu'on ne verra rien après l'internat mais je me modère, je préfère attendre d'avoir les idées plus claires. Là, je vois rouge.
Elle part en disant "moi qui avais réussi à prendre positivement ce qu'il s'était passé"
- C'est bien pour toi mais c'était pas mon cas.

Une heure plus tard, coup de fil. Elle me demande comment ça se fait que les choses tournent comme ça sans qu'elle s'en rende compte. Cette fois-ci elle veut vraiment discuter, elle est à moitié en pleurs. Je n'arrive pas à en vouloir à celle qui est au téléphone. Celle-ci m'écoute. Elle me fait des reproches mais elle ne les fait pas en écrasant les miens. La discussion est possible. Elle dure une heure. Elle ne me blesse pas. Elle ne prend pas mal ce que je dis. Elle est enfin cohérente. On est tous les deux épuisés. On a l'air sur la même longueur d'onde, elle admet ne pas s'être ouverte une seconde à moi et ne pas avoir apprécié que je ne tolère pas tout alors que j'en pouvais plus. Je ne lui en veux plus, le ton est calme, je me sens mieux, puis assez subitement elle n'a plus rien à dire et me dit qu'elle va se coucher. Je la remercie d'avoir appelé.

Puis encore plus tard, je découvre un "coucou ça va" sur msn. Forcément, à la longue je finis par être un peu méfiant avec ce msn là. Surtout quand je suis épuisé à la base. Elle me dit qu'elle est scindée en deux. Je lui demande pourquoi, elle me répond que c'est entre ce qui fait qu'elle revient vers moi et ce qui fait qu'elle part. Entre deux mondes. J'évoque le monde de l'amour et le monde de la haine. Elle me dit qu'il s'agit plutôt de liberté ou de responsabilité. Je lui répond que ça ne me parle pas. Elle s'en étonne. Alors j'explique ce que j'entends par amour et haine, même si ça me paraît aberrant. Elle n'est pas d'accord, elle n'a jamais ressenti de haine envers moi. Même lorsqu'elle se défoule sur moi.
Du coup je suis un peu surpris. Je lui dis que pour moi, on ne peut pas avoir ce genre d'attitude, se défouler sur quelqu'un lorsqu'on ressent de l'amour à ce moment là. Elle persiste quand même à dire qu'elle ne ressent pas de haine, que de l'amour.
Du coup je n'arrive pas à comprendre, je lui dis que je vais manger et réfléchir à la question même si ce que je dis me paraît évident. Elle me lance "oui quand il s'agit de remettre en question les sentiments de l'autre, faut bien réfléchir".
Je ne sais plus quoi faire. Plus envie de discuter. Finalement c'est peut-être moi (la phrase clé de mon blog). Je ne sais plus.
Par WaXou
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Vendredi 17 avril 2009
En fait, depuis que j'ai commencé à travailler en groupe avec M. et Pookie, à chaque fois, le soir, en dépit de petits moments libérateurs, je me sens mal et je dois m'isoler.
Et puis hier soir, lorsque j'ai retrouvé M. je ne sais pas pourquoi, j'ai eu une envie irrépréssible de me plaindre de Pookie. Probablement la mauvaise humeur me disais-je. Seulement c'était curieux parce que j'étais tellement mal que je n'avais pas envie de parler ou de faire quoi que ce soit mais par contre, ce sujet me redonnait vie. Et même - c'est triste à dire - une certaine bonne humeur. Or, il semblait que ça soulageait tout autant M. d'en parler.
Pour ma part, ce n'est pas la première fois que je m'en rends compte, mais jusqu'à présent je ne le fréquentais qu'à raison de 2 à 4h par semaines. Alors ce n'était pas un -gros- problème.

Alors j'ai constaté que Pookie nous mettait plusieurs dizaines de fois dans la journée dans des situations frustrantes ou il provoque un malaise sans nous laisser aucune possibilité d'en sortir.
Déjà, Pookie a eu tendance à se plaindre la première fois des horaires que j'avais arbitrairement données pour le début de la journée de révision, vu que personne se mouillait. C'était trop tard pour lui. Pourtant, j'étais prêt à en discuter. A lui dire qu'il pouvait s'arranger avec M. et venir plus tôt s'il le désirait, mais comme il n'a fait que dire des trucs du genre "qu'est-ce que je vais faire moi avant? Je me lève 2h plus tôt", je n'ai pu que lui dire que rien ne l'empêchait de faire ce qu'il voulait.

Alors du coup, il ne respecte pas l'heure. Il arrive une demi heure ou une heure en retard. Et comme il faut bien qu'il montre que c'est parce qu'il n'est pas content qu'il arrive en retard, non seulement il ne s'excuse pas, mais si on lui demande comment il va, il répond toujours en grognant "Mal puisque je suis en retard!". Et c'est tous les jours pareil. Du coup seule M. lui pose encore cette question et il n'est pas arrivé depuis 5 minutes que déjà il nous énerve.
Je vais être donc forcé de lui demander d'arriver à l'heure, ou de s'excuser plutôt que de nous gueuler dessus, mais je suis à peu près certain que je vais passer pour un fasciste.
Car, ça, encore, ce n'est que la mise en bouche: si Pookie peut se permettre de ne pas s'excuser et de faire passer les autres pour des tortionnaires, c'est parce qu'il est toujours entrain de dire qu'il est faible, nul, lâche et con, tout en manifestant une attitude contraire: il gueule, il est impulsif, il montre toujours qu'il est musclé, qu'il connaît tous les syndromes ou autre.

 "La vie c'est de la merde", "Ma vie c'est de la merde", "Je veux mourir", "Je vais me tuer", "je suis un con", "je suis stupide"...
Voilà le genre de phrase qu'on entend une demi douzaine de fois dans les heures de pauses.
A chaque fois, on ne sait pas quoi lui dire. On se demande pourquoi il dit ça. Mais c'est devenu assez habituel.
Si on lui demande de développer, il ne le fera pas, soit disant pour ne pas nous embêter. Si on lui dit qu'il nous embête déjà à dire tout le temps des trucs pareils, il le prendra mal. "J'ai envie de pleurer quand tu me dis ça" ou "Pourquoi t'es méchant avec moi?"

Du coup, les conversations ça donne
Pookie (en se mouchant): Je vais mourir d'ici l'internat (3eme fois qu'il dit qu'il va mourir dans la journée)
M: On ne meurt pas d'une rhinite
Waxou: Ou peut-être avec un pneumothorax en éternuant?
P: Ou alors quand je tape sur mon sternum comme un con
W: Mais là c'est pas la rhinite, c'est ta connerie!
P: (l'air triste)T'es vraiment méchant de dire que je suis con
W: Mais c'est toi qui vient de le dire!
P: Oui mais c'était de l'auto dérision
M: Mais si c'est vraiment de l'auto dérision, alors pourquoi tu le prend mal quand on le dit?
Quand on met Pookie face à ce genre de contradiction, il a plusieurs techniques. En groupe, il aura tendance à faire la gueule pour pas se ridiculiser. Mais à deux ou en petit groupe, c'est le gros rire agressif et forcé qui semble vouloir dire "je m'en fous je suis fou et con". Idem lorsqu'on arrive a décrire son attitude:

W: on a même plus envie de te demander comment tu vas tellement on est habitué à ce que tu répondes par la négative en grognant, comme si c'était notre faute et en plus sans vouloir développer.
P: WAHAHAHAHA! C'est moi ça!
W: ...

Du coup il donne l'impression qu'il est là, disponible à la relation mais en fait pas du tout. Si le choses prennent une tournure ou il est obligé d'être vrai, ou tout dû moins d'arrêter d'être faux, il s'échappe en disant qu'il est fou/con/nul/stupide, au choix.

Et pour une fois, je ne suis pas le seul à me heurter à son comportement:
P: Pourquoi les gens ils sont pas clairs? Je téléphone pour louer un garage, cette conne elle me laisse parler avant de me dire "c'est pas mon garage gna gna gna", du coup elle me laisse passer pour un con.
M: Pourquoi t'es passsé pour un con?
P: Parce que je l'ai décidé
M: Mais t'as dit quoi?
P: Bonjour.
M: C'est vachement passer pour un con
P: Tu me donne envie de pleurer quand tu me parle comme ça
M: Si dès qu'on te dit un truc t'as envie de pleurer j'y peux rien
P: Là j'ai envie de pleurer deux fois.
M: ...

Tous les dialogues avec lui se terminent de la même façon. Une débauche de contradictions et un silence du fait qu'il n'y a rien de solide dans ce qu'il dit, bien que ça nous agresse franchement.

L'autre fois, on parlait d'un sujet important. Un ami à lui, et anciennement à nous, a eu des comportements intolérables (grande hypocrisie, lâcheté, coups dans le dos) dans une relation d'amitié et même de simples collègues, et cela avec chacun de nous trois. Or comme le type est tout gentil, tout mignon et très séducteur en apparence, on se rendait enfin compte tous les trois que ce n'était qu'un masque.
Lorsqu'on a commencé à réaliser qu'il nous prenait vraiment pour des cons, Pookie est intervenu, alors qu'il avait pourtant lancé lui même le sujet:

P: allez faut pas se monter le bourrichon les enfants
W: mais il l'a bien fait tout ça, dis moi en quoi on se monte le bourrichon
P: j'ai pas dit ça
W: si tu as dit "faut pas se monter le bourrichon"
P: c'était pour moi que je disais ça
W: Tu as dit aussi "les enfants"
P: je disais ça comme ça
W: ah d'accord, en fait ça voulait rien dire?
P: oui

Néanmoins, impossible de prolonger le sujet.

Du coup, hier soir, avec M, on s'est rendu compte, que rien qu'en une journée, on pouvait relater plus d'une douzaine de comportements de ce style, qui nous ont énervé et ont fini par créer une ambiance franchement tendue, et on ne s'en était pas rendu compte sur le coup.
Comme souvent, tout est basé sur une attitude contradictoire: je suis fou/con/nul/triste/faible, en gros, je ne suis rien, mais je me permet de dire ce qui est bien ou mal, de me plaindre quand on me fait remarquer une contradiction et de faire passer les autres pour méchants, d'insulter les gens. Et le parallèle avec les vignettes de Mafalda, que joaquim avait mises sur cafe-eveil pour expliquer la manipulation, est assez eloquent.
- Je suis insignifiant, mais je réclame quand même votre attention pour le dire, et même pour tout
- Alors on lui dit qu'il n'est pas insignifiant, mais il persiste.
- Excédés par cette contradiction, on finit par lui demander pourquoi il ne se tait pas, s'il est si insignifiant
- Et là il vient nous dire qu'on est méchant, ou que c'était de l'auto dérision.
Pas moyen de s'en sortir par la logique.

Alors je remarque que moi aussi, j'ai tendance à avoir cette attitude. D'abord me plaindre, dire que je vais mal, et lorqu'on me propose une solution, dire que de toutes façons, vu que je manque de volonté, de discipline ou d'intégrité, ça ne me concerne pas. J'essaie de ne pas le faire, mais par réflexe, c'est vrai que c'est tentant. Du coup, ça m'aura au moins montré à quel point c'est frustrant pour l'entourage d'une personne d'avoir affaire à un type qui s'arrange en disant que de toutes façons il ne vaut rien et est incapable de faire quoi que ce soit de bien, de courageux, ou même de constructif. C'est une façon d'utiliser la souffrance ou son malheur pour s'arranger. Probablement une ancienne technique de défense.
Vu que ma souffrance était tout le temps niée. Ce n'est que lorsque j'ai osé la prendre en considération que j'ai pu me libérer de la culpabilité d'être un fils aussi décevant et commencer à construire quelque chose, tandis que l'enfermement a repris lorsque j'ai commencé à avoir envie de ressasser les mauvais souvenirs pour me débarrasser de la culpabilité d'avoir certaines difficultés relationnelles.

Probablement qu'il s'agit de la même impasse pour Pookie. Ce type est au demeurant insuportable et exaspérant. On ne peut construire aucune relation avec lui. Du coup, il doit le voir. Tout comme moi il y a quelque temps, il doit voir de véritables relations et se sentir exclu, indigne d'elles. Il en souffre. Et le seul moyen de ne pas avoir l'impression d'avoir de responsabilité dans son malheur, c'est de dire que de toutes façons, c'est un gros nul, un con, ou autre et qu'il est bien comme ça. Il ne se rend pas compte qu'en disant ça, justement il crée le handicap en se plaçant comme en dehors de la relation. Mais ce qui pose problème, c'est qu'il se permet quand même d'entrer en relation avec les autres, pour avoir ce qu'il veut: de l'attention. Et se retire au moment ou il doit assumer sa position. Il a eu ce qu'il voulait. Un semblant de relation. Il n'y a que les autres qui peuvent se sentir frustrés, parce que eux ne voulaient pas faire semblant.

Je remarque aussi une autre chose. Pookie a une attitude hyper-frontale au niveau du rapport avec l'autre. Or, je disais à un moment que je n'aimais pas les rapports directements frontaux. C'est faux. Il y a une différence entre rapport frontal, et attitude hyperfrontale. Il y a des rapports frontaux qui se font avec des appuis et qui sont consentis. Ceux-là sont enrichissants. Ce qui m'a dégouté des rapports frontaux, c'est plutôt ce genre de rapport sans appui. Ou les attitudes frontales que j'ai pu avoir alors que l'autre me tournait le dos. Les rapports "frontaux" en eux même, finalement, peuvent être très beaux, ce sont même les véritables rapports, tandis que les rapports que je qualifiais de "tangentiels" ne sont que des préliminaires de rapports.

En ce qui concerne Pookie, du coup, je ne sais pas quoi faire. Je croyais que l'idée du travail en groupe était bonne, mais si j'en ressors à chaque fois vidé, nauséeux, de mauvaise humeur et tendu, ça ne va pas être possible. J'étais content de l'inviter à l'origine mais là, il est franchement devenu un poids.

Par WaXou
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Samedi 13 décembre 2008
Tout à l'heure, j'allais pour rentrer chez moi, par l'entrée de mon immeuble.
Je regardais la pleine lune qui était juste posée entre les bâtiments de la fac et j'ai fait la rencontre de mes voisins du dessus.
Jusqu'à présent, je me demandais bien de quoi ils pouvaient avoir l'air.
C'est pas facile d'imaginer un couple en fonction des bruits qu'ils font sur leur sol.
J'ai longtemps hésité.
Joueurs de bowling?
Pornstars?
Etres aux pieds de plomb?
Subtiles entités venus d'un monde de légèreté et peu familiers avec la loi de la gravité?

Au bout d'un certain temps, je leur fis part de la seule certitude que j'avais, car confirmée quotidiennement: soit le plafond était trop fin ou soit c'étaient eux qui manquaient de finesse.
Finalement, le mot s’est révélé inutile. Seul le coup de chaussure sur le mur a, plus tard, prouvé son efficacité à court terme, lors des périodes de révision ou le silence de mon appartement m’a permis de réaliser que ces bruits étaient en fait des chocs et des cris de lutte.

Ce soir, donc, sur le parking de l’immeuble, je les ai reconnus au bruits et aux cris.
Un type énorme qui disait à sa femme « écoute moi, écoute moi » très gentiment.
La femme qui disait « non », et qui n’avait pas envie d’en discuter.
Mais surtout, lui, qui s’est mis à la taper en hurlant « je m’en bats les couilles ».
C’est là que je l’ai reconnu.
Dans la façon de frapper, avec une impulsivité, une violence rares, et les paroles, qui commentent « je m’en bats les couilles », histoire d’expliquer que s’il est dans cet état là, c’est parce qu’en fait il est tranquille, détaché. C’est ça que j’entendais. Parfois toute la journée.
Ils n’étaient pas seuls, les amis du mec étaient autour, un peu perplexes.
Frustrantes, ces situations.

Par WaXou
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Mercredi 3 décembre 2008


"Tu dis toi même que la charge émotionnelle est forte, donc tu ne peux pas être objectif"

-"Donc tu peux y aller?"
Parce que là, si tu continues sur cette voie du "subjectif ne compte pas" dans le seul but de te donner raison, je vais craquer sévère.
Quand bien même tu pourrais avoir "raison", ta façon de faire, dans ce contexte, pour moi, te donne tort à la base.

D'autant plus que tu ne sais que trop bien les dégats que ça fait.
Lorsqu'on utilise la raison glaciale pour s'attaquer aux émotions.
Comme si la vie était quantité négligeable.
Rien que pour se sentir en sécurité.

Quoique non, t'as pas dû comprendre.
Tu as écrasé la partie de moi qui aurait pu être compréhensive.
On n'a pas envie de s'expliquer face à un bulldozer.


Edit: sans doute que la colère vient aussi du souvenir et du regret d'avoir été moi même un sacré bulldozer.

Edit 2: cet "article" me pose problème et je viens de comprendre pourquoi: j'ai beau être sincère et ça a beau être dans le sujet global de mon blog, je l'ai surtout publié sous le coup de la colère, pour faire éloquent et rajouter un peu de puissance grâce au coté public et aux jolis mots.
Or ça, par contre, ça va plutôt à l'inverse de cet esprit.

Par WaXou
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Mardi 16 septembre 2008

 Il n'y a rien à faire, mon père se met dans tous ses états le peu de fois où j'arrive à maintenir un avis différent du sien, surtout lorsqu'il implique ma subjectivité.

Le week end dernier,  je n'ai pas aimé que lui et ma mère fassent des blagues à propos d'une amie qui a un ganglion suspect sous le bras et pour qui je m'inquiêtais.

J'ai évoqué mon malaise calmement, ils s'en sont moqués et ont continué, j'ai insisté, ils ont persisté, alors j'ai haussé le ton, mon père est passé du rire à la furie en un quart de seconde, j'ai failli m'en prendre une, puis il a préféré m'expliquer à répétition que j'étais une espèce de fou qui s'énerve pour rien et qui les cherche gratuitement.

"Pourquoi t'es comme ça? Hein? Tu vois pas que tu nous cherche là? Pourquoi t'es comme ça?"

J'ai essayé de leur expliquer pourquoi ils m'avaient blessé puisqu'ils ne semblaient pas avoir compris mais rien à faire. Tout était dans mon imagination et il ne fallait pas que je tienne compte de ce que j'ai ressenti.

J'ai eu l'impression de me retrouver dans la situation du mal de tête.

Ils ont ensuite fait comme si rien ne s'était passé, en s'installant devant la télé. Paisibles.

Toujours et encore le même schéma de conflit. Alors que je pensais que ça n'arriverait plus.

"Tu nous fait chier, quand t'es là, on est obligé de faire gaffe à ce qu'on dit".

Trop dur! Même Milady fait plus gaffe qu'eux.

Ce qui est troublant, je trouve, en plus de ça, c'est que j'étais particulièrement fatigué psychiquement ce midi là. Habituellement j'aurais encaissé, je les aurais laissé tranquillement piétiner ma sensibilité sans rien dire. J'aurais peut-être même eu l'impression de bien m'entendre avec eux, même s'ils venaient de pisser sur les plantes de mon jardin intérieur.

Car ce n'était pas directement à elle qu'ils ont manqué de respect  -ils ne la connaissent pas- mais à ce lien qui me rattache à une autre qu'eux.

Quand j'écris ça, j'entends presque, par habitude, mon père pousser son onomatopée favorite, cet espèce de "Ooooh" puissant et monotone, son grognement, qui évoque à la fois la colère et le non respect qu'il balance à tout bout de champ. Cela rend l'abandon du dialogue extrêmement difficile tant on se sent encore bien plus indigné que lorsqu'on l'a commencé. L'image de la corrida correspond décidément bien.

Je me demande si au fond, tout cela serait arrivé si j'avais su hausser le ton dès le début...

Ou ne rien partager d'intime, ne leur offrir aucune présence.

[edit: en me relisant, je me rends compte que mon père ne comprend pas qu'on puisse être lié à des personnes, avoir un sens de l'honneur, ou des convictions autrement que par intérêt personnel. C'est triste. On ne vit pas dans le même monde.]

Par WaXou
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Dimanche 24 février 2008

  Je suis rentré chez mes parents ce week-end. Et je suis vite reparti.

J'ai passé ma matinée avec Milady. Ça c'était agréable. Puis je suis resté pour le déjeuner.
 A chaque fois c'est la même chose: je me dis "Mince, ils sont peut-être pas si terribles que ça", même si une lourde atmosphère de "attention à ce que tu dis" plane. Donc je réponds de bon coeur à leurs questions. Parfois même j'enchaîne sur un sujet qui me tient à coeur, mais vu que je me fais largement couper la parole 4 ou 5 fois au profit de la télévision (là c'est le "chut" sans appel), de la météo, du chat qui devient subitement marrant, d'un bras qui gratte ou de n'importe quel événement qui puisse être commenté dès mes 3 premières phrases, j'ai tendance à vite me calmer.

  Après la quatrième reprise du début, malgré cette sensation de vide intérieur, de "à quoi bon", assis, recroquevillé sur ma chaise, je décide de ne plus me répéter tant qu'on ne m'aura pas demandé explicitement de poursuivre. Cette attitude me permet de préserver un minimum de dignité. Je ne supporte pas de parler dans ces conditions et je trouve ça normal, alors soit ils veulent que je parle, soit ce n'est pas le cas et mon silence ne les dérangera pas.
 Cependant, cette décision de silence potentiel semble toujours beaucoup irriter mon père. Le pauvre faisait, lui, beaucoup d'efforts pour à la fois m'écouter, répondre aux remarques de ma mère et surtout ne pas prendre parti alors qu'il a un mal fou à faire plus d'une chose à la fois. Résultat: il fait tout n'importe comment et n'assume pas. Avec ce silence, je gâche probablement tous ses efforts.

 De l'autre coté, ma mère, sans doute déçue de ne plus avoir de paroles à couper, marque un moment d'hésitation avant de réagir. Puis décidant de s'appuyer sur les souffleries de mon père, elle vient s'occuper du pauvre waxou pas bien dans sa peau. Elle s'approche avec son maquillage parfait, son faux bronzage, ses vêtements tellement bien assortis et sa nouvelle panoplie de pendentifs zen et tribaux.
Elle vient se percher face à moi, debout, les mains pleines de bagues or et diamant appuyées sur la table, un regard si pesant mais qui se voudrait pourtant aimant, pour me dire, style de rien, de continuer de parler parce qu'en fait, elle m'écoutait.
Mais voilà, moi, j'en suis incapable. J'ai l'impression que si on me coupe encore une fois la parole, ne serait-ce que pour dire: "les frites ne sont pas salées, le sel est là bas, P. ? Tu vas chercher le sel? Tu veux pas du ketchup?"  mon esprit va s'effondrer de l'intérieur et je vais péter un plomb.
 Je suis bloqué, si je commence à lui dire qu'elle ne m'écoute pas malgré ce qu'elle dit, elle va me répéter mes deux dernières phrases déformées à sa sauce, manquant à coup sûr l'esprit de ce que je disais. Et si je le lui dis... elle ne sera pas d'accord mais voudra bien me laisser poursuivre pour la forme. J'ai vécu cette scène des centaines de fois. Je la connais par coeur.

 Une heure avant, seul dans la maison, j'étais entrain de regarder mes mails sur son ordinateur et je tombais malgré moi sur sa dernière commande de livres, écrite sur un bout de post-it déchiré juste à coté de la souris. D'habitude je les vois défiler un par un sur la table du salon. Cette fois j'ai le droit à deux ou trois mois d'un coup: "la pleine conscience", "libérez vous des manipulateurs...", "sachez exprimer votre colère...", "l'effort pour rendre l'autre fou", "l'enfant tyran". On se croirait dans American Beauty.

  Ainsi postée à quelques dizaines de centimètres de moi, elle insiste encore pour que je continue. Alors avec un mal fou, je me force à relever la tête et la regarder droit dans les yeux (je ne sais pas pourquoi je fais ça, mais je sens qu'il faut que je le fasse pour moi) pour lui dire: "Non, je n'en ai vraiment plus envie." alors que mon père, commence à sérieusement s'agiter en grognant.
- Ah on est punis alors c'est ça? Me sort-elle, en ricanant.
- Non c'est juste que je n'ai plus envie de raconter quoi que ce soit. Je me suis trop répété.
- D'accord c'est pas grave alors... tu veux des frites?
Je croyais m'être protégé avec mon attitude, mais ce "c'est pas grave alors" me donne envie de crier. Or je me retrouve face à... des frites (pas salées).
J'ai envie de refuser, de partir, mais lorsque je fais ça, ça ne change rien au problème, alors je décide simplement de ne plus parler.

J'étais entrain de me demander pour la nième fois ce que je foutais ici. Comment je pouvais passer en un clin d'oeil d'une position presque épanouie à cette profonde perplexité. J'ai l'impression de venir les voir par moi même, mais le peu de fois ou ils m'ont donné mon argent de semaine par virement sur mon compte, je suis resté sur Marseille. Maintenant que je suis là, il doit bien y avoir un moyen pour que ce schéma ne se répète pas encore et encore car je sais ou il va me mener. Je vais les envoyer chier, et lorsque je vais rentrer je n'aurais pas envie ni de travailler, ni de ranger cet appartement qui au fond est le leur, je n'apprécierais pas mon trajet en voiture, car elle aussi n'est pas vraiment la mienne. J'aimerais parfois me débarrasser de tout ça, travailler dans les champs (surtout maintenant qu'il fait beau), ou avoir un petit boulot, mais j'ai déjà fait tellement d'efforts pour me construire cette ébauche de vie en médecine... jespere que je tiendrais jusqu'à l'indépendance, et qu'à ce moment là je ne considérerais pas que mon internat est aussi issu de leur argent.

Elle m'a ensuite demandé mon avis concernant une mère qui maltraitait sa fille. Elle affirmait qu'elle lui donnait trop de claques pour qu'elle travaille alors que sa fille était limitée. J'ai tenté d'évoquer la possibilité qu'elle était peut-être "limitée" à cause de cette méthode. Je ne me rendais pas compte qu'en même temps je prenais ma propre défense. Peine perdue: "non! laisse moi raconter".
Alors j'ai tenté de garder le silence, ce qui a marché pendant quelques minutes malgré les à priori que je l'entendais débiter, mais elle a fini par me demander:  "Comment est-ce que je peux faire comprendre à cette mère qu'elle devrait moins s'acharner parce que c'est ça que je veux vraiment savoir!". Or pour moi, si une mère à un tel comportement avec sa fille, ce n'est pas en lui disant que c'est abusif qu'elle va se calmer.
Au mieux passera t-elle à la violence verbale, et perso, je préfère encore la violence physique parce qu'elle est palpable, difficile à nier.
Je lui ai donc dit qu'à mon avis, si la mère avait un tel comportement, c'est que ça ne datait pas d'hier et qu'une remarque ne suffirait pas à faire changer un tel système. Elle m'a répondu "Ne cherches pas à me décourager... comme toujours, de suite!"
- Tu veux que je te donne mon avis, tu l'as, tu voulais que je réponde sincèrement ou pas?
- Euuh, je veux que tu sois sincère mais que tu ne me donnes pas une réponse qui me bloque. (Avance Hercules!)
- Alors tu ne veux pas vraiment de ma sincérité...
- Pfff?! Alors...Tu veux du café?
- Non merci.
- Tu es sûr?
- Oui.
Là encore, j'imagine que dans sa tête je veux du café mais que je dis non pour l'embêter. La différence c'est que je ne veux pas de café parce que je suis incapable d'apprécier quoi que ce soit aprés ce genre de dialogue; j'ai surtout envie de me réveiller de disparaître de ce cauchemar ou de renverser la table, au choix. Mais ça, je n'ai pas encore osé le faire.

Donc je me suis cassé avant de perdre mon sang-froid.

Sinon, j'ai eu mes résultats d'examens du premier quadrimestre, je m'en suis bien sorti.
Comme prévu.


Photo: Milady, chatte sénégalaise allant sur sa 17ème année.
Par WaXou
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Vendredi 18 janvier 2008

Je mange avec mes parents.  A la télé, une critique sur le fait qu'Ardisson ait posé la question "quelle est la mort qui vous a le moins touché cette année dans le paf".

Ma mère: "Ardisson, il veut faire parler de lui en étant trash! Il est vraiment con ce type!"
Moi: Je n'en suis pas certain... je pense qu'il veut faire passer un message en faisant ça: il veut montrer l'hypocrisie qu'il y a derrière le fait de faire de l'audience sur la mort de quelqu'un tout en se faisant passer pour des grands sensibles, alors qu'il y a des tas de gens qui meurent à coté dont on entend pas parler et qui sont sûrement des types trés bien aussi. Il veut choquer, mais c'est pour faire passer un message qui lui tient à coeur. Dans l'histoire, je trouve que c'est lui le plus sensible.
Ma mère: Chuuuuut! J'écoute... regarde il a traité miss France de pute! Quel con!
Moi: C'est encore pareil, il s'adressait à Geneviève, il voulait justement aller jusqu'au bout des choses en faisant admettre à Geneviève qu'elle pensait qu'elle était une pute pour avoir posé dans un magazine, et qu'au final c'était bien plus indécent que de poser dans un magazine.
Ma mère: Chuuut! Laisse moi écouter!!!
Moi: Tu crois pas que c'est plus intéressant de discuter entre nous?
Mon père: "Oh là! Ca y est, ça va partir en conflit pour rien! Arrête toi T"
Moi: si la discussion ne t'intéresse pas, n'y participe pas mais maman a dit une chose, et je crois qu'elle se trompe, c'est pour ça que je veux en discuter!
Mon père: Mais pourquoi tu es comme ça? Tu nous cherches là tu vois pas? Tu es entrain de t'énerver!!!!!
Moi: Forcément que je m'énerve, j'essaie d'avoir une discussion constructive et au lieu de me répondre, elle fait comme si je n'avais rien dit simplement parce que ce que je dis ne va pas dans son sens, c'est lâche donc ça m'énerve, d'autant plus que lorsque c'est toi qui lui fais le coup, là c'est la première à râler
Mon père: Mais c'est normal d'être d'accord que lorsque ça nous arrange!
Moi: Quoi?  Vraiment j'en reviens pas à chaque fois que tu dis ça! C'est censé être constructif une discussion! Si on m'oppose un argument que je trouve valable, je vais changer mon point de vue, c'est à ça que ça sert. T'es pas d'accord maman?
Ma mère: ...
Moi: En gros, tu dis qu'il faut être un con avec tous ceux qui ne sont pas d'accord avec toi? (cf. South Park)
Mon père: bien sûr! (!!!), sinon tu te fais marcher dessus. Regarde, avec mon directeur c'est ce que je fais, même s'il a raison, je m'en fous car c'est un con.
Moi: mais je ne suis pas ton directeur, je suis ton fils merde!
Mon père: Regarde, à cause de toi on est entrain de s'engueuler là, t'es content?
Moi: si tu écoutais mes arguments et que tu y répondais avec les tiens on n'en serait pas là, on aurait une discussion intéressante, c'est ça que je veux moi sinon ça sert à rien de parler.
Mon père: oui, cette discussion ne sert à rien, moi j'en ai rien à faire d'Ardisson alors arrête toi!
Moi: Mais c'est toi qui t'interpose au milieu de la conversation, et on n'est même plus entrain de parler d'Ardisson là, mais de l'utilité d'une discussion, j'en reviens pas comme ça rend fou de discuter avec vous, on y arrive pas, il n'y a rien à faire! Je comprend pourquoi je suis autant tourmenté vraiment.
Mon père: Rhaaaaa! t'avais dit que tu ne dirais plus ça hein!
Moi: Mais c'est la  vérité, vous me rendez dingue!
Mon père: T'AVAIS DIT QUE TU NE PARLERAIS PLUS DE CA!!!!
Moi: Oui t'as raison, là ou j'en reviens pas, c'est qu'à chaque fois j'oublie. Comment je peux être autant stupide. Même là, je crois que ce que je dis sert à quelque chose, mais autant parler au chat. [d'ailleurs ma mère l'a compris, c'est avec le chat qu'elle a les discussions les plus longues]
Bon je m'en vais. Bonne semaine.

L'ironie dans cette histoire c'est que je me retrouve dans la même position qu'Ardisson: je veux faire passer un message qui me tient à coeur mais pour cela, je suis obligé de m'opposer aux règles de la bienséance familiale, c'est à dire qu'il faut soit être d'accord avec ce que l'autre dit, soit ne rien dire, ou alors c'est qu'on est un con, or on n'écoute pas les arguments d'un con. Au moins comme ça, pas besoin de se remettre en question. Si on simplifie l'équation: on n'a pas à écouter des arguments qui ne vont pas dans notre sens. Et forcément, rien ne peut lui prouver qu'il a tort.

C'est aussi complètement tordu de discuter du fait qu'une discussion doit être constructive alors que l'une des deux parties n'est pas d'accord avec ce principe. C'est forcément un échec. Quelque part, mon père a raison. Il faut vraiment que je me mette dans la tête qu'il n'ont aucune envie d'échanger, de comprendre. Vraiment, j'arrive pas à l'intégrer je ne sais pas pourquoi.
 

Par WaXou
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